<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr"></div>
Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/ 2009-10-05T12:41:53Z <div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">Bienvenue !</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/2436639 2009-10-05T12:41:53Z
Partis le 10 août 2008, nous sommes revenus le 12 août 2009 à notre point de départ, Paris.

14 146 kilomètres pédalés à travers 10 pays et 4 continents sur nos vélos couchés, nous avons vécu une belle expérience que vous pourrez découvrir avec ce blog.

Nous laissons à Brassens le mot de la fin, qui nous parait tout à fait adapté...

Heureux qui comme Ulysse
A fait un beau voyage
Heureux qui comme Ulysse
A vu cent paysages
Et puis a retrouvé
Après maintes traversées
Le pays des vertes années




LE PROJET
° Nous(About us)
° Le trajet que nous avons parcouru à vélo en un an (Our route)
° Notre position en direct (Our position in direct)
° Notre matériel
° Organisation :hi:

DIVERS
° Merci à nos hôtes !
° Brèves

EN ROUTE...
Avant le départ
° On avance, on avance !
° On a les vélos !
° Officiellement fiancés
° Nouveau depart

l'Europe
° Un petit message rapide
° En Bourgogne
° ITALIE
° Serveurs en Italie
° ITALIE, la suite, le Sud
° Gravina
° ITALIE, suite et fin !
° La Grece et notre départ d'Europe

l'Australie
° Australie : le Sud Ouest (1ers jours)
° Grand jeu concours, le Quizz Australien
° La côte Est, Melbourne - Sydney
° L'australie, les + les -

la Nouvelle-Zelande
° En pays Kiwi...
° La suite, enfin !

la Patagonie
° Santiago
° De Punta Arenas a Puerto Natales
° Puerto Natales et Torres del Paine
° De Puerto Natales à Puerto Yungay
° De Puerto Youngay à Puerto Chacabuco
° De Puerto Chacabuco à Puerto Montt : a velo sur l'ile de Chiloe

les Etats-Unis
° The Deep South
° En pays amish
° De la Pensylvanie a l'Ontario en passant par les chutes du Niagara
° Comment Helene a bu son plus grand expresso
° Quelques rencontres états-uniennes
° Comment Francis aurait pu se faire descendre en cherchant les toilettes...


le Canada
° Canada, nous voila !
° Quelques videos
° Surf sur canapé et douche chaude
° Québec, hydro-électricité, activité forestière et autochtones :hi:
° Un beau jour de pluie


NOTRE EXPERIENCE
° Munda Biddi Mountain Bike trail
° Melbourne - Sydney à velo
° La Nouvelle-Zelande à velo
° La Patagonie pour les nuls :hi:

PS : :hi: = nouveau !


News in English, updated the 5/24/09 !


<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">Patagonie et Carretera Austral à vélo</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/4345425 2009-09-18T17:34:45Z
Vu de France, organiser un trajet à vélo en Patagonie est embrouillant. Il faut prendre des bateaux, passer des frontières, et les sources d'informations ne sont pas toujours d'accord entre elles. Voici notre vision de la réalité.

Quand y pédaler ?


Sur ce point les sources concordent : la Patagonie est très au Sud. Alors la meilleur saison est claire : janvier-février. Pour notre part, nous sommes arrivés fin février à Punta Arenas et sommes repartis fin avril de Puerto Montt. Il est donc possible d'y aller légèrement hors saison, mais ça veut dire plus de pluie et de froid. Même en plein été, il ne fait jamais très chaud. Nous avons eu des températures jusqu'à 20 degrés les beaux jours et des nuits bien en dessous de 0.

Notre itinéraire

Arrivant tard dans la région, nous avons décidé de partir du Sud et de remonter. Voici un petit descriptif de notre itinéraire :

Départ de Punta Arenas (chili), où il n'est pas difficile de trouver un hôtel pas cher. Direction Puerto Natales, situé 250 kilomètres au Nord sur la route 9. Il n'y en a qu'une, on peut pas se tromper. Un petit ravitaillement sur la route entre les 2, à Villa Tehuelches. Evitez le poisson en boite, vous seriez déçus. Position : ICI
Il faut donc quand même prévoir de la bouffe en conséquence.


Petite option possible : à cet endroit vous pouvez prendre la route de terre qui part sur la gauche et qui rejoint la route 9 à Villa Tehuelches justement. Ça rallonge et c'est une route de terre mais c'est beau et plein de Nandus.

Arrivés à Puerto Natales, amateurs de randonnée, une pause s'impose. Torres del Paine est un site exceptionnel. On ne ment pas, vous pouvez aller voir les photos de notre album "Patagonie". Sauf que c'est assez loin de Puerto Natales et qu'il n'y a rien sur place, a part de grosses côtes pentues comme on les aime.


Nous avons donc laissé nos vélos à l'hôtel Erratic Rock (que nous vous recommandons chaudement) et sommes partis en bus faire nos 5 jours de rando. Erratic Rock vous donne toutes les informations nécessaires si vous voulez marcher là-bas.

Ceci étant fait, il faut maintenant passer en Argentine, car il n'y a plus de route au Chili. Direction El Calafate et son fameux glacier.

Il y a plusieurs route pour passer en Argentine, nous avons choisi d'aller vers Rio Turbio pour rejoindre la mythique Ruta 40. Bonne nouvelle, les Argentins sont moins pointilleux que les Chiliens sur l'importation de produits frais. Chargés de 5 jours de nourriture, ça nous aurait fait de la peine de tout jeter. Après Rio Turbio, il n'y a plus grand chose jusqu'à El Calafate, prévoir donc en conséquence. Petit détail, sur Google, la route semble ne pas aller jusqu'à Rio Turbio et s'arrêter à la frontière. Dans le monde réel ce n'est pas le cas.


Ici encore un autre choix vous guette : à cet endroit la Ruta 40 se transforme en route de terre. Ou bien vous la prenez et c'est plus court, ou bien vous continuez sur la route goudronnée 7 et c'est plus long. Au point que je viens d'indiquer, vous pouvez demander de l'eau. Le prochain point de ravitaillement en eau est au poste de police situé 10km avant que la route de terre ne rejoigne la grande route à nouveau. De Rio Turbio à Calafate, on trouve de l'eau tout les 50 kilomètres environ. Et avec le vent de face, 50km c'est parfois beaucoup !


Arrivée à El Calafate. Cool, on avait envie de prendre une douche et de se faire un asado à volonté. Grande attraction, le glacier Perito Moreno. C'est de mémoire 80 km aller et 80 retour, sur la même route. Nous avons donc choisi d'y aller en voiture. Nous avons loué une petite voiture pour la journée et avons trouvé 2 françaises pour nous accompagner et partager les frais. Opération très rentable puisque l'entrée du parc coute très cher mais est gratuite tôt le matin et tard le soir. Nous sommes donc arrivés avec notre tente le soir vers 20h, avons discrètement dormi dans le parc et sommes arrivés pour le lever de soleil sur le glacier. Et là, franchement la mâchoire en tombe. Petit plus : nous sommes arrivés avant tout le flot de touristes. Coût de la location contre entrée du parc + bus : notre méthode revient bien moins cher. Le faire à vélo est tout à fait envisageable mais nous étions un peu pressés car un bateau nous attendait.

Puis direction El Chalten avec un objectif : repasser la frontière pour arriver à Villa O'Higgins, point de départ de la Carretera Austral. Nous pouvons pas vous dire grand-chose du trajet entre El Calfate et El Chalten. Personnellement, j'ai dormi. Nous avons pris le bus, le dernier bateau de la saison allait bientôt partir.


Arrivés à El Chalten, nous prenons la route de terre de 37 kilomètres qui va jusqu'à l'embarcadère pour la traversée du Lago del Desierto, situé ICI.
Disons le tout net, ce point de passage de la frontière est 100% touristique, puisqu'il ne peut se faire qu'à pied ou à vélo. Il coute donc cher. Mais disons le tout net, il vaut franchement le coup de se faire saigner un peu. Vous prenez le bateau vers l'autre côté du lac, il y en a 2 par jour. Arrivés en face, vous faites tamponner votre passeport pour votre sortie d'Argentine. C'est là que ça se corse : il vous faut maintenant vous farcir 5 kilomètres de sentier type randonnée, assez creusé avec des traversées de petits cours d'eau et passage de troncs. Chargés et dans le sens que nous décrivons, vu que ça monte, préparez vous à être fatigués. Vu qu'un vélo couché est encore plus dur à pousser, nous avons, moyennant finance, fait "livrer" nos bagages à la fin de ce sentier par les gendarmes Argentins et leurs chevaux.

Au bout de ce sentier, il y a un panneau Bienvenue au Chili et une route de terre de mauvaise qualité. C'est Darty mon kiki et 15 kilomètres plus loin, vous arrivez au bord du lac O'Higgins, grand, bleu et froid. Il y a un pont effondré sur la route, un pont de fortune a donc été construit 400m en amont.


Ok, maintenant, nous sommes au Chili et nous attendons le bateau qui va jusqu'à Villa O'Higgins. Quelques petites choses à savoir. Le bateau est parfois pas mal en retard (genre plusieurs jours). Il y a une ferme au niveau de l'embarcadère (ICI) qui vend de la nourriture, dont de la bonne viande. Et la traversée peut être trèèès agitée, croyez nous (voir notre récit dans nos textes).




Arrivés à Villa O'Higgins, c'est la fin des complications : vous êtes sur la bonne et unique route vers le Nord.


Il y a un ferry gratuit à prendre à 100 km de Villa O'Higgins (ICI), puis un nouveau choix : irez vous visiter Tortel ? Ça fait faire un détour, mais la route est facile et ça vaut le coup d'œil, ce village est magnifique.

Puis nous arrivons à Cochrane. Si vous y êtes pendant les rodéos, ça vaut bien sûr le coup d'aller voir ça.



De Cochrane à Coihaique, ce n'est que du bonheur : les paysages sont parmi les plus beaux que nous ayons admirés de notre vie. Ça grimpe dur, bien sûr, mais comme partout dans cette région.

De là nous avons fait le choix de partir vers l'île de Chiloe pour des raisons météorologiques. Il est temps de faire un point climat. En Argentine, c'est plat et sec et il y a beaucoup de vent. Puis au Chili, c'est incroyablement vallonné, assez pluvieux et très vert. Villa O'Higgins jusqu'à Cochrane : assez pluvieux. Cochrane jusqu'à Coihaique : micro climat, il fait beaucoup plus beau. Au Nord de Coihaique, vous re-pénétrez dans une zone très humide.

D'où notre choix de partir vers Chiloe, qui jouit d'un temps très agréable, surtout que arrivions à ce moment là vers la fin avril.

Nous avons donc bifurqué vers Puerto Aisen (ICI) et pris le bateau vers Chiloe. Le tarif pour étranger avec ou sans cabine sont très proches, alors autant prendre une cabine. Durée du trajet, retard compris : 36 heures.



Chiloe, très belle île, à traverser sans modération. Arrivés à Castro, nous avons choisi de prendre la route de la côte plutôt que la Nationale sans charme. Ça vaut le coup. Quemchi est un très beau village (ICI). Les côtes, par contre sont sacrément velues. Tout se mérite !

Nous arrivons ici au bout de notre trajet. A Chacao, un bac rapide et pas cher vous emmène vers l'autre rive. Et c'est 60 kilomètres bien plats qui vous attendent jusqu'à Puerto Montt.


Budget
Le Chili est cher par rapport à l'Amerique du Sud, et la Patagonie chère par rapport au Chili. Mais tout ça reste raisonnable. Nuit en auberge de base, compter 5/6€ par personne. Le kilo de viande est autour de 3/4€ le kilo. Le plus cher reste les vols et les bateaux dont nous avons parlé un peu plus haut.

Difficulté
En Argentine, c'est très plat mais le vent peut vite corser les choses. Il vient en général de l'Ouest - Nord- Ouest et peut vous faire avancer à 8km/h sur du plat en poussant comme une mule. Côté Carretera, la difficulté vient plus de la route qui est du gravier, et des montagnes russes à longueur de journée. Nous faisions côté chilien facilement nos 700 à 1000m de dénivelé par jour.

Dangers ?
RAS. Pas de serpent, pas d'araignée, pas d'ours, pas de voleur, pas de violeur... Prévoir la bouffe comme partout et l'eau côté Argentin. Au Chili, on trouve de l'eau à chaque virage et celle-ci est délicieusement potable.
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">l'ITALIE</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/2630311 2009-08-13T14:20:53Z
L'Italie...depuis qu'on se connaît, Hélène veut y aller et moi je me défile, sans trop savoir pourquoi. Ce coup-ci c'était sur notre route, pas de discution possible. Et bien chapeau, ce pays est tel qu'Hélène en rêvait et comme je ne l'imaginais pas, une merveille !

Quelques surprises en arrivant: Nous pensions le pays bon marché, les camping coutent 2 fois plus cher qu'en France et la nourriture est au même prix (sauf les pâtes Barilla qui sont données... ça tombe bien on en mange tous les soirs). On s'attendait à affronter les pires côtes de notre voyage européen... le point culminant de notre voyage reste pour l'instant la Bourgogne et ses 580m. On avait peur de se faire chourer les vélos, on touche du bois ils sont toujours là !



En traversant la frontière, nous n'avons pas eu le moindre mal du pays, on est aussi bien que chez nous avec des a et des o a la fin des mots... Paysages sublimes, spécialités goûteuses, vins gouleyants, patrimoine de fou et gens sympathiques. On a du mal à avancer avec la même conviction qu'avant, il nous faut tout voir et tout goûter... Aie aie aie il budgeto !



En cette fin de septembre le temps est magnifique et se prête bien au vélo comme aux visites, la lumière dorée transforme les villages que nous traversons en cartes postales et nous n'avons plus a faire de longues pauses à midi à cause de la chaleur. En contre-partie la nuit tombe maintenant assez vite et les soirées sont fraiches... une sorte de rappel amical de Dame Nature qu'il ne faut pas oublier d'avancer vers le Sud.



Les plages sont belles et l'eau toujours agréable mais elles sont envahies de sénégalais clandestins vendeur de contre-façons. C'est assez étrange, ils arrivent par groupe de 4/5 avec chacun une spécialité, faux sacs a main, faux habits, fausses montres, fausses lunettes, fausses sceptiques (bip bip!) et essayent absolument de te les fourguer (genre on a une tête à faire du vélo avec un sac à main en cuir Gucci...). On a discuté 5 minutes avec un groupe qui était en pause, ils étaient tous passés par Paris vendeurs sous la tour Eiffel, mais étaient partis pour cause de contrôles trop fréquents. C'est sur ici ça craint moins, on a même vu à Pise une manif de Sénégalais sans papiers avec tracts et mégaphones qui revendiquaient le droit de vendre des contre-façons sans se faire jeter de l'eau dessus par les commerçants italiens... Le tout encadré par les Carabinieri, faut oser quand même !

Nous croisons sur la route quelques personnalités sympathiques comme Jacky qui fait Marseille-Rome à pied en solo, quelques cyclotouristes en vadrouille venant de tout bord ou ce couple de retraités australiens qui nous a invités à leur rendre visite à Sydney en février prochain... C'est agréable de discuter 5 minutes avec des gens qui font des trucs marrants, ça donne des idées ;-)
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">Un petit message rapide</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/2475828 2009-08-13T12:19:26Z
Nous ne pouvons pas écrire un roman, j'utilise mon iPod et je suis collé à la fenêtre du gardien du camping pour capter le wifi!

Alors en quelques mots, tout va bien, nous sommes bien partis et pour l'instant le matériel, les genoux et le moral sont au beau fixe. Il n'y a que le temps finalement qui ne l'est pas!
Nous n'avons pas trop mal avancé, demain nous devrions être à Beaune, où nous tenterons une halte cyber café (s'ils ont internet à Beaune) pour envoyer quelques photos.

Bisous a tous

F&H
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">On avance on avance !</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/2308215 2009-08-13T12:14:05Z
Noundoudiou
On a notre blog.

Ça veut dire que le jour J arrive !

Départ prévu disons le 8 aout 2008, d'un endroit classe non encore déterminé (Notre dame ? Arc de triomphe ?) Ou bien de chez nous, ça sera plus facile la rue est en pente.

On y est pas encore, il reste pas mal de trucs a régler, mais bon une fois que le blog est lancé le reste devrait suivre sans problèmes...

A bientôt !
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">Brèves</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/2478143 2009-08-13T12:12:47Z
Les petites réflexions marrantes des gens croisés sur la route...

(à Montereaux)
- Vous venez d'où comme ca ?
- Paris
- Ah bah oui ch'connais Paris, moi.
- ...

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- Vous allez où comme ca ?
- Istanbul
- Oulala, vous allez mettre au moins 2 semaines !
- Et bien plutôt 2/3 mois en fait
- Ah bon, c'est bizarre, j'y étais la semaine dernière, j'ai mis que 3h15 en avion.

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- Bonjour, serait-il possible de remplir nos gourdes ?
- Okay
...
...
(Sa femme arrive avec une bouteille de Jet 27)
- Vous voulez un ptit coup pour la route, un ptit shot à la bouteille ?
- c'est gentil Madame, mais ça risque de nous couper les jambes...
- Roooooger, ramène les binouzes, on a des invités !
(Roger arrive avec 8 bouteilles de Kro)
- OUahhh, des vélos bizarres, allez tiens le grand, tu me bois ça, ca va aider à pédaler !
- Nooon, c'est gentil mais on a encore de la route à faire...
- Oh ch'taime bien toi, t'es grand mais tu dis plein de conneries (j'ai beaucoup aimé cette remarque :) ) Allez viens on t'offre une merguez !
- Ohh on voudrait pas abuser de votre gentillesse...
(Il glisse 2 kros dans nos sacoches)
- Allez vous aurez au moins ça pour ce soir, parce que la tente c'est quand même trop chiant !

Quelle famille culte...tous bourrés et tous sympas !

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(En aparté)
-Eh, arrivés à Istanbul, tu vends ta femme, ça vaut cher là-bas...
- :doh:

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Spéciale brève de Julien G

- Ce qui est cool avec le spot c'est qu'en plus on a un bouton d'aide
- Un bouton DEAD ??
- Bah oui un bouton d'aide quoi...
- Mais du coup quand vous l'utilisez c'est un peu trop tard...et ça fait quoi, ca affiche une tête de mort sur la carte ?
- ??? un bouton pour appeler à l'aide Julien ...

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- sympas vos vélos, mais vous êtes handicapés alors ?
- bah non, on va bien (on est debout devant lui)
- ah bon. Mais vous êtes surs que vous êtes pas handicapés ? Vous pouvez le dire hein, moi j'ai une prothèse de hanche.
- non non on est en forme
- hmmm, vous êtes surs que vous êtes pas handicapés alors?
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">Un beau jour de pluie</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/4197266 2009-07-30T18:51:09Z
En nous réveillant hier matin, nous entendions le doux bruit de la pluie sur la toile de tente.
Dans ces cas-là, nous sommes souvent heureux, car c'est un bon prétexte pour rester au « lit » plus longtemps. A l'intérieur, il fait chaud et nous sommes douillettement installés parmi sacs de couchages, matelas et oreillers.

Nous avons donc décidé d'attendre que la pluie se calme. Nous avons lézardé, puis avons pris le petit-déjeuner à l'intérieur : thé, œufs brouillés, céréales avec lait en poudre, abricots et pain au sirop d'érable.
Ce n'est pas toujours aussi luxueux, je vous rassure.

Une fois ce délicieux repas avalé, il a fallu se rendre à l'évidence : le brouillard était épais et la pluie n'allait pas s'arrêter de sitôt. Il a donc fallu tout plier sous la pluie, ce qui est chose désagréable.

Vers 10h30, nous étions enfin prêts a partir. Francis est allé demander au jeune qui nous accueillait dans son jardin s'il avait des sacs poubelles pour protéger la guitare. Il a ouvert en caleçon, et s'est exclamé : "Tiens, il pleut !".

Nos Gore-Tex déjà pas mal mouillés, nous sommes partis. Nous avions prévu d'aller jusqu'à Sainte Anne des Monts, à environ 75 km. Mais au bout de 5 km, l'eau commençait déjà à percer et à mouiller ma chemise. Avec le temps, tous nos vêtements sont devenus humides. Et les coups de vent nous faisaient frissonner.

Nous avons pédalé 40km jusqu'au prochain village avec le vent de face. Nous sommes arrivés vers 14h pour déjeuner et avons commandé une grosse poutine et un thé chacun.
C'était tellement bon ! Quand on est mouillés comme des poules, on apprécie tout ce qui est chaud et qui se mange.

Évidemment, il a fallu remettre nos vêtements mouillés et repartir dans la pluie.
La poutine avait produit tellement d'énergie que nous n'avions plus froid, malgré le vent toujours bien présent et la pluie (un peu plus fine quand même). Mes pieds faisaient "floc" dans mes chaussures pleines d'eau à chaque coup de pédale, mais ça m'était égal.

Nous avons résolu de dormir au chaud le soir, après 65 km seulement, histoire de permettre à nos affaires de sécher. C'est la seule nuit où nous avons payé pour dormir pendant tout notre trajet canadien !

Rien de mieux qu'une journée de pluie pour apprécier une soupe, un thé, une douche et tout simplement un toit. Tout ça pour dire qu'un jour de pluie ou on est au chaud et au sec est un beau jour de pluie.

Et si ça ne suffit pas à vous redonner le moral, essayez les lunettes à verres oranges : vous verrez la vie en rose...

<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">Québec, hydro-électricité, activité forestière et autochtones</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/4197264 2009-07-30T18:50:01Z
Lors de notre voyage à vélo au Québec, nous avons rencontré Damas, qui nous a gentiment invités à planter la tente dans son jardin. Il dirige une entreprise forestière. Celle-ci coupe et plante des arbres dans le Nord du Québec. Nous avons longuement parlé avec lui des divers problèmes lies à cette activité. En voici un petit résumé.

La société Hydro-Québec a le monopole de l'électricité au Québec, et c'est une société d'état très influente qui génère des bénéfices énormes. Comme son nom l’indique, l’essentiel de son activité tourne autour de l’hydroélectricité.

En plus de très nombreux barrages existants, de nouveaux barrages sont prévus (comme sur la rivière grande baleine) pour répondre à la demande croissante en électricité. Récemment, la région de l'Ontario avait examiné un projet de centrale nucléaire, mais les prix étant considérés comme trop élevés, elle a demandé à Hydro-Québec de lui fournir de l'électricité.

Lorsque les Français sont arrivés au Québec, ils ont trouvé que la présence des Indiens sur les terres qu’ils venaient de « découvrir » était plutôt gênante. Ils ont donc fait comme les Anglais en Australie, en Nouvelle-Zélande, et aux USA, et comme les Espagnols en Amérique du Sud : ils les ont chassé vers les terres les moins hospitalières. Pour le Québec, ca veut dire le grand Nord.

Et puis comme d’habitude, ces terres qui n’intéressaient personnes sont tout d’un coup devenues extrêmement intéressantes. Au Québec, la richesse résidait dans les innombrables cours d’eau qui peuvent être transformés en source d’énergie. L’énergie hydroélectrique a la réputation d’être propre et renouvelable, ce qui est en partie vrai, surtout si on la compare à une centrale au charbon.

Malheureusement, les populations autochtones vivant dans le Nord du Québec semblent affectées de ce regain d’intérêt dans le mauvais sens du terme. Les terres qui leur ont été affectées sont classées par niveaux :

Niveau 1, elles sont à eux uniquement.
Niveau 2, elles sont à eux, mais le gouvernement du Québec peut les exploiter.
Niveau 3, elles sont au Québec.

Les autochtones qui habitent dans les zones concernées par les installations hydroélectriques, souvent autour de la baie James, sont essentiellement des Cris. Ils sont peu éduqués, les anciens parlent surtout leur langue autochtone, tandis que les jeunes parlent beaucoup l'anglais. En d’autres termes, face à une entreprise de la taille d’Hydro-Québec, et des intérêts financiers en jeux, ils sont plutôt mal armés.


Et une fois de plus, ils deviennent gênants aux yeux des entrepreneurs. Le gouvernement tente donc de leur racheter des terres, fait des échanges et passe des accords avec eux. Les Cris en tirent, sur le papier, beaucoup d’argent.

Sur le papier car les Cris, qui habitent sur des réserves, sont aux yeux de la loi, non solvables. Ce qui parfois les arrangent. Par exemple s’ils ont des dettes, personne n’a le droit de leur réclamer l’argent. Le côté négatif, c’est que bien sur personne ne veut leur vendre quoi que ce soit.

Ils ne peuvent donc pas faire exploiter eux même les richesses de leurs terres, comme ils ne peuvent pas se payer d’avocats pour se défendre face au gouvernement du Québec. Les avocats qui les défendent font partie du gouvernement, ce qui laisse à douter de leur efficacité quand il s’agit de se battre contre celui-ci !

Chaque fois qu’une tribu veut dépenser son argent (payer une formation, acheter des ordinateurs), une commission est chargée de valider leurs demandes. Cette commission est payée sur l’argent des Cris. Toujours selon Damas, elle s’amuse donc à faire faire plusieurs allers retours au dossier, afin qu’au final, deux fois la somme d’argent demandée par les Cris parte dans la poche de cette commission en « frais de dossiers ».

En gros, on donne beaucoup d’argents aux Cris pour leurs terres, puis on en récupère les deux tiers par la suite.

Et enfin le grand classique : les représentants des Cris chargés de négocier avec Hydro-Québec sont amenés dans des hôtels de luxe, sont invités à jouer au golf et reçoivent des cadeaux, pendant que sur le terrain les travaux avancent aussi vite que possible afin d’éviter toute contestation.

Pour les installations hydroélectriques, des vallées entières sont transformées en lacs. Des rivières gigantesques sont déviées de leurs cours. Damas nous a expliqué que lors de la construction d’un barrage, il faut normalement couper les arbres qui seront immergés, mais que cela coute trop cher. Il en résulte la production de mercure par l'arbre qui pourrit. Les autochtones boivent l'eau de ces rivières et y pêchent... Les nouveaux nés Cris naissent apparemment souvent avec un taux de mercure très élevé dans le sang.

Comme Damas travaille avec des Cris, il nous a expliqué que ceux-ci sont encore très différents de nous. Ce sont selon lui des "ours déguisés en hommes", ils passent des heures à se gratter (il y a beaucoup de bébêtes dans le Nord), ils mangent les fruits des bois sans trop regarder quelles bêtes les habitent, ils dorment tout l’hiver, n'aiment pas qu'on leur fasse un reproche (notre ami les évite, car il dit que sinon, ils boudent pendant 3 jours), et ne connaissent pas trop les montres et emplois du temps. Apparemment, ils arrivent parfois pour travailler vers 16h. Mais quand ils sont lancés, rien ne les arrête.

Ils respectent aussi beaucoup les décisions des ancêtres et il faut parfois longtemps avant que les centenaires aux sens diminués puissent comprendre de quoi il est question et donner leur avis.
Et puisque l’histoire se répète sans fin, des mines d'or ont été trouvées assez récemment en territoire Cri de catégorie 1. Encore des territoires qui jusqu'à pas très longtemps n’intéressaient personne. Du coup le gouvernement songerait à modifier la classe de ces territoires et à les passer en catégorie 2, en échange d'autres terres. Mais les terres offertes n'ont pas d'accès à la mer, et les Cris y sont opposés.

Les populations sont d'environ 22000 Cris et 36000 Inuits au Québec, pour une population de 7 millions d'habitants. Voilà pourquoi "l'intérêt général" passe avant, et celui des populations autochtones, là-bas, dans leur grand Nord, passe après.

Autre événement qui nous a beaucoup étonné : tout au long de notre parcours le long des grands lacs, les gens que nous rencontrions nous parlaient avec fierté de leurs inépuisables réserves d’eau. « Ici l’eau, on en a autant qu’on veut, elle coute rien ». Beaucoup ont des piscines, encore plus ont de gigantesques pelouses. Et vu la taille des lacs, franchement on les croyait.

Sauf qu’en fait, notre Damas, qui décidément en sait long, nous a dit qu’une énorme rivière du Québec va être très prochainement détournée vers ces grands lacs pour compenser leur baisse rapide de niveau !

Si le sujet vous intéresse, vous pouvez lire les articles suivants :

http://www.ledevoir.com/2007/01/12/127186.html
http://routebaiejames.com/hydro/index.html

«Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, alors vous découvrirez que l'argent ne se mange pas.» (Proverbe des indiens Cris du Canada).

Allez, on continue la critique….

Dans le Nord du Québec, l'activité forestière est très importante. Jusqu'à récemment, les entreprises pratiquaient la coupe franche. Depuis peu, une loi interdit de couper les arbres a quelques mètres autour des lacs, car ceux-ci protègent les berges et évitent l’érosion.

Parfois, Damas plante des arbres après une coupe et les compagnies lui disent de ne surtout pas planter autour des lacs. Du coup Damas leur pose toujours la question (même s’il connaît la réponse), afin qu’ils s’entendent eux même répondre. « Car ce sont des arbres que nous n'aurons pas le droit de couper plus tard. » . Alors il les plante quand même, mais en cachette.

Il paraît qu'en avion on peut ainsi voir de grands espaces en friche avec seulement une petite collerette d'arbres autour des lacs.

Les compagnies coupent les forêts d'origine et replantent généralement des épinettes pour faire de la pâte a papier. Une fois, notre ami passe devant une zone abattue, avec celui lui, environ 50 000 beaux arbres (des merisiers) gisant à terre, abandonnés. Il s'arrête pour en prendre comme bois de chauffage, mais se fait interpeler par des gars qui lui disent que c'est une propriété privée. Il leur dit que ce bois est abandonné et que c'est dommage ; on lui répond que ce n'est pas ses affaires. Les entreprises en question ne veulent surtout pas que tout le monde sache leurs pratiques !

Jusqu'à présent, les Inuits qui vivent encore plus au Nord, étaient apparemment assez tranquilles. Mais avec la fonte des glaces, ils doivent s'adapter et modifier leurs habitudes de vie. On leur fournit des céréales pour compenser et d'autres produits alimentaires occidentaux, mais eux qui étaient habitués à pêcher et manger du poisson cru grossissent beaucoup et sont atteints de diabète. C'est également vrai pour les Cris il semble.

Comme nous nous demandions ce que Damas portait comme vêtements quand il va bucheronner dans le Nord, il nous a dit qu'il superposait les vêtements techniques, plus légers que les fourrures et autres vêtements traditionnels.

Mais il parait que les vêtements traditionnels Inuits sont faits de peaux de phoque et sont très étanches. Au point qu’ils peuvent survivre plusieurs dizaines de minutes s'ils tombent dans les eaux glaciales du grand Nord, ce qui est un véritable exploit.

Et dernière nouvelle étonnante, la fonte des glaces du pole Nord a également fait germer l'idée de créer une route maritime directe entre la Russie, les USA et le Canada, ce qui ferait gagner beaucoup de temps aux bateaux. Des brise-glaces géants en construction au Canada seront chargés de casser tout ce qui empêche les bateaux de passer au nord du Canada et de la Russie. La Russie a même envoyé un sous marin de poche planter un drapeau Russe sur le pole Nord, au fond de l’océan, afin de marquer son territoire…encore une zone qui jusqu'à présent n’intéressait personne et qui devient tout d’un coup centrale !

Depuis que nous voyageons à vélo, les Canadiens que nous rencontrons sont fiers de polluer peu grâce à l'hydroélectricité. Mais comme il nous semblait avoir vu qu'ils étaient les 2e plus gros pollueurs mondiaux en termes d'émissions de CO2 par habitant et par an, nous sommes allés vérifier. Et c'est bien le cas (après les États-Unis et avant l'Australie).Avec seulement 30 millions d'habitants, ce sont les 7e plus gros pollueurs mondiaux en termes d'émissions de CO2 totales.

Un Canadien émet en moyenne 20 tonnes de CO2 par an, un Américain 20,6 et un Français 6. Un indien d’Inde 1,2 (selon Wikipedia). La planète peut en absorber jusqu'à 1,7… alors il va falloir que tout le monde se mette aux économies d'énergie !


<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">Surf sur canapé et douche chaude</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/4170121 2009-07-22T19:28:36Z
Il n'y a pas de secret, voyager c'est comme le reste, ça s'apprend. Et c'est très dernièrement que nous avons découvert, émerveillés, le réseau "Couchsurfing" et son petit frère "warmshowers".
Bien sûr, nous avions entendu parler du principe : des gens prêts a accueillir chez eux des inconnus de passage. Mais ça ne nous était jamais venu à l'esprit d'essayer.

Jusqu'à Wim et Hanlie, nos co-pédaleurs Sud-Africains. Car en arrivant ensemble à proximité de Cincinnati, nous avons vu la différence d'organisation.
Il faut savoir que la ville à vélo, c'est jamais la fête : on pédale dans la circulation et une nuit, que ce soit en camping ou en hôtel, coûte cher.

Sauf que nos amis, eux, avaient prévu l'escale un peu plus en avance que nous. Ils avaient contacté une certaine famille Eckler sur le site Warmshower (hospitalité pour cyclotouristes). Ils leur téléphonent donc et leur demandent si 2 frenchies supplémentaires seraient les bienvenus. La réponse est oui.

Nous passons donc au supermarché acheter quelques douceurs en guise de cadeau et nous nous rendons chez les Eckler (à la vitesse de ..?).

"Ah, voilà les cyclistes !"
Donna nous accueille. Elle vit dans sa maison de 3 étages avec son fils et ses parents. Ils ne font pas de vélo mais aiment les cyclos et leurs histoires. Ça papotte un bon moment avant ... de passer à table. Car sur Warmshower, les gens disent ce qu'ils proposent au cycliste de passage : du bout de jardin où planter la tente jusqu'à la chambre privée et repas offerts !

Nous restons 2 nuits chez nos adorables hôtes qui nous font goûter à toutes les spécialités de Cincinnati. Et nous devons reprendre la route un peu à reculons.
Le bilan est vite fait : au lieu d'une micro chambre d'hôtel impersonnelle ou d'un camping bruyant et cher, nous rencontrons des gens sympas, acueillants et surtout, du coin !

Aucune hésitation : nous nous inscrivons sur le site illico. Il est bien précisé aux nouveaux qu'il est souhaitable, s'ils se font accueillir par des gens, qu'à leur tour, un jour, ils accueillent des cyclistes chez eux. Ça paraît honnête, on s'inscrit.

Et peu de temps après, nous avons l'occasion de renouveller l'expérience, puisque nous arrivons à portée de pédale de Toronto. Nous contactons Sandrine qui habite dans le centre ville et qui est une passionnée de vélo. Elle nous dit que nous sommes les bienvenus dans son salon et que sa collocataire a donné son feu vert.

Quelques jours plus tard, nous arrivons sur place vers 20h. La porte de l'immeuble est fermée à clef. Ah, ça c'était pas prévu. Au bout de 20 minutes quelqu'un sort, nous nous faufilons à l'intérieur et sonnons à l'interphone. Personne.
On commence à se dire qu'on s'est peut être emballé un peu vite sur ce site. Il commence à faire nuit et le quartier n'est pas des plus rassurants. En face un club pour gentleman se vante sur sa façade d'avoir les filles les plus cochonnes de Toronto. Un foyer pour sans abris un peu plus haut sur la rue donne à l'ensemble une ambiance de cour des miracles.
Au bout d'une heure, au moment où l'on commençait à désespérer, arrive Michelle, la colloc de Sandrine. Et nous sommes rassurés, le courant passe tout de suite. Elle nous aide à monter notre bardas et est vraiment sympa : " Alors voilà vos clefs de l'appart, la salle de bain est là, les serviettes propres ici, faites comme chez vous et vous pouvez rester plusieurs jours."
Nous sommes épatés. On ne se connaît même pas et nous sommes reçus comme des amis !


Au cours des jours suivants, nous continuons à apprécier tous les avantages du système: Nous leur faisons des crêpes et du clafoutis aux cerises, nous rendons visite à Michelle au marché où elle travaille, nous allons boire un verre avec Sandrine. Elles nous indiquent les bons trucs à faire en ville et nous conseillent entre autre de nous inscrire sur le site de couchsurfing dont le réseau est plus développé que celui de Warmshowers. Ce que nous faisons.


Nous récidivons dans toutes les villes que nous traversons. Nous sommes accueillis par Nicholas et Jackie à Kingston pour une nuit et allons au restaurant ensemble. Puis par Marc-André et Marjorie à Montreal chez qui nous restons deux nuits. Chaque fois c'est le même plaisir de découvrir des gens sympas, curieux et qui aiment voyager. Ils ont tous profité du couchsurfing pendant leurs voyages à droite à gauche et veulent une fois rentrés chez eux faire pareil pour les autres. La devise du site : " Rendre le monde meilleur, un canapé à la fois". Et on est en plein dedans.

Tout est basé sur la confiance et le site fait tout en ce sens : les membres votent les uns pour les autres, se laissent des appréciations, mettent des photos et des détails personnels. Tout cela recoupé fait que l'on contacte des gens avec qui l'on pense bien s'entendre. Et ça marche bien.

Marc-André et Marjorie revenaient tout juste d'un beau voyage de 9 mois en Europe et en Afrique, dont 3 mois de vélo... Alors forcément, on a beaucoup à partager et à se raconter !


J'écris ces lignes depuis le canapé de la famille Dufour dans la ville de Quebec. Nous avons contacté Madeleine 21 ans qui revient d'un voyage en Europe et au Maroc. Elle et sa famille nous accueillent pour 2 jours. Nous devions rester une nuit mais hier, après 40km de vélo, Madeleine nous a fait visiter toute la vieille ville, puis nous sommes allés dans un resto dont la serveuse est une amie à elle, puis dans un (excellent) bar de chansonnier. Le principe de ce genre de bar est simple, un gars avec sa guitare chante des chansons populaires, et tous les gens autour, plus ou moins soûls chantent avec lui et crient entre 2 chansons celle qu'ils ont envie d'entendre. Que du bon on vous dit !

Résultat, dodo à 2h du mat, ce qui a compromis nos chances de départ matinal le lendemain...

Parfois il nous arrive de pousser un petit soupir de regret en pensant à toutes les auberges de jeunesses bruyantes où nous avons dormi... Sans parler du prix qu'elles coûtent dans les villes touristiques. Mais voyons surtout le bon côté : ça a transformé notre voyage au Canada. Et nous sommes impatients de rendre la pareille aux voyageurs de passage... dès que nous aurons une maison plus grande qu'une tente 3 places.
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">Quelques videos ...</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/4153009 2009-07-16T21:44:17Z
Tentatives de ricochets sur le lac Erie (USA)







Et une petite video de notre tour en bateau aux pieds des chutes du Niagara (Canada)

<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">Comment Francis a failli se faire descendre !</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/3968369 2009-07-03T19:48:59Z

Nous voyagions avec nos 3 amis Wim, Hanlie et Dereck. En arraivant dans une petite ville du Kentucky, je demande à une dame si l'on peut mettre nos tentes pour la nuit sur un carré de pelouse en face de chez elle. Elle me le déconseille car le terrain appartient à une école et qu'ils risquent de nous chasser à l'aube, mais nous propose de les planter sur sa pelouse.

Nous dinons ensemble sous l'abris d'un stade municipal. Francis cherche les toilettes municipales dont la dame nous a parlé. Il essaye une porte mais elle est fermée : ce ne doit pas être là. Tant pis, il abandonne.

Le lendemain, un policier vient poser des questions à nos amis sud-africains. Ils leur demande ce que nous faisions la veille près du stade. Des gens nous ont vu et ont signaler notre presence a la police. Il repart, satisfait des reponses donnees. "De toute les facon c'est un espace public, je n'ai rien a vous reprocher".

Puis il revient un quart d'heure plus tard. Nos amis sud-africains lui font coucou, mais il leur dit que ce n'est pas à eux qu'il souhaite parler, c'est au grand la-bas. Il vient voir Francis et lui demande pourquoi il a essayé de rentrer dans la maisonnette près du stade. Francis répond qu'il cherchait des toilettes. Le flic réplique que cette maisonnette est une propriété privée, que quelqu'un l'a vu tenter d'ouvrir la porte et l'a appelé. Francis dit qu'il a juste tourné la poignée et qu'il est parti en voyant que c'était fermé.

Le flic termine en disant qu'il est gentil et qu'il accepte de nous croire pour cette fois, mais qu'il faut qu'on fasse attention car il aurait pu tirer sur Francis pour avoir tente d'ouvrir cette porte.

Du bluff bien sur..., mais pas rassurant !
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">Quelques rencontres états-uniennes</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/3893099 2009-06-29T21:05:53Z
Le terme états-uniens est certes très moche, mais il me paraît maintenant difficile d'appeler ces gens les Américains. Et les Chiliens, les Mexicains, les Canadiens ... ?? Ils sont américains aussi, non ?

Bon. Une première rencontre intéressante : Linda et JC. J'attends devant le Walmart de Fulton (Mississippi) quand Linda s'approche de moi, me demande ce que je lis, puis m'invite à dormir chez elle. Je note son adresse (c'est juste à côté).
Quand Francis sort du supermarché tout chargé de denrées, je lui explique le deal. Il est partant et nous achetons vite une plante en pot (le vélo de Francis commence à ressembler à un train indien ou à un camion poubelle napolitain, comme vous préférez). Puis nous filons (tant bien que mal) chez Linda. Elle nous présente son mari, JC, très préoccupé par un petit poussin qui n'est pas au mieux de sa forme. Nous visitons ensemble leur grande maison quand JC nous demande si nous sommes croyants. Je dis que je suis catholique, et Francis explique qu'il est athée. JC réplique qu'il aura donc avec nous une petite conversation.
JC nous demande ensuite si nous sommes mariés. Nous répondons que nous sommes fiancés, et Linda nous montre alors nos deux chambres, séparées. Oups ?!

Ceci étant fait, JC nous fait une démonstration de son équipement de chasseur de dindes sauvages. C'est très drôle de le voir camouflé, avec ses vêtements pleins de feuilles, et en train de pousser des petits cris censés imiter l'appel de la femelle. Il nous montre ses trophées de chasse : les barbes des dindes qu'il a tuées. Il y en a moultes. La taille de la barbe augmente avec l'âge, et l'on n'est pas censé tuer des jeunes, mais il y a tout de même quelques petites barbes dans la boîte. Il nous explique que les quotas dans le Mississippi sont de 3 dindes par an et par chasseur. Mais l'année dernière il en a tué 7 : une fois 2 en un tir, une autre fois 3, et une au Tennessee !
Après avoir bien ri, c'est l'heure de la petite discussion.
Linda nous apporte de quoi dîner, et une bible. Et là, JC tente une démonstration de la véracité des écrits bibliques, de l'existence de Jesus, de Dieu et de l'enfer qui attend les brebis égarées comme nous. Il nous fait lire alternativement des passages de la Bible. C'est assez intéressant à voir, mais Francis se sent très mal à l'aise. Linda s'en rend probablement compte car elle demande a JC de passer à la fin de sa démonstration. Nous prétextons la fatigue pour échapper à la fin du discours.
Le lendemain matin, JC nous emmène petit-déjeuner au restaurant, et évite toute allusion biblique. Je pense qu'il s'est pris quelques reproches de sa femme.
Il nous dit juste qu'il a planté la petite graine. Je ne suis pas sûre qu'elle va pousser.
En partant, JC nous a donné quelques prospectus et les deux premières lessons de son mouvement, nommé "Back to the Bible". Parce qu'il existe trop de confessions chrétiennes, celle-ci se veut rassembliste et plus proche des textes bibliques.
Nous refusons une bible : nous sommes assez chargés.
Puis nous quittons nos hôtes, adorables mais un peu trop entreprenants.
Nous passons les semaines qui suivent à parler religions, et philosophie.

Deuxième rencontre : des cyclotouristes, Derek, Hanley et Wim.


Derek est un jeune Canadien de 22 ans. Il est parti de Vancouver il y a un peu plus d'un an, abandonnant son poste dans une scierie. Son frère l'a suivi à la dernière minute. Et ils sont partis tous les 2 avec pour objectif d'atteindre le sud des Etats-Unis en descendant la côte Ouest. Ce faisant, Derek est devenu accroc et a continué jusqu'au Mexique, qu'il a traversé en 7 jours, et au Guatemala. Ayant un vélo droit de route, il a été confronté à l'omniprésence des pistes en Amerique centrale, et a décidé de repartir vers le Nord. Il a suivi la Underground Railroad avec nous et nous a quitté peu avant Cincinnati, en direction de Boston, puis Halifax et Vancouver. Ce drôle de garçon se nourrit de haricots rouges en boîte à tous les repas, généralement froids et directement dans la boîte pour gagner du temps. Depuis qu'on l'a rencontré, je lui ai appris à faire de la purée en sachet. Et Derek alterne maintenant "beans" et purée.

Il aime pédaler doucement avec d'autres, mais quand il pédale seul, il va "stupid fast". Ainsi son premier voyage a vélo totalisera plus de 30000 km en un an et demi. Et il ne compte pas s'arrêter là. Selon nous, c'est un grand espoir du cyclotourisme. A noter, le tatouage qu'il a sur l'avant bras droit...Quand on vous dit que ce gars la est serieux !





Wim et Hanley sont sud-africains et parlent donc l'afrikaans. Nous n'avons pas retenu grand chose de nos leçons, sauf 2 expressions : " laka bru" ("c'est cool mon pote") et "bak ballas" (litéralement "se les dorer au soleil", en pratique "profiter du bon temps").





Wim vient d'une famille nombreuse et n'a pas pu aller à l'université, car il n'y a pas vraiment de système d'éducation (ou de santé d'ailleurs) public en Afrique du Sud ; les universités coutent donc très cher. Il est informaticien "bases de donnees" autodidacte, a travaillé entre autres à Téhéran 6 mois et à Londres 1 an pour des compagnies de téléphonie mobile. Il aimerait créer sa propre entreprise en rentrant en Afrique du Sud.


Hanley a un diplôme d'enseignante mais ne souhaite pas enseigner. Elle a travaillé dans le domaine de l'édition et souhaiterait écrire des romans. Elle a déjà publié quelques nouvelles en afrikaans dans des revues.
Nous avons appris beaucoup de choses sur l'Afrique du Sud grâce à eux. Apparemment, l'insécurité est un gros problème actuellement. Dès que les habitants ont assez d'argent, ils se font construire un grillage électrifié autour de leur maison. Le vote des Noirs a été accepté par référendum en 1993 et les premières élections au suffrage universel ont eu lieu en 1995 !!
Wim et Hanley ont connu la ségrégation, avec les écoles pour blancs, les plages pour blancs, les toilettes pour blancs... Apparemment, le gouvernement a introduit des quotas pour que les Noirs aient accès aux emplois, mais n'a pas créé en parallèle un système d'éducation pour tous. Du coup, les patrons se doivent d'employer des Blacks, mais ceux-ci ne sont souvent pas qualifiés, et ça ne marche donc pas. Ils les renvoient les uns après les autres. Du coup il y a beaucoup d'instabilité et de pauvres.
Ils ont introduit des lois interdisant les propos à caractère raciste, et il y a apparemment de nombreux procès. Dans les campagnes et chez les anciennes générations, les pensées racistes sont encore monnaie courante. Les blancs se font parfois encore appeler "Mister", alors que c'est théoriquement interdit.
Les jeunes espèrent des jours meilleurs mais beaucoup fuient. La soeur de Wim a fuit en Australie après qu'un cambrioleur soit venu piller sa maison de nuit et ait demandé à ses enfants où était la chambre des parents en poitant une arme sur eux. La petite a répondu, et elle fait des cauchemards depuis, car elle a cru que l'homme allait tuer sa mère, et qu'elle en était responsable.
Espérons que tout cela s'arrange !
Avec Hanley et Wim, nous sommes allés presque jusqu'au lac Erie. Puis ils nous ont quitté car ils devaient rentrer sur Londres puis en Afrique du Sud.



Nous avons passé de bons moments ensemble, et ces 3 compagnons de voyage nous ont aussi redonner de la pêche : au Chili nous nous étions habitués à pédaler 50 km par jour (et encore), avec eux nous avons grandement accéléré le rythme. Ca n'a pas toujours ete facile, car nous etions largement plus charges qu'eux.

Merci les amis. Et à la prochaine.




Nous avons croisé avec nos 3 amis sur une piste cyclable de l'Ohio Dan et Elsie. Le soir, comme nous finissions d'installer nos tentes sur une pelouse (avec l'aval du policier local), Dan et Elsie reviennent en voiture et nous offrent leur "cabin", leur maison de vacances, qui se trouve au bord d'un lac à une trentaine de kilomètres de là où nous sommes. Nous ne nous faisons pas prier et acceptons quasi immediatement. Nous apprenons le lendemain que Dan est né et a grandit dans une famille amish. Puis il a choisi de "sauter par dessus la barrière" ("he jumped over the fence") pour devenir Mennonite, le courant chrétien anabaptiste dont proviennent les Amish.

Les Mennonites prônent aussi une vie plus simple, et des valeurs familiales et amicales, mais sont beaucoup moins opposés au changement et aux technologies. La preuve, Dan et Elsie ont 2 grosses 4x4, une grande maison et leur "cabin" avec l'électricité. Vue la taille de la pelouse, ils ne doivent pas tondre manuellement. Et Dan dirige une entreprise de bâtiment. Il semble avoir gardé des contacts avec les communautés amish car c'est lui qui a construit le restaurant amish local (très bon et pas cher) et il a fait construire sa "cabin" par des ouvriers amish. Le résultat, tout en bois, est magnifique.
Notre après-midi de repos fut fort agréable.

Nous avons rencontré beaucoup d'autres personnes adorables aux Etats-Unis, entre autres la famille Eckler à Cincinnati, la famille French à Evansville, Wendell à Medina (ancien professeur de français et maintenant dentiste), la famille Simeral à Hiram...
Tous des gens très differents et adorables.


Vive les voyages et vive les rencontres !
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">Comment Hélène a bu son plus grand Expresso</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/3870503 2009-06-27T23:00:52Z
Alors que nous étions chez McDo, Hélène me demande d'aller lui chercher un café. Si possible un expresso noir sans sucre. Si possible parce qu'aux Etats-Unis, un café c'est 30cl, toujours sucré et souvent au lait.
Mais chez Mcdo, ils ont une machine à Expressos pour faire les mochas ou autres capuccinos.

Alors je tente.
"Un expresso s'il vous plaît".
Le caissier fronce les sourcils, genre je lui ai commandé un big Mac à la grenouille.

"vous voulez dire un shot d'expresso sans sucre et sans lait ?"
"oui"
"une seconde s'il vous plaît"
Et il va voir le manager. Ça papotte, ça me montre du doigt, ça lève les mains au ciel. Le manager vient me voir et me demande de confirmer que je veux bien un café noir sans sucre. Finalement il donne son accord en me prévenant que le goût sera probablement très fort et amer.
L'employé hésite longuement car "Expresso" ne fait pas partie des choix qu'il peut cocher sur le gobelet. Il finit par cocher "autre".

Il va à la machine et y reste quelques bonnes minutes. Je me penche pour regarder ce qu'il fait : il est en train de remplir tout le gobelet de 30cl en mettant expresso sur expresso !

Je lui dis que les 2 tiers suffiront amplement. Ça le soulage visiblement "j'me disais, vous alliez avoir du mal à dormir avec ça ..."

Cet après-midi là, Helene a été dure à suivre sur la route.
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">De la Pensylvanie a l'Ontario en passant par les chutes du Niagara</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/3838937 2009-06-24T23:21:33Z

Nous venons juste de quitter Niagara Falls, et Francis a encore un pneu crevé. Celui de l'avant cette fois. Il y a 2 jours, c'était le pneu arrière. Il faut croire qu'ils commencent à être usés. Pourtant on les a changés il y a 4 mois, mais la Carretera Australe a probablement accéléré le vieillissement. On va essayer les antioxydants.
Moi, je m'en sors bien. Presque 12000 kilomètres et toujours une seule crevaison. Je croise les orteils et je touche du chêne.


Bon, on vous a plus ou moins abandonnés en compagnie des amish, c'est à dire en Ohio et Pennsylvanie. Alors reprenons. Une fois arrivés au Nord de l'Ohio, nous avons atteint le lac Erie. Immense. Majestueux quand il fait beau, et mouillé quand il pleut. C'est cette partie des Etats-Unis que nous avons préférée en ce qui concerne les paysages. Les baignades dans le lac, les beaux couchés de soleil, les ricochets,...


Autre chose nous a surpris. Depuis le Kentucky et à travers l'Ohio, on voyait essentiellement des champs de maïs et de blé. Et quand on est passé en Pensylvanie, les vignobles sont apparus soudainement, ainsi que les arbres fruitiers. Côté américain, dans les états de Pensylvanie et New York, les vignes semblaient quelque peu négligées. Depuis que nous sommes dans l'Ontario, les vignes ressemblent plus à ce que nous sommes habitués à voir en France. Pas trop de mauvaises herbes au pied des cèpes, et parfois de beaux rosiers devant.




Nous faisons régulièrement des pauses cerises au bord des routes.
Autant dire que nous sommes revenus a un rythme très patachon ces derniers temps.




A propos des villes que nous avons traversées il n'y a pas grand chose a dire. Sauf que Buffalo ressemble a une ville industrielle touchée par la révolution du tertiaire. Nous avons appris depuis que la construction du canal reliant le lac Erie au lac Ontario a déprimé l'économie de cette ville. On observe donc des immeubles à l'abandon, des terrains vagues, des engins en pleine démolition, et quelques tours dont la hideuse tour HSBC.

En ce qui concerne la ville de Niagara Falls, nous avons été impressionnés par plusieurs choses. La majestuosité des chutes bien sûr. Ensuite l'attraction touristique à outrance en ce qui concerne le quartier touristique de la ville, à proximité des chutes : Sheraton, Hilton, et autres grands hôtels sont tous représentés par d'immenses tours et les rues ressemblent à Eurodisney. Il n'y a que attractions, restaurants, hôtels et casinos dans ce quartier.

C'est comme ça que j'imaginais Las Vegas, mais pas les chutes du Niagara. Pour moi, ce devait être la nature dans toute sa force et sa simplicité : juste de la roche et de l'eau.
Enfin bon, on comprend que tout le monde veuille voir ce site.


Mais il me semble que le gouvernement n'a pas géré au mieux l'intégration environnementale. Les usines claircemées sur tout le côté américain et les barrages en amont, les énormes barrages en béton en aval qui côtoient les falaises boisées. Ça fait bizarre.
Francis a lu sur Wikipedia que l'eau de la rivière Niagara n'est que peu détournée le jour (pour que les chutes soient belles pour les touristes), mais qu'ils en détournent plus de 50% la nuit pour faire de l'hydroélectricité. Apparemment il y a aussi un problème d'érosion (les chutes ont reculé de 11 km depuis leur point d'origine en quelques dizaines de milliers d'années) et les scientifiques craignent que le lac Erie se vide un jour dans le lac Ontario. Donc ils détournent plus d'eau et consolident le lit de la rivière.
Petit detail rigolo, en 1969, ils ont meme "ferme le robinet" des chutes americaines pendant plusieurs mois afin de colmater quelques fissures. Et quand on voit les chutes (2800 tonnes d'eau par seconde), on n'imagine pas qu'on puisse les fermer comme ca !


Bien qu'ultra touristique, nous nous sommes quand meme offert un petit tour en bateau au pied des chutes. Tres impressionant. L'appareil photo est celui qui a le moins apprecie l'aventure, puisque ses lentilles ont mis le reste de la journee a secher.

Tout cela ne doit pas être au goût des Amish !
Mais la région des grands lacs est tout de même très belle.
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">Canada, nous voilà !</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/3783611 2009-06-20T19:58:52Z
Et voilà ! Nous venons juste de passer la frontière états-unienne pour entrer au Canada. Nous ne pensions pas initialement avoir le temps de traverser tous les Etats-Unis du Sud au Nord. Et finalement ça s'est fait tout seul. Il faut dire que le dénivelé n'avait rien d'impressionnant, que les routes ne sont pas trop mauvaises, et que ce pays... Il est pas si grand finalement !

Ne répétez pas ces dernières paroles à un Américain, ça ne lui plairait pas, mais alors pas du tout. Nos seules petites difficultés pour pédaler sont venues du temps. Mais rien de bien méchant.


Nous sommes donc arrivés tous frais à la frontière américaine après avoir traversé la (très moche) ville de Buffalo. Nous avons réussi à faire passer nos vélos à travers un tourniquet métallique pas conçu pour les vélos couchés. Et juste là, Francis trouve à ses pieds un beau billet de 10$ canadiens. Quel pays accueillant !





Ensuite il y avait un panneau "Pietons et cyclistes voulant entrer au Canada, par la". Donc Francis a décidé d'esquiver complètement le bureau du douanier, qui est sorti en nous courant après. " Et vous venez d'où comme ça ? Vous avez des papiers ? " On ne passe quand même pas tout à fait inaperçus avec nos bécanes.
C'était juste un petit contrôle de routine.




Puis nous avons traversé le "Peace bridge", qui surplombe la Niagara River et permet de passer au Canada.
La, le jeune et beau douanier brun et baraque nous accueille, nous pose les questions de routine : " Vous avez de l'alcool, du tabac, des armes a feu, de l'argent ?" "Oui, on a 10 dollars"
Il nous demande où on va. "On sait pas encore". Si on connaît des gens au Canada ? "Non".
"Vous travaillez ?... Ah, un banquier et une dentiste. Et vous avez pris 10 mois de vacances ?!!!! Vous en avez de la chance".


Il va nous tamponner nos passeports et revient.
"Bon et vous avez fait quelle distance avec ces engins ?" "7000 miles, pas mal"
"Et c'est quoi ce drapeau américain là ? Il est où votre drapeau canadien ?" "On n'en a pas encore" "bon, bah alors c'est la première chose que vous allez acheter. Et n'oubliez pas d'enlever ce drapeau américain d'abord !!"

Nous voilà prevenus, les Etats-Unis, c'est fini !

<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">En pays Amish</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/3687371 2009-06-15T18:09:53Z
Alors que nous pédalions au milieu du pays symbole de modernité et de progrès, quelques détails ont commencé à nous mettre la puce à l'oreille. Notamment les panneaux "attention carioles à cheval" au bord de la route. Ou les femmes habillées genre 17e siècle, avec leur longues robes et leurs coiffes blanches sur les cheveux aperçues dans des fermes au bord de la route.



Et ces derniers jours, impossible de passer à côté, les Amish sont partout. Mais qui sont ces Americains pas comme les autres ? Et bien justement des gens qui au 17eme siècle ont décidé de ne pas faire comme les autres et de revenir à un style de vie plus simple.

Ayant la vie dure en Europe, ils émigrent au 18e siècle vers les Etats-Unis et le Canada. Et aujourd'hui ils tiennent bon, ils sont toujours là, et continuent leur style de vie "simple".

En pratique cela signifie qu'ils n'utilisent ni véhicule à moteur, ni électricité, ni téléphone et qu'ils vivent, au moins partiellement, en marge de la société de consommation américaine. Ils ne votent pas, ne font pas de service militaire et n'ont même pas de compte Facebook.



Les hommes portent pantalon sombre, chemise claire et bretelles tandis que les femmes se vetent de longues robes de toile et portent une coiffe generalement claire. Et les enfants aussi.



Les hommes se laissent pousser la barbe après le marriage et les familles sont nombreuses. Ils ne cotisent pas pour la retraite et n'ont pas de couverture médicale : tout est basé sur la solidarité. Et aussi ils n'aiment pas être pris en photos, il faut donc le faire discretos.




Selon un avis très personnel, ils ont une certaine classe. Leur véhicule de prédilection est le "buggy", une sorte de petit carosse tiré par un ou deux chevaux. Ceux-ci sont visiblement habitués à trotter dans la circulation américaine. Mais pas aux vélos couchés ! Nous avons offert quelques émotions à des conducteurs de buggy aux chevaux un poil nerveux.




Les jeunes générations sont également adeptes de la trotinette et du roller. Et il est assez surprenant de croiser des adolescentes habillées avec leur longues robes à l'ancienne, leurs coiffes et leurs rollers aux pieds. Le vélo n'a visiblement pas la cote. Peut être n'est il pas autorisé.



Grande spécialité des Amish : l'agriculture. A cheval bien sur. Dans les champs, ça laboure et ça fauche. Les champs sont moins grands et les sillons sont moins droits que ceux auxquels nous sommes habitués mais il n'y a rien a redire : hommes et chevaux ne chôment pas. Pour tondre la pelouse, même combat : ils poussent des tondeuses mécaniques dont les roues entraînent une sorte de cylindre qui tond la pelouse. Ça à l'air crevant. Il existe le modèle du dessus ou la tondeuse est tractée par un cheval.



Un certain nombre de maisons-fermes vendent leur produits : fruits, légumes, oeufs, cookies,...
Nous avons acheté des cookies au beurre de cacahouette et d'autres aux pépites de chocolat. Les premiers étaient délicieux. Nous n'avons malheureusement pas eu le temps de goûter les autres, puisque le soir même, un commando d'écureuils sur-entrainés a réussi à s'introduir dans nos sacoches sans se faire repérer. Les cambrioleurs emportant avec eux un butin estimé à 2$, soit la totalité de nos réserves.



Les amish ont des boutiques quelque peu specialisees, comme ce vendeur de harnachement pour chevaux, avec son parking a buggy bien-sur :



Autre spécialité : les Amish sont des constructeurs de maisons renommés. Nous avons eu la chance il y a quelques jours d'être invités par un couple à dormir dans leur maison. Le mari étant un ancien Amish, il s'est fait construire sa maison par eux. Et nous pouvons confirmer : ces gars-là s'y connaissent. Toute la charpente de la maison était construite sans aucun clou ou pièce métallique. Les poutres s'encastrent les unes dans les autres et le résultat est magnifique.

Aujourd'hui nous sommes passés à Middlefield, une ville au coeur d'une large communauté Amish. Et il est rigolo de voir que la ville comme les commerçants ont su s'adapter. Pas de piste cyclable mais des pistes "carrossables". Et même le supermarché géant Wal-Mart s'est doté d'un parking à buggy d'une cinquantaine de places !


Autant dire que ces derniers jours nous ont bien dépaysé...
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">LES VISITES</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/3655646 2009-06-14T11:01:09Z
Le blog de Boub' et F6, c'est :
- 41450 pages vues
- 4421 visiteurs uniques
- LA vidéo Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=JooV9qSHBHA&feature=channel_page
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">The Deep South</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/3531775 2009-06-09T17:28:26Z
Si je vous dis Mississippi, vous pensez à quoi ? Au riz long blanc de chez Carrefour qui rassasie les étudiants, à un grand fleuve avec des bateaux à roue à aube et à Tom Sawyer ? Pas mal.
Et si je vous dit Alabama ? Vous êtes cuits ? Comme nous il y a quelques temps. Aucune idée de ce à quoi peut bien ressembler l'Alabama.


Mais maintenant, on sait. Tout au Sud, il y a la côte, avec quelques jolies plages de sable blanc très fin qui crisse sous les pieds. Au large on observe quelques plateformes pétrolières qui sont apparemment progressivement fermées.


Puis en remontant vers le Nord, on trouve le delta de fleuves dont le Mississippi. Ce sont des marécages pleins d'aligators (utiles pour faire des sandwichs et des sacs a main mais pas très accueillants pour les cyclistes). Le terrain est donc très plat, presque trop... L'air y est humide et il fait dans les 30-35 degrés, ce qui fatigue un peu quand on pédale. L'odeur de chèvrefeuille domine, car celui-ci pousse partout, un peu comme le lierre en France.


Les routes sont bordées de plantations de pin, et l'industrie du bois est manifestement l'une des plus grosses ressources de la région. Et comme en Nouvelle-Zelande, ils pratiquent ici la coupe franche, c'est-à-dire que quand ils coupent, ils coupent tout et laissent un terrain vague. De gros camions (qui ne ralentissent pas en nous dépassant) emmenent les troncs vers les scieries et les usines de papier. Car apparemment, les propriétaires d'arbres sont souvent tentés de vendre les troncs avant qu'ils ne soient suffisamment gros pour servir en construction. Ils servent alors à faire du papier.


Quand ce ne sont pas des marécages ou des plantations de pin, on observe soit des champs de coton, soit des maisons entourées de leur grand jardin, qui se composent - comme presque partout aux Etats-Unis - d'une gigantesque pelouse, d'un monsieur sur son tracteur qui tond ladite pelouse, et souvent de magnolias. Le magnolia est d'ailleurs la fleur officielle de l'état du Mississippi.


Que peut-on voir d'autre ? Beaucoup d'animaux. Des serpents, de beaux oiseaux très colorés, des chenilles qui courent sur le bitume, des myriades de jolis papillons et des tortues... Les marécages grouillent de partout. Les serpents nagent dans les rivières à l'eau marronatre, et il paraît que les aligators remontent parfois jusqu'au Tennessee, nous avons donc attendu de meilleurs auspices pour faire trempette.

Les maisons qui se trouvent au centre des grandes pelouses sont majoritairement de 2 types : de jolies maisons blanches d'une part, de style colonial, avec une terrasse abritée entourée d'une balustrade et de fines colonnes et peuplée d'une ou 2 balancelles et de plusieurs rocking chairs. Et des maisons préfabriquées d'autre part. Nous avons remarqué en demandant de l'eau indifféremment aux habitants que les blancs habitent généralement les jolies maisons blanches tandis que les Noirs sont dans les maisons préfabriquées.


Quant aux habitants, ils nous ont beaucoup surpris. D'abord par leur fascination pour la France. Les Américains, intrigués par nos vélos, nous demandent d'où nous venons. Et quand nous répondons "de France", leur visage se teinte d'étonnement ou d'admiration. Les premiers nous demandent pourquoi diable nous sommes venus au fin fond de l'Alabama, les seconds nous demandent d'où en France nous provenons et nous racontent quand et comment ils ont passé 2 jours à Paris ou à Amsterdam il y a 10 ans. Ceux qui ont passé le plus de temps en Europe sont en général d'anciens militaires qui y ont été envoyés à la fin de la 2e guerre, et ils étaient soit en Allemagne, soit en Italie, auquel cas ils évoquent la gastronomie italienne en retenant une petite larme.

Mauvais point, les habitants du Sud des Etats-Unis que nous avons rencontrés nous ont étonnés par leur gentil racisme. Une vieille dame nous a dit : "oh les noirs, on a beau essayer de leur expliquer, rien n'y fait. Ce n'est pas qu'ils soient méchants, c'est juste qu'ils n'ont pas le cerveau pour comprendre."
Nous demandons à quelqu'un pourquoi il y a plusieurs stations essences abandonnées à Aliceville, il nous répond qu'il y en avait trop pour la ville. Et puis de toute façon, la station Shell était gérée par des Noirs, et qu'ils ne savent pas gérer un business et finissent toujours par faire faillite. Décidement, la ségrégation n'est pas si lointaine. Bizzarement, ici Obama n'est pas très populaire...

L'accent de certains habitants est par le moins surprenant. Parfois juste incomprehensible. Nous pensions parler mieux Anglais qu'Espagnol, mais il était parfois aussi dur de communiquer ici qu'au Chili ! Notre "red neck" reste à perfectionner.

En revanche, tous les Americains que nous rencontrons - ou presque- sont gentils et généreux avec nous. On ne nous a jamais dit non pour remplir de l'eau ou planter la tente pour la nuit. Beaucoup de gens nous offrent des boissons fraiches sans qu'on leur ait rien demandé. On nous a même donné de l'argent, et encore le monsieur s'est excusé de ne pas avoir plus que 7$ sur lui, alors qu'on lui avait déjà pris 20L d'eau.


Nous avons aussi été surpris par leur étonnement, voire leur incomprehension en ce qui concerne le cyclotourisme. Ils veulent tous nous faire acheter un véhicule motorisé ! L'argument en faveur du vélo qu'ils admettent c'est que c'est moins cher en fuel. Les motards comprennent mieux qu'on puisse se déplacer pour le plaisir et pas seulement de façon utilitaire. Mais ils nous disent tous en rigolant qu'à notre place, ils rajouteraient un moteur. Leur réplique culte : " Je pourrais même pas aller jusqu'à l'Église en vélo ! ".


Puisqu'on en parle, une dernière chose qui nous a marquée : le nombre d'églises. Dans un petit village de quelques centaines d'habitants, il y a jusqu'à 4/5 églises. La plupart sont des églises baptistes, une branche du protestantisme. Cette région est aussi connue sous le nom de "Bible belt", nous a-t-on dit plus au Nord. Du coup, beaucoup de contés sont "dry", c'est à dire que la vente d'alcool y est interdite. Il paraît qu'il y a pourtant plus d'accidents de la route dus a l'alcool dans les contés "dry" que dans les contés "wet", les gens devant se déplacer en voiture pour boire. Certains contés sont "damp" ou "moist" (humide), et l'alcool n'est alors accessible que dans les restaurants.

A posteriori, nous avons beaucoup apprécié de découvrir cette région méconnue des Etats-Unis. Sur le moment, ça a parfois été un peu dur. Il faut dire que nous nous sommes pris une grosse série d'orages, et pas juste des petits orages à la française, mais des vrais grosses tempêtes avec des branches qui tombent, des lignes électriques coupées, les chaussures qui flottent devant la tente au réveil et tout et tout.

Mais le Deep South vaut définitivement le coup d'y faire un tour.
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">De Puerto Chacabuco à Puerto Montt en passant par l'île de Chiloe</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/3245702 2009-05-12T17:33:00Z

Arrivés à Puerto Chacabuco, il fait tout juste nuit. Nous achetons nos billets de bateau pour rejoindre Quellon, au sud de l'île de Chiloe, puis allons faire cuire nos pâtes sur la plaza de Armas, toute vide.

Nous cherchons ensuite un lieu chaud pour attendre notre bateau, car le départ a été retardé de 23h à 3h du mat. Nous faisons le tour des bars de la ville (c'est vite fait), mais tous ferment à 22h. On nous dit que le seul endroit ouvert après 22h est un hôtel situé un peu plus haut. Nous allons y jeter un coup d'oeil car il fait vraiment trop froid pour rester dehors.

Nous arrivons devant un grand bâtiment luxueux. C'est à se demander comment il a pu arriver dans cette petite ville ! Francis est sceptique, mais je rentre et la dame nous répond qu'il n'y aucun problème et que nous pouvons attendre ici notre bateau. Nous nous posons au coin de la grande cheminée, commençons à lire et voyons arriver ... Ben ! Qui nous dit qu'il y a billard et internet gratuit à l'étage et que plusieurs autres cyclistes attendent le bateau en buvant des bières. Bien sûr, nous lui emboitons le pas, et notre attente devient paradisiaque.

Le bateau finit par arriver. Et, pour ceux qui suivent, le dernier ne nous avait pas trop réussi. Alors, cette fois, nous sommes arrivés blindés. On nous avait dit que quand on commence à se sentir mal, il faut manger, et ne plus s'arrêter. Nous sommes donc arrivés avec de quoi manger pour 10 jours, et au moins 5 kg de sucreries : du coca, des gâteaux, du dulce de membrillo (pâte de coin, dessert national), du chocolat et autres produits hautement caloriques.

Et nous avons été hautement "déçus". Par la mer d'abord : cette fois nous n'étions pas sur un lac et pourtant la mer, la vraie, est restée toute plate, ou presque. Puis par le bateau, qui n'a pas bougé.

Et quel luxe ! Il y avait même une douche avec de l'eau chaude. Pour environ 5 euros de plus, nous avons choisi de passer d'un siège au confort d'une cabine avec couchette. Il faut savoir tout de même que la traversée coûte 14000 pesos pour un chilien quand elle en coûte 35000 pour un étranger (pour le même service).

Nous nous sentions si bien sur ce bateau que nous avons installé un tripot de coinche à bord, avec nos célèbres partenaires de jeu, j'ai nommé Ben et Cot.

Et lorsque le bateau a commencé à rouler légèrement, nous sommes allés nous coucher. J'ai aussi encore perdu une partie d'échecs face à Francis, mais on passera ça sous silence.

Censés arriver a 5h du mat après 26h de voyage, nous arrivons dans la baie de Quellon vers 7-8h. Là, ils ont debarqué tous les passagers Chiliens dans un petit bateau, et les cyclistes étrangers sont restés à bord jusqu'à midi. Pour cause de marée basse, de parking portuaire embouteillé ou autre raison de marin d'eau douce. Comme l'équipage n'avait rien à faire, ils ont essayé de mettre un canot de sauvetage à la mer. Et ce n'était pas une mince affaire !

Une fois debarqués et après 35 heures de bateau, nous finissons à 8 cyclistes dans un boui-boui sur le bord de mer, où nous mangeons du merlu, un alcoolique local nous ayant deconseillé le saumon qui serait contaminé. Car, à Chiloe, ce n'est plus boeuf à tous les repas, mais poisson à tous les repas. Frit ou grillé, c'est saumon ou merlu.




Nous repartons sur la belle route goudronée, puis optons pour la piste de bord de mer : encore du ripio (gravier) ! Oui, j'ai un peu maudit Francis d'avoir insisté pour qu'on passe par là à la centième montée caillouteuse de la journée.




Un peu mais pas trop, car nous dormons dans un joli petit village au bord d'une rivière et découverons Quemchi, magnifique village de pêcheur qui, bien qu'étant au niveau 0, est un magnifique certes, mais insupportable parcours de montagnes russes. Le resto du port est à la hauteur, et j'accepte donc de continuer sur la piste de bord de mer plutôt que de rejoindre la route bitumée.
Après ce bon repas, nous repartons, pour vite nous arrêter : Francis trouve un super spot sur la plage de Lliuco : du soleil, les Andes en fond, un peu de guitare et de bon vin, et puis des dauphins qui sautent de partout. Que demander de plus ?


Nous observons les locaux faire des allers retours entre la plage et leur champ avec leurs boeufs pour aller ramasser les algues qui servent d'engrais pour pommes de terre.

Le matin nous retrouvons Ben et Adeline sur la piste, et nous nous dirigeons tous vers Chacao, d'où partent les bacs pour rejoindre la terre ferme.



Nous déjeunons à Manao, où les écoliers nous font un acceuil d'enfer. En voyant les velos, ils sortent tous de l'école en courant, poursuivis par leur enseignant qui leur demande de rentrer. Il finit par céder et leur accorde une pause. Ils viennent essayer nos vélos, l'un d'entre eux a des verrues plein les mains et des carries plein les dents. Beurk.
Puis leur prof vient nous parler. Un peu âgé déjà, il nous dit en avoir un peu marre des enfants et souhaiter créer une école de musique traditionnelle locale, lui étant accordéoniste. Il fait la classe à 13 enfants de 4 a 11 ans. Il nous fait visiter son école, un vieux bâtiment en taule, mais qui contient 3 ordinateurs flambants neufs.
L'un des enfants attrape on ne sait comment un colibri et nous l'apporte fièrement. Il peut l'être, ces oiseaux sont tellement rapides qu'il est difficile de voir plus qu'un éclair coloré quand ils passent à proximité. Il ouvre sa main et l'oiseau disparaît en une fraction de seconde.



Quand nous embarquons enfin sur le bac, nous sommes étonnés par le nombre d'otaries qui nagent autour de nous. Il y en a partout !

Plus qu'une soixantaine de kilomètres et nous arrivons à destination : Puerto Montt nous acceuille. Et Yolanda dans son auberge qui coûte 5000 pesos (6 euros) par personne, petit dej' inclus.



Ce port bouillonne d'activité le jour, et se calme la nuit. Tout le monde nous dit qu'il est dangereux (peligroso) de se promener la nuit. Au port, nous trouvons une super cantine : poisson, crustacé, petits pains frits accompagnés de la rougaille locale pour 3000 pesos. On en redemande.

Mais s'il est facile de trouver à manger, il est beaucoup moins facile de trouver des cartons pour embaler des vélos. Nous finissons donc par amalgamer petits cartons sales, scotch de déménagement, papier bulle (va demander ça en espagnol !) et duct tape pour faire quelque chose d'assez solide, bien que beaucoup moins présentable que d'habitude
.
Nous devons nous séparer de nos inséparables amis Ben et Adeline, nous dirigeant tous vers le Nord et le soleil, eux vers Santiago en bus, et nous vers Mobile en avion. Bon vent aux salanchards !

Et en vol pour les Estados Unidos !
<div xmlns="http://www.w3.org/1999/xhtml" lang="fr" dir="ltr">La Nouvelle-Zelande à vélo</div> Hélène FRON & Francis CHABOUIS http://my.opera.com/f6-ln/blog/3245598 2009-05-12T17:03:12Z

La Nouvelle-Zelande est vraiment un endroit exceptionnel pour faire du vélo. D'ailleurs on n'arrête pas d'y croiser des cyclos de tous poils à longueur de journée.

Livres

Il existe 2 livres dédiés au cyclotourisme dans ce pays : le Lonely Planet "Cycling New Zealand" et les deux "Pedaler's paradise" de l'île du Nord et de l'île du Sud.

Le Lonely Planet date de 2000 et commence donc à dater. Ils sont nous a-t-on dit en train de préparer la prochaine édition. L'autre est bien à jour et est très précis : pas de chichis ou d'information sur le pays, on y trouve les denivellés et les endroits où dormir, les magasins et autres infos pratiques.

Quand pédaler ?
La NZ est un pays assez long, le climat varie donc pas mal d'un endroit à l'autre.
Au Nord de l'île du Nord, vers Auckland, il fait beau et chaud. Puis quand on descend vers le Sud, ça se rafraîchit un peu. Vers Wellington, le climat n'est pas connu pour être excellent ("you can't see Wellington on a good day").



Dans l'île du Sud il y a de grosses différences de climat. La côte Ouest est la Wet Coast : il y pleut beaucoup. Sur la côte Est (côté Christchurch), le temps est bien meilleur.
Enfin, tout dans le Sud, on commence à être vraiment bas et il peut faire carrément frisquet. En plein été nous avons frolé les 0 degrés certains soirs. Et il y a des pinguins qui se balladent sur les plages.



Tout ça pour dire, le meilleur moment pour faire du vélo, c'est en plein été, vers janvier-fevrier. (Attention, n'allez pas la bas en juillet, vous seriez déçus...). Surtout pour l'île du Sud. Pour le Nord, on peut sûrement déborder un peu plus de la "haute saison".

Notre trajet.
Nous avions 6 semaines sur place. Nous avons choisi de rester sur l'île du Sud, très belle et beaucoup moins peuplée.

Nous sommes partis de Picton et avons rejoint Westport au Nord de la côte Ouest. En chemin, nous avons fait une rando magnifique à Saint-Arnaud.

Puis nous avons descendu toute la côte Ouest jusqu'à Haast. C'est magnifique.
Là, nous avons rejoint Makarora et avons fait une autre super rando de 3 jours : Gyllepsie Pass. A Queenstown il y a un bon plan qui n'est pas dans les bouquins : prenez le bateau à charbon qui vous mène de l'autre côté du lac. De là part une piste de terre très peu fréquentée. 100km plus loin, elle rejoint la route bitumée et vous emmene jusqu'à Te Anau. C'est un bon raccourci qui fait éviter la circulation.

De là, nous avons fait du stop jusqu'à Milford Sound. Le faire à vélo est possible mais pour les sur motivés uniquement. Il faut faire l'aller-retour et ça grimpe sévère.


Enfin nous avons décidé de pousser jusqu'à l'extrême Sud vers Invercargill. La route devient vite facile et les paysages sont moins intéressants. Mais l'intérêt de la région est ailleurs : on peut voir sur les plages du Sud pinguins, lions de mer, otaries, dauphins et autres bestioles inhabituelles.

Il y a bien sûr bien d'autres endroits réputés dans ce pays où faire du vélo (côte Est de l'île du Sud, lac Tekapo, certaines régions de l'île du Nord). Mais nous ne les avons pas vus, alors nous n'en dirons rien.

Difficulté
Presque toutes les routes sont goudronnées. Le pays est très montagneux et il y a donc pas mal de côtes et quelques cols. Mais rien d'infaisable.

Trucs dangereux ?
Les voitures sont le seul animal dangereux. Les gens ne conduisent pas très prudement, surtout les locaux.
Il n'y a par contre ni serpent, ni araignées.

Il y a bien UN animal super relou : les sandflies ! Repulsif obligatoire.


Voilà. En conclusion, un voyage à vélo en Nouvelle-Zelande, c'est top.