La Nouvelle-Zelande
Thursday, February 12, 2009 2:50:15 AM
L'arrivée sur Wellington s'est faite sans problème. Nos vélos étant a peu près propres, les douaniers se sont cette fois penchés sur notre tente, et l'ont brossée à qui mieux mieux pour faire partir la terre australienne.
- Vous voyagez avec un oiseau ?
- Non, pourquoi ?
- Il y avait beaucoup de plumes dans votre tente.
- C'est nos sacs de couchage...
- ah... alors c'est bon.
Un petit somme sur les banquettes de l'aéroport, et le réveil est dur : les femmes de ménage arrivent à 4h. Nous remettons donc nos velos en état de rouler, et nous voilà repartis, sous la pluie.
Heureusement, coup de génie, Hélène avait recuperé à l'aéroport un bon "50% sur les petits-dejeuners" valable dans un hôtel du centre. Apparement, implicitement ca voulait dire "si vous prenez une chambre". Sauf que c'était pas marqué et que nous on est plus du genre explicite... Du coup nous avons eu le droit au buffet continental à volonté pour 10€ à 2. Rien de tel pour se remettre du vol !
Un petit coup d'oeil au beau musée de Wellington : Te Papa, puis nous partons prendre le bateau pour Picton. L'île du Sud nous acceuille, ainsi que ses côtes sauvages.
Le lendemain matin il fait beau et nous prenons la route de Nelson. On peut difficilement se tromper, il ne part de Picton que 2 routes. Sauf que ce jour là, c'est Hélène qui a le plan et qui dirige la troupe. Résultat, au bout de 30km nous nous rendons compte que nous sommes sur la mauvaise route. Mais ce n'est pas de sa faute, "c'est les panneaux qui sont trop mal foutus". Coup de chance, la route que nous avons prise est très plate, très calme, et très jolie. Le retour aux pedales se fait donc en douceur.
Quelques jours plus tard, nous arrivons à St-Arnaud, petite ville au bord d'un lac magnifique et entourée de montagnes. On nous conseille d'y faire une randonnée de 3 jours jusqu'au pic Angelus. Petit soucis, il est 15h et nous n'avons ni sac a dos ni endroit pour mettre les vélos. De plus la randonnée commence à 1h30 de marche du centre ville et on aurait bien voulu partir le jour même pour gagner du temps. C'est à ce moment qu'on lance le générique de mission impossible et qu'après une courte prière au dieu des gens pas prêts nous nous élancons vers le Visitor Center. Nous y rencontrons Gabriella qui nous dit d'aller voir son copain Kerry qui travaille à quelques kilomètres de là dans un centre d'activité pour jeunes. Il aura peut-être un sac à dos pour nous. On va le voir, on papotte, on sympathise et Kerry nous loue un sac à dos pour 2€ par jour, nous propose de garder nos vélos en notre abscence et de nous déposer en voiture au début de la rando...inespéré !
Nous voilà donc partis vers Angelus. Et nous ne le regrettons pas, le chemin est magnifique, les montagnes ont encore un peu de neige à leur sommet et les rivières sont limpides. Le paysage nous rappelle la Corse, en peut-être encore plus beau. J'espère qu'aucun Corse ne va lire ça.
Aidés par notre entraînement de cyclistes, nous arrivons dans les premiers au refuge d'Angelus au 2eme jour de marche. Peu après arrivent un Papa et ses 2 enfants de 8 et 12 ans. Ceux-ci ont très peur d'un petit Coréen ronfleur qui était dans leur refuge la nuit dernière. Ils décident donc de prendre les lits a côté des nôtres. Hélène les prévient que moi aussi je ronfle pas mal. Pour les rassurer, je leur donne l'autorisation de me lancer des objets dessus. Les enfants aiment l'idée. Nous sympathisons donc avec eux et jouons aux cartes toute la soirée.
- ahh, les Francais gagnent cette partie... déjà qu'on leur a toujours pas pardonné le Rainbow Warrior...
- C'est quoi le Rainbow Warrior, papa ? C'est quand ils nous ont battu au rugby ?
- C'est pas ça fiston, mais c'est aussi un sujet délicat ...
Dans le refuge se trouve un groupe organisé "Active New-Zeland" avec leurs guides. Ils nous font beaucoup de peine, les enfants avec qui nous jouons paraissent plus matures qu'eux. Sous pretexte qu'ils payent leur séjour cher, ils débranchant leur cerveaux.
- mon thé est froid, je peux avoir de l'eau chaude ?
- on doit mettre quoi comme vêtements demain ?
- il faut mettre de la crème solaire ?
- Et on doit remplir les gourdes aussi ?
- Comment s'appelle le refuge oú nous sommes ?
La famille est tellement cool qu'ils nous invitent à venir dormir chez eux le lendemain.
Le matin, nous partons de bonne heure car nous voulons faire un petit détour vers le pic Angelus. Un allemand nous avait dit 1h aller 1h retour, mais il faut toujours se méfier des allemands. La ballade est magnifique. Nous y perdons une montre Decathlon et y trouvons une paire de Ray Ban, le bilan est donc neutre. Mais elle nous prend 3h30 facile. Du coup nous sommes un peu en retard car Kerry nous a dit qu'il restait au boulot jusqu'à 17h ... et il nous reste 6 heures de marche à faire. Nous marchons aussi vite que possible et arrivons super justes à la fin de la rando : il est 17h. Or il nous faut encore faire du stop jusqu'à la ville, c'est la crise. Nous arrivons au parking et tombons sur ... Kerry et Gabriella qui nous attendent en souriant. Nous tombons des nues... Comment savaient-ils que nous arrivions par ce chemin (il y en a 3 différents) et à cette heure là ?
Petit haussement d'épaule : "oh, bah en fait j'avais rien à faire aujourd'hui et j'ai vu ce que vous aviez marqué sur vos vélos, "Google us : F6-LN" alors j'ai trouvé votre blog sur Internet. Je parle pas Francais mais j'ai trouvé votre histoire de Spot et puis j'ai trouvé le lien qui donnait votre position. Du coup j'ai vu que vous arriviez par cette route là et on est venu vous attendre..."
La conclusion etait claire : nous avions un ange gardien !
Puis nous parlons longuement de voyages, de rando, de sport. Kerry ne paye pas de mine mais c'est en fait un extra-terrestre. Il fait des courses par équipe et c'est du genre : "on commence par 78km de VTT, puis on court 47km jusqu'au mont machin d'oú on part pour 40km de canoë. La on refait 100km de vélo, puis on recourt 30km, et blablabla ... En tout on fait 650km quasi non-stop en faisant des micros sommes de 20 minutes." Et puisqu'on y est, il nous vend un sac à dos pour nos prochaines rando à 25€ et nous indique toutes les meilleurs rando de Nouvelle-Zelande.
Le soir nous nous rendons chez nos amis du refuge. Le lendemain matin, c'est concours d'avion en papier avec les enfants. Encore une fois le papa ne manque pas d'humour sur les "frogs" : "nez pointu, construction française et ça se crashe, ça doit être un concorde !".
Et puis finie la rigolade, nous remettons les voiles vers la côte ouest. La fameuse côte ouest oú il pleut, il vente, mais qui est si belle...et nous ne sommes pas déçus. Nous sommes acueillis par des pluies torrentielles... Et des sandflies par milliers.
Alors une sandfly, c'est un petit moucheron, plus petit qu'un moustique, qui s'écrase assez facilement. Sauf qu'ils arrivent par paquets de 50 et que les répulsifs ne marchent qu'à moitié. En gros, c'est chiant et ca gratte vachement. Selon les Maoris, elles auraient été créées par une divinité pour empêcher les hommes de se laisser étourdir par la beauté du paysage. C'est une version plus philosophe.
Notre descente de la côte s'est très bien passée. Il a finalement fait beau et nous avons pédalé plusieurs jours à plusieurs, avec Murray l'Australien et Shaha l'Israelien. C'est d'ailleurs assez rigolo, phénomène de mode, la Nouvelle-Zelande est immensément populaire chez les Israeliens et on en croise en permanence.
Nous avons vu des glaciers, de la rain forest à gogo avec ses lianes et ses fougères luxuriantes, des cascades par milliers, des rivières aux eaux étonnement bleues turquoises, des arcs en ciels, des sommets enneigés, des grottes... Génial.
Petite mention spéciale au Backpacker de Hari Hari, le "Wildeside". L'eau de la douche y est chauffée au feu de bois, on y écoute de la musique avec des vieux vinyles tout gondolés, et les proprio valent le détour. Ces jeunes parents sont des écolos de première, produisent leur nourriture eux-mêmes, ont des bêtes, des arbres, un potager et des ruches. Ils construisent tout à partir de matériaux recyclés. Le résultat est unique et vraiment sympa. Nous les avons beaucoup aimé.
Nous avons quitté la côte à Haast en passant par la Haast pass. Ce col, nous ne sommes pas prêts de l'oublier tellement il nous a fait souffrir ! Sous une pluie diluvienne, les quelques kilomètres ultra pentus nous ont paru une épreuve insurmontable... Il faut dire que nous étions déjà mouillés de la veille et qu'avec un déjeuner passé à combattre les sandflies dans le froid, nous n'étions pas au top du moral pour aborder ce col qui ne monte pourtant qu'à ... 562 mètres !
De l'autre côté, nous arrivons à Makarora et retombons une fois de plus sur notre bon Murray. C'est la dernière fois qu'on l'a vu. C'est qu'à force de se dire adieu tous les jours et de se retrouver au même camping le lendemain, on finit par croire que ça va durer pour toujours... Eh en fait non.
De là, nous repartons pour une rando de 3 jours en montagne, cette fois-ci un peu plus costaud. Pour mettre en jambe, elle commence par une traversée de rivière. De l'autre côté on y trouve une radio pour appeler un bateau si l'eau monte trop pour pouvoir revenir à la civilisation (genre Into the wild). Et nous voilà partis pour 3 grosses journées, toutes magnifiques. On a pris beaucoup de photos, elles sont dans notre album Nouvelle-Zelande. Il y a dans ce pays des randonnées "star" que tout le monde veut faire. Du coup elles coutent cher et il faut réserver des mois à l'avance.
Et puis il y en a des dizaines inconnues au bataillon et tout aussi belles : nous en avons eu plein les yeux et en 3 jours de marche nous n'avons croisé qu'un seul couple ! Par contre l'organisation fait sourire : après avoir re-traversé la rivière, le retour à la route se fait en traversant des champs entourés de clôtures électriques ! Ça rajoutte du piment au saute-clôture...
De retour sur nos montures, nous atteignons Wanaka oú nous degottons 2 merveilles :
- primo, un compteur de vélo qui fait altimètre, thermomètre et cardiofréquencemêtre. Ça ne vous fait pas rêver ? C'est normal ! Mais faites quelques heures de vélo par jour pendant 6 mois et vous verrez que vous ne rêverez plus des mêmes choses... Hélène me l'offre pour mon anniversaire et je suis tout fou avec mon nouveau gadget. Mon nouveau jeu, voir quelle est ma fréquence cardiaque minimale. Pour l'instant, j'arrive pas à passer sous les 54... Mais je suppose que ça ne vous fait pas rêver non plus ?
- deuzio, le meilleur Cinema du monde. Petit cinema, une seule salle, un concept : comme à la maison. En guise de siège, des gros canapés confortables où l'on s'avachit avec délice, et à l'entracte, vente de cookies maison qui sortent juste du four ! Oui, il y a un entracte car ils n'ont qu'un seul projecteur et doivent changer de bobine en cours de route. Ça ne fait que rajoutter au charme !
Nous reprenons la route et vient le temps des rencontres amusantes. D'abord Mireille et Gilles, deux Francais à vélo. Gilles est un gros pédaleur puisque ça fait 10 ans qu'il visite le monde sur 2 roues en ne travaillant que quelques mois par an. Son secret : il coupe des sapins en Norvège 2 mois par an pour Noël, ce qui est apparement très bien payé. En plus de cela, il va avec ses collègues 3 fois par semaine faire ses courses dans les poubelles des super marchés. Apparement là bas c'est interdit, du coup personne ne le fait et ils y trouvent des merveilles. Ah bon...
C'est sûrement à mettre en parallèle avec ce que nous avons lu dernièrement : en Europe, un quart (!) de la nourriture produite part à la poubelle. Gilles nous apprend également qu'en France, les supermarchés mettent des grilles à leurs poubelles ou bien passent tout les produits à l'eau de javel avant de les jeter pour les rendre inconsommables.
A suivre ...






