Archive: July 2009

Un beau jour de pluie

En nous réveillant hier matin, nous entendions le doux bruit de la pluie sur la toile de tente.
Dans ces cas-là, nous sommes souvent heureux, car c'est un bon prétexte pour rester au « lit » plus longtemps. A l'intérieur, il fait chaud et nous sommes douillettement installés parmi sacs de couchages, matelas et oreillers.

Nous avons donc décidé d'attendre que la pluie se calme. Nous avons lézardé, puis avons pris le petit-déjeuner à l'intérieur : thé, œufs brouillés, céréales avec lait en poudre, abricots et pain au sirop d'érable.
Ce n'est pas toujours aussi luxueux, je vous rassure.

Une fois ce délicieux repas avalé, il a fallu se rendre à l'évidence : le brouillard était épais et la pluie n'allait pas s'arrêter de sitôt. Il a donc fallu tout plier sous la pluie, ce qui est chose désagréable.

Vers 10h30, nous étions enfin prêts a partir. Francis est allé demander au jeune qui nous accueillait dans son jardin s'il avait des sacs poubelles pour protéger la guitare. Il a ouvert en caleçon, et s'est exclamé : "Tiens, il pleut !".

Nos Gore-Tex déjà pas mal mouillés, nous sommes partis. Nous avions prévu d'aller jusqu'à Sainte Anne des Monts, à environ 75 km. Mais au bout de 5 km, l'eau commençait déjà à percer et à mouiller ma chemise. Avec le temps, tous nos vêtements sont devenus humides. Et les coups de vent nous faisaient frissonner.

Nous avons pédalé 40km jusqu'au prochain village avec le vent de face. Nous sommes arrivés vers 14h pour déjeuner et avons commandé une grosse poutine et un thé chacun.
C'était tellement bon ! Quand on est mouillés comme des poules, on apprécie tout ce qui est chaud et qui se mange.

Évidemment, il a fallu remettre nos vêtements mouillés et repartir dans la pluie.
La poutine avait produit tellement d'énergie que nous n'avions plus froid, malgré le vent toujours bien présent et la pluie (un peu plus fine quand même). Mes pieds faisaient "floc" dans mes chaussures pleines d'eau à chaque coup de pédale, mais ça m'était égal.

Nous avons résolu de dormir au chaud le soir, après 65 km seulement, histoire de permettre à nos affaires de sécher. C'est la seule nuit où nous avons payé pour dormir pendant tout notre trajet canadien !

Rien de mieux qu'une journée de pluie pour apprécier une soupe, un thé, une douche et tout simplement un toit. Tout ça pour dire qu'un jour de pluie ou on est au chaud et au sec est un beau jour de pluie.

Et si ça ne suffit pas à vous redonner le moral, essayez les lunettes à verres oranges : vous verrez la vie en rose...

Québec, hydro-électricité, activité forestière et autochtones

Lors de notre voyage à vélo au Québec, nous avons rencontré Damas, qui nous a gentiment invités à planter la tente dans son jardin. Il dirige une entreprise forestière. Celle-ci coupe et plante des arbres dans le Nord du Québec. Nous avons longuement parlé avec lui des divers problèmes lies à cette activité. En voici un petit résumé.

La société Hydro-Québec a le monopole de l'électricité au Québec, et c'est une société d'état très influente qui génère des bénéfices énormes. Comme son nom l’indique, l’essentiel de son activité tourne autour de l’hydroélectricité.

En plus de très nombreux barrages existants, de nouveaux barrages sont prévus (comme sur la rivière grande baleine) pour répondre à la demande croissante en électricité. Récemment, la région de l'Ontario avait examiné un projet de centrale nucléaire, mais les prix étant considérés comme trop élevés, elle a demandé à Hydro-Québec de lui fournir de l'électricité.

Lorsque les Français sont arrivés au Québec, ils ont trouvé que la présence des Indiens sur les terres qu’ils venaient de « découvrir » était plutôt gênante. Ils ont donc fait comme les Anglais en Australie, en Nouvelle-Zélande, et aux USA, et comme les Espagnols en Amérique du Sud : ils les ont chassé vers les terres les moins hospitalières. Pour le Québec, ca veut dire le grand Nord.

Et puis comme d’habitude, ces terres qui n’intéressaient personnes sont tout d’un coup devenues extrêmement intéressantes. Au Québec, la richesse résidait dans les innombrables cours d’eau qui peuvent être transformés en source d’énergie. L’énergie hydroélectrique a la réputation d’être propre et renouvelable, ce qui est en partie vrai, surtout si on la compare à une centrale au charbon.

Malheureusement, les populations autochtones vivant dans le Nord du Québec semblent affectées de ce regain d’intérêt dans le mauvais sens du terme. Les terres qui leur ont été affectées sont classées par niveaux :

Niveau 1, elles sont à eux uniquement.
Niveau 2, elles sont à eux, mais le gouvernement du Québec peut les exploiter.
Niveau 3, elles sont au Québec.

Les autochtones qui habitent dans les zones concernées par les installations hydroélectriques, souvent autour de la baie James, sont essentiellement des Cris. Ils sont peu éduqués, les anciens parlent surtout leur langue autochtone, tandis que les jeunes parlent beaucoup l'anglais. En d’autres termes, face à une entreprise de la taille d’Hydro-Québec, et des intérêts financiers en jeux, ils sont plutôt mal armés.


Et une fois de plus, ils deviennent gênants aux yeux des entrepreneurs. Le gouvernement tente donc de leur racheter des terres, fait des échanges et passe des accords avec eux. Les Cris en tirent, sur le papier, beaucoup d’argent.

Sur le papier car les Cris, qui habitent sur des réserves, sont aux yeux de la loi, non solvables. Ce qui parfois les arrangent. Par exemple s’ils ont des dettes, personne n’a le droit de leur réclamer l’argent. Le côté négatif, c’est que bien sur personne ne veut leur vendre quoi que ce soit.

Ils ne peuvent donc pas faire exploiter eux même les richesses de leurs terres, comme ils ne peuvent pas se payer d’avocats pour se défendre face au gouvernement du Québec. Les avocats qui les défendent font partie du gouvernement, ce qui laisse à douter de leur efficacité quand il s’agit de se battre contre celui-ci !

Chaque fois qu’une tribu veut dépenser son argent (payer une formation, acheter des ordinateurs), une commission est chargée de valider leurs demandes. Cette commission est payée sur l’argent des Cris. Toujours selon Damas, elle s’amuse donc à faire faire plusieurs allers retours au dossier, afin qu’au final, deux fois la somme d’argent demandée par les Cris parte dans la poche de cette commission en « frais de dossiers ».

En gros, on donne beaucoup d’argents aux Cris pour leurs terres, puis on en récupère les deux tiers par la suite.

Et enfin le grand classique : les représentants des Cris chargés de négocier avec Hydro-Québec sont amenés dans des hôtels de luxe, sont invités à jouer au golf et reçoivent des cadeaux, pendant que sur le terrain les travaux avancent aussi vite que possible afin d’éviter toute contestation.

Pour les installations hydroélectriques, des vallées entières sont transformées en lacs. Des rivières gigantesques sont déviées de leurs cours. Damas nous a expliqué que lors de la construction d’un barrage, il faut normalement couper les arbres qui seront immergés, mais que cela coute trop cher. Il en résulte la production de mercure par l'arbre qui pourrit. Les autochtones boivent l'eau de ces rivières et y pêchent... Les nouveaux nés Cris naissent apparemment souvent avec un taux de mercure très élevé dans le sang.

Comme Damas travaille avec des Cris, il nous a expliqué que ceux-ci sont encore très différents de nous. Ce sont selon lui des "ours déguisés en hommes", ils passent des heures à se gratter (il y a beaucoup de bébêtes dans le Nord), ils mangent les fruits des bois sans trop regarder quelles bêtes les habitent, ils dorment tout l’hiver, n'aiment pas qu'on leur fasse un reproche (notre ami les évite, car il dit que sinon, ils boudent pendant 3 jours), et ne connaissent pas trop les montres et emplois du temps. Apparemment, ils arrivent parfois pour travailler vers 16h. Mais quand ils sont lancés, rien ne les arrête.

Ils respectent aussi beaucoup les décisions des ancêtres et il faut parfois longtemps avant que les centenaires aux sens diminués puissent comprendre de quoi il est question et donner leur avis.
Et puisque l’histoire se répète sans fin, des mines d'or ont été trouvées assez récemment en territoire Cri de catégorie 1. Encore des territoires qui jusqu'à pas très longtemps n’intéressaient personne. Du coup le gouvernement songerait à modifier la classe de ces territoires et à les passer en catégorie 2, en échange d'autres terres. Mais les terres offertes n'ont pas d'accès à la mer, et les Cris y sont opposés.

Les populations sont d'environ 22000 Cris et 36000 Inuits au Québec, pour une population de 7 millions d'habitants. Voilà pourquoi "l'intérêt général" passe avant, et celui des populations autochtones, là-bas, dans leur grand Nord, passe après.

Autre événement qui nous a beaucoup étonné : tout au long de notre parcours le long des grands lacs, les gens que nous rencontrions nous parlaient avec fierté de leurs inépuisables réserves d’eau. « Ici l’eau, on en a autant qu’on veut, elle coute rien ». Beaucoup ont des piscines, encore plus ont de gigantesques pelouses. Et vu la taille des lacs, franchement on les croyait.

Sauf qu’en fait, notre Damas, qui décidément en sait long, nous a dit qu’une énorme rivière du Québec va être très prochainement détournée vers ces grands lacs pour compenser leur baisse rapide de niveau !

Si le sujet vous intéresse, vous pouvez lire les articles suivants :

http://www.ledevoir.com/2007/01/12/127186.html
http://routebaiejames.com/hydro/index.html

«Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, alors vous découvrirez que l'argent ne se mange pas.» (Proverbe des indiens Cris du Canada).

Allez, on continue la critique….

Dans le Nord du Québec, l'activité forestière est très importante. Jusqu'à récemment, les entreprises pratiquaient la coupe franche. Depuis peu, une loi interdit de couper les arbres a quelques mètres autour des lacs, car ceux-ci protègent les berges et évitent l’érosion.

Parfois, Damas plante des arbres après une coupe et les compagnies lui disent de ne surtout pas planter autour des lacs. Du coup Damas leur pose toujours la question (même s’il connaît la réponse), afin qu’ils s’entendent eux même répondre. « Car ce sont des arbres que nous n'aurons pas le droit de couper plus tard. » . Alors il les plante quand même, mais en cachette.

Il paraît qu'en avion on peut ainsi voir de grands espaces en friche avec seulement une petite collerette d'arbres autour des lacs.

Les compagnies coupent les forêts d'origine et replantent généralement des épinettes pour faire de la pâte a papier. Une fois, notre ami passe devant une zone abattue, avec celui lui, environ 50 000 beaux arbres (des merisiers) gisant à terre, abandonnés. Il s'arrête pour en prendre comme bois de chauffage, mais se fait interpeler par des gars qui lui disent que c'est une propriété privée. Il leur dit que ce bois est abandonné et que c'est dommage ; on lui répond que ce n'est pas ses affaires. Les entreprises en question ne veulent surtout pas que tout le monde sache leurs pratiques !

Jusqu'à présent, les Inuits qui vivent encore plus au Nord, étaient apparemment assez tranquilles. Mais avec la fonte des glaces, ils doivent s'adapter et modifier leurs habitudes de vie. On leur fournit des céréales pour compenser et d'autres produits alimentaires occidentaux, mais eux qui étaient habitués à pêcher et manger du poisson cru grossissent beaucoup et sont atteints de diabète. C'est également vrai pour les Cris il semble.

Comme nous nous demandions ce que Damas portait comme vêtements quand il va bucheronner dans le Nord, il nous a dit qu'il superposait les vêtements techniques, plus légers que les fourrures et autres vêtements traditionnels.

Mais il parait que les vêtements traditionnels Inuits sont faits de peaux de phoque et sont très étanches. Au point qu’ils peuvent survivre plusieurs dizaines de minutes s'ils tombent dans les eaux glaciales du grand Nord, ce qui est un véritable exploit.

Et dernière nouvelle étonnante, la fonte des glaces du pole Nord a également fait germer l'idée de créer une route maritime directe entre la Russie, les USA et le Canada, ce qui ferait gagner beaucoup de temps aux bateaux. Des brise-glaces géants en construction au Canada seront chargés de casser tout ce qui empêche les bateaux de passer au nord du Canada et de la Russie. La Russie a même envoyé un sous marin de poche planter un drapeau Russe sur le pole Nord, au fond de l’océan, afin de marquer son territoire…encore une zone qui jusqu'à présent n’intéressait personne et qui devient tout d’un coup centrale !

Depuis que nous voyageons à vélo, les Canadiens que nous rencontrons sont fiers de polluer peu grâce à l'hydroélectricité. Mais comme il nous semblait avoir vu qu'ils étaient les 2e plus gros pollueurs mondiaux en termes d'émissions de CO2 par habitant et par an, nous sommes allés vérifier. Et c'est bien le cas (après les États-Unis et avant l'Australie).Avec seulement 30 millions d'habitants, ce sont les 7e plus gros pollueurs mondiaux en termes d'émissions de CO2 totales.

Un Canadien émet en moyenne 20 tonnes de CO2 par an, un Américain 20,6 et un Français 6. Un indien d’Inde 1,2 (selon Wikipedia). La planète peut en absorber jusqu'à 1,7… alors il va falloir que tout le monde se mette aux économies d'énergie !


Surf sur canapé et douche chaude

Il n'y a pas de secret, voyager c'est comme le reste, ça s'apprend. Et c'est très dernièrement que nous avons découvert, émerveillés, le réseau "Couchsurfing" et son petit frère "warmshowers".
Bien sûr, nous avions entendu parler du principe : des gens prêts a accueillir chez eux des inconnus de passage. Mais ça ne nous était jamais venu à l'esprit d'essayer.

Jusqu'à Wim et Hanlie, nos co-pédaleurs Sud-Africains. Car en arrivant ensemble à proximité de Cincinnati, nous avons vu la différence d'organisation.
Il faut savoir que la ville à vélo, c'est jamais la fête : on pédale dans la circulation et une nuit, que ce soit en camping ou en hôtel, coûte cher.

Sauf que nos amis, eux, avaient prévu l'escale un peu plus en avance que nous. Ils avaient contacté une certaine famille Eckler sur le site Warmshower (hospitalité pour cyclotouristes). Ils leur téléphonent donc et leur demandent si 2 frenchies supplémentaires seraient les bienvenus. La réponse est oui.

Nous passons donc au supermarché acheter quelques douceurs en guise de cadeau et nous nous rendons chez les Eckler (à la vitesse de ..?).

"Ah, voilà les cyclistes !"
Donna nous accueille. Elle vit dans sa maison de 3 étages avec son fils et ses parents. Ils ne font pas de vélo mais aiment les cyclos et leurs histoires. Ça papotte un bon moment avant ... de passer à table. Car sur Warmshower, les gens disent ce qu'ils proposent au cycliste de passage : du bout de jardin où planter la tente jusqu'à la chambre privée et repas offerts !

Nous restons 2 nuits chez nos adorables hôtes qui nous font goûter à toutes les spécialités de Cincinnati. Et nous devons reprendre la route un peu à reculons.
Le bilan est vite fait : au lieu d'une micro chambre d'hôtel impersonnelle ou d'un camping bruyant et cher, nous rencontrons des gens sympas, acueillants et surtout, du coin !

Aucune hésitation : nous nous inscrivons sur le site illico. Il est bien précisé aux nouveaux qu'il est souhaitable, s'ils se font accueillir par des gens, qu'à leur tour, un jour, ils accueillent des cyclistes chez eux. Ça paraît honnête, on s'inscrit.

Et peu de temps après, nous avons l'occasion de renouveller l'expérience, puisque nous arrivons à portée de pédale de Toronto. Nous contactons Sandrine qui habite dans le centre ville et qui est une passionnée de vélo. Elle nous dit que nous sommes les bienvenus dans son salon et que sa collocataire a donné son feu vert.

Quelques jours plus tard, nous arrivons sur place vers 20h. La porte de l'immeuble est fermée à clef. Ah, ça c'était pas prévu. Au bout de 20 minutes quelqu'un sort, nous nous faufilons à l'intérieur et sonnons à l'interphone. Personne.
On commence à se dire qu'on s'est peut être emballé un peu vite sur ce site. Il commence à faire nuit et le quartier n'est pas des plus rassurants. En face un club pour gentleman se vante sur sa façade d'avoir les filles les plus cochonnes de Toronto. Un foyer pour sans abris un peu plus haut sur la rue donne à l'ensemble une ambiance de cour des miracles.
Au bout d'une heure, au moment où l'on commençait à désespérer, arrive Michelle, la colloc de Sandrine. Et nous sommes rassurés, le courant passe tout de suite. Elle nous aide à monter notre bardas et est vraiment sympa : " Alors voilà vos clefs de l'appart, la salle de bain est là, les serviettes propres ici, faites comme chez vous et vous pouvez rester plusieurs jours."
Nous sommes épatés. On ne se connaît même pas et nous sommes reçus comme des amis !


Au cours des jours suivants, nous continuons à apprécier tous les avantages du système: Nous leur faisons des crêpes et du clafoutis aux cerises, nous rendons visite à Michelle au marché où elle travaille, nous allons boire un verre avec Sandrine. Elles nous indiquent les bons trucs à faire en ville et nous conseillent entre autre de nous inscrire sur le site de couchsurfing dont le réseau est plus développé que celui de Warmshowers. Ce que nous faisons.


Nous récidivons dans toutes les villes que nous traversons. Nous sommes accueillis par Nicholas et Jackie à Kingston pour une nuit et allons au restaurant ensemble. Puis par Marc-André et Marjorie à Montreal chez qui nous restons deux nuits. Chaque fois c'est le même plaisir de découvrir des gens sympas, curieux et qui aiment voyager. Ils ont tous profité du couchsurfing pendant leurs voyages à droite à gauche et veulent une fois rentrés chez eux faire pareil pour les autres. La devise du site : " Rendre le monde meilleur, un canapé à la fois". Et on est en plein dedans.

Tout est basé sur la confiance et le site fait tout en ce sens : les membres votent les uns pour les autres, se laissent des appréciations, mettent des photos et des détails personnels. Tout cela recoupé fait que l'on contacte des gens avec qui l'on pense bien s'entendre. Et ça marche bien.

Marc-André et Marjorie revenaient tout juste d'un beau voyage de 9 mois en Europe et en Afrique, dont 3 mois de vélo... Alors forcément, on a beaucoup à partager et à se raconter !


J'écris ces lignes depuis le canapé de la famille Dufour dans la ville de Quebec. Nous avons contacté Madeleine 21 ans qui revient d'un voyage en Europe et au Maroc. Elle et sa famille nous accueillent pour 2 jours. Nous devions rester une nuit mais hier, après 40km de vélo, Madeleine nous a fait visiter toute la vieille ville, puis nous sommes allés dans un resto dont la serveuse est une amie à elle, puis dans un (excellent) bar de chansonnier. Le principe de ce genre de bar est simple, un gars avec sa guitare chante des chansons populaires, et tous les gens autour, plus ou moins soûls chantent avec lui et crient entre 2 chansons celle qu'ils ont envie d'entendre. Que du bon on vous dit !

Résultat, dodo à 2h du mat, ce qui a compromis nos chances de départ matinal le lendemain...

Parfois il nous arrive de pousser un petit soupir de regret en pensant à toutes les auberges de jeunesses bruyantes où nous avons dormi... Sans parler du prix qu'elles coûtent dans les villes touristiques. Mais voyons surtout le bon côté : ça a transformé notre voyage au Canada. Et nous sommes impatients de rendre la pareille aux voyageurs de passage... dès que nous aurons une maison plus grande qu'une tente 3 places.

Quelques videos ...

Tentatives de ricochets sur le lac Erie (USA)







Et une petite video de notre tour en bateau aux pieds des chutes du Niagara (Canada)

Comment Francis a failli se faire descendre !


Nous voyagions avec nos 3 amis Wim, Hanlie et Dereck. En arraivant dans une petite ville du Kentucky, je demande à une dame si l'on peut mettre nos tentes pour la nuit sur un carré de pelouse en face de chez elle. Elle me le déconseille car le terrain appartient à une école et qu'ils risquent de nous chasser à l'aube, mais nous propose de les planter sur sa pelouse.

Nous dinons ensemble sous l'abris d'un stade municipal. Francis cherche les toilettes municipales dont la dame nous a parlé. Il essaye une porte mais elle est fermée : ce ne doit pas être là. Tant pis, il abandonne.

Le lendemain, un policier vient poser des questions à nos amis sud-africains. Ils leur demande ce que nous faisions la veille près du stade. Des gens nous ont vu et ont signaler notre presence a la police. Il repart, satisfait des reponses donnees. "De toute les facon c'est un espace public, je n'ai rien a vous reprocher".

Puis il revient un quart d'heure plus tard. Nos amis sud-africains lui font coucou, mais il leur dit que ce n'est pas à eux qu'il souhaite parler, c'est au grand la-bas. Il vient voir Francis et lui demande pourquoi il a essayé de rentrer dans la maisonnette près du stade. Francis répond qu'il cherchait des toilettes. Le flic réplique que cette maisonnette est une propriété privée, que quelqu'un l'a vu tenter d'ouvrir la porte et l'a appelé. Francis dit qu'il a juste tourné la poignée et qu'il est parti en voyant que c'était fermé.

Le flic termine en disant qu'il est gentil et qu'il accepte de nous croire pour cette fois, mais qu'il faut qu'on fasse attention car il aurait pu tirer sur Francis pour avoir tente d'ouvrir cette porte.

Du bluff bien sur..., mais pas rassurant !