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De Puerto Chacabuco à Puerto Montt en passant par l'île de Chiloe

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Arrivés à Puerto Chacabuco, il fait tout juste nuit. Nous achetons nos billets de bateau pour rejoindre Quellon, au sud de l'île de Chiloe, puis allons faire cuire nos pâtes sur la plaza de Armas, toute vide.

Nous cherchons ensuite un lieu chaud pour attendre notre bateau, car le départ a été retardé de 23h à 3h du mat. Nous faisons le tour des bars de la ville (c'est vite fait), mais tous ferment à 22h. On nous dit que le seul endroit ouvert après 22h est un hôtel situé un peu plus haut. Nous allons y jeter un coup d'oeil car il fait vraiment trop froid pour rester dehors.

Nous arrivons devant un grand bâtiment luxueux. C'est à se demander comment il a pu arriver dans cette petite ville ! Francis est sceptique, mais je rentre et la dame nous répond qu'il n'y aucun problème et que nous pouvons attendre ici notre bateau. Nous nous posons au coin de la grande cheminée, commençons à lire et voyons arriver ... Ben ! Qui nous dit qu'il y a billard et internet gratuit à l'étage et que plusieurs autres cyclistes attendent le bateau en buvant des bières. Bien sûr, nous lui emboitons le pas, et notre attente devient paradisiaque.

Le bateau finit par arriver. Et, pour ceux qui suivent, le dernier ne nous avait pas trop réussi. Alors, cette fois, nous sommes arrivés blindés. On nous avait dit que quand on commence à se sentir mal, il faut manger, et ne plus s'arrêter. Nous sommes donc arrivés avec de quoi manger pour 10 jours, et au moins 5 kg de sucreries : du coca, des gâteaux, du dulce de membrillo (pâte de coin, dessert national), du chocolat et autres produits hautement caloriques.

Et nous avons été hautement "déçus". Par la mer d'abord : cette fois nous n'étions pas sur un lac et pourtant la mer, la vraie, est restée toute plate, ou presque. Puis par le bateau, qui n'a pas bougé.

Et quel luxe ! Il y avait même une douche avec de l'eau chaude. Pour environ 5 euros de plus, nous avons choisi de passer d'un siège au confort d'une cabine avec couchette. Il faut savoir tout de même que la traversée coûte 14000 pesos pour un chilien quand elle en coûte 35000 pour un étranger (pour le même service).

Nous nous sentions si bien sur ce bateau que nous avons installé un tripot de coinche à bord, avec nos célèbres partenaires de jeu, j'ai nommé Ben et Cot.

Et lorsque le bateau a commencé à rouler légèrement, nous sommes allés nous coucher. J'ai aussi encore perdu une partie d'échecs face à Francis, mais on passera ça sous silence.

Censés arriver a 5h du mat après 26h de voyage, nous arrivons dans la baie de Quellon vers 7-8h. Là, ils ont debarqué tous les passagers Chiliens dans un petit bateau, et les cyclistes étrangers sont restés à bord jusqu'à midi. Pour cause de marée basse, de parking portuaire embouteillé ou autre raison de marin d'eau douce. Comme l'équipage n'avait rien à faire, ils ont essayé de mettre un canot de sauvetage à la mer. Et ce n'était pas une mince affaire !

Une fois debarqués et après 35 heures de bateau, nous finissons à 8 cyclistes dans un boui-boui sur le bord de mer, où nous mangeons du merlu, un alcoolique local nous ayant deconseillé le saumon qui serait contaminé. Car, à Chiloe, ce n'est plus boeuf à tous les repas, mais poisson à tous les repas. Frit ou grillé, c'est saumon ou merlu.




Nous repartons sur la belle route goudronée, puis optons pour la piste de bord de mer : encore du ripio (gravier) ! Oui, j'ai un peu maudit Francis d'avoir insisté pour qu'on passe par là à la centième montée caillouteuse de la journée.




Un peu mais pas trop, car nous dormons dans un joli petit village au bord d'une rivière et découverons Quemchi, magnifique village de pêcheur qui, bien qu'étant au niveau 0, est un magnifique certes, mais insupportable parcours de montagnes russes. Le resto du port est à la hauteur, et j'accepte donc de continuer sur la piste de bord de mer plutôt que de rejoindre la route bitumée.
Après ce bon repas, nous repartons, pour vite nous arrêter : Francis trouve un super spot sur la plage de Lliuco : du soleil, les Andes en fond, un peu de guitare et de bon vin, et puis des dauphins qui sautent de partout. Que demander de plus ?


Nous observons les locaux faire des allers retours entre la plage et leur champ avec leurs boeufs pour aller ramasser les algues qui servent d'engrais pour pommes de terre.

Le matin nous retrouvons Ben et Adeline sur la piste, et nous nous dirigeons tous vers Chacao, d'où partent les bacs pour rejoindre la terre ferme.



Nous déjeunons à Manao, où les écoliers nous font un acceuil d'enfer. En voyant les velos, ils sortent tous de l'école en courant, poursuivis par leur enseignant qui leur demande de rentrer. Il finit par céder et leur accorde une pause. Ils viennent essayer nos vélos, l'un d'entre eux a des verrues plein les mains et des carries plein les dents. Beurk.
Puis leur prof vient nous parler. Un peu âgé déjà, il nous dit en avoir un peu marre des enfants et souhaiter créer une école de musique traditionnelle locale, lui étant accordéoniste. Il fait la classe à 13 enfants de 4 a 11 ans. Il nous fait visiter son école, un vieux bâtiment en taule, mais qui contient 3 ordinateurs flambants neufs.
L'un des enfants attrape on ne sait comment un colibri et nous l'apporte fièrement. Il peut l'être, ces oiseaux sont tellement rapides qu'il est difficile de voir plus qu'un éclair coloré quand ils passent à proximité. Il ouvre sa main et l'oiseau disparaît en une fraction de seconde.



Quand nous embarquons enfin sur le bac, nous sommes étonnés par le nombre d'otaries qui nagent autour de nous. Il y en a partout !

Plus qu'une soixantaine de kilomètres et nous arrivons à destination : Puerto Montt nous acceuille. Et Yolanda dans son auberge qui coûte 5000 pesos (6 euros) par personne, petit dej' inclus.



Ce port bouillonne d'activité le jour, et se calme la nuit. Tout le monde nous dit qu'il est dangereux (peligroso) de se promener la nuit. Au port, nous trouvons une super cantine : poisson, crustacé, petits pains frits accompagnés de la rougaille locale pour 3000 pesos. On en redemande.

Mais s'il est facile de trouver à manger, il est beaucoup moins facile de trouver des cartons pour embaler des vélos. Nous finissons donc par amalgamer petits cartons sales, scotch de déménagement, papier bulle (va demander ça en espagnol !) et duct tape pour faire quelque chose d'assez solide, bien que beaucoup moins présentable que d'habitude
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Nous devons nous séparer de nos inséparables amis Ben et Adeline, nous dirigeant tous vers le Nord et le soleil, eux vers Santiago en bus, et nous vers Mobile en avion. Bon vent aux salanchards !

Et en vol pour les Estados Unidos !