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Patagonie et Carretera Austral à vélo

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Vu de France, organiser un trajet à vélo en Patagonie est embrouillant. Il faut prendre des bateaux, passer des frontières, et les sources d'informations ne sont pas toujours d'accord entre elles. Voici notre vision de la réalité.

Quand y pédaler ?


Sur ce point les sources concordent : la Patagonie est très au Sud. Alors la meilleur saison est claire : janvier-février. Pour notre part, nous sommes arrivés fin février à Punta Arenas et sommes repartis fin avril de Puerto Montt. Il est donc possible d'y aller légèrement hors saison, mais ça veut dire plus de pluie et de froid. Même en plein été, il ne fait jamais très chaud. Nous avons eu des températures jusqu'à 20 degrés les beaux jours et des nuits bien en dessous de 0.

Notre itinéraire

Arrivant tard dans la région, nous avons décidé de partir du Sud et de remonter. Voici un petit descriptif de notre itinéraire :

Départ de Punta Arenas (chili), où il n'est pas difficile de trouver un hôtel pas cher. Direction Puerto Natales, situé 250 kilomètres au Nord sur la route 9. Il n'y en a qu'une, on peut pas se tromper. Un petit ravitaillement sur la route entre les 2, à Villa Tehuelches. Evitez le poisson en boite, vous seriez déçus. Position : ICI
Il faut donc quand même prévoir de la bouffe en conséquence.


Petite option possible : à cet endroit vous pouvez prendre la route de terre qui part sur la gauche et qui rejoint la route 9 à Villa Tehuelches justement. Ça rallonge et c'est une route de terre mais c'est beau et plein de Nandus.

Arrivés à Puerto Natales, amateurs de randonnée, une pause s'impose. Torres del Paine est un site exceptionnel. On ne ment pas, vous pouvez aller voir les photos de notre album "Patagonie". Sauf que c'est assez loin de Puerto Natales et qu'il n'y a rien sur place, a part de grosses côtes pentues comme on les aime.


Nous avons donc laissé nos vélos à l'hôtel Erratic Rock (que nous vous recommandons chaudement) et sommes partis en bus faire nos 5 jours de rando. Erratic Rock vous donne toutes les informations nécessaires si vous voulez marcher là-bas.

Ceci étant fait, il faut maintenant passer en Argentine, car il n'y a plus de route au Chili. Direction El Calafate et son fameux glacier.

Il y a plusieurs route pour passer en Argentine, nous avons choisi d'aller vers Rio Turbio pour rejoindre la mythique Ruta 40. Bonne nouvelle, les Argentins sont moins pointilleux que les Chiliens sur l'importation de produits frais. Chargés de 5 jours de nourriture, ça nous aurait fait de la peine de tout jeter. Après Rio Turbio, il n'y a plus grand chose jusqu'à El Calafate, prévoir donc en conséquence. Petit détail, sur Google, la route semble ne pas aller jusqu'à Rio Turbio et s'arrêter à la frontière. Dans le monde réel ce n'est pas le cas.


Ici encore un autre choix vous guette : à cet endroit la Ruta 40 se transforme en route de terre. Ou bien vous la prenez et c'est plus court, ou bien vous continuez sur la route goudronnée 7 et c'est plus long. Au point que je viens d'indiquer, vous pouvez demander de l'eau. Le prochain point de ravitaillement en eau est au poste de police situé 10km avant que la route de terre ne rejoigne la grande route à nouveau. De Rio Turbio à Calafate, on trouve de l'eau tout les 50 kilomètres environ. Et avec le vent de face, 50km c'est parfois beaucoup !


Arrivée à El Calafate. Cool, on avait envie de prendre une douche et de se faire un asado à volonté. Grande attraction, le glacier Perito Moreno. C'est de mémoire 80 km aller et 80 retour, sur la même route. Nous avons donc choisi d'y aller en voiture. Nous avons loué une petite voiture pour la journée et avons trouvé 2 françaises pour nous accompagner et partager les frais. Opération très rentable puisque l'entrée du parc coute très cher mais est gratuite tôt le matin et tard le soir. Nous sommes donc arrivés avec notre tente le soir vers 20h, avons discrètement dormi dans le parc et sommes arrivés pour le lever de soleil sur le glacier. Et là, franchement la mâchoire en tombe. Petit plus : nous sommes arrivés avant tout le flot de touristes. Coût de la location contre entrée du parc + bus : notre méthode revient bien moins cher. Le faire à vélo est tout à fait envisageable mais nous étions un peu pressés car un bateau nous attendait.

Puis direction El Chalten avec un objectif : repasser la frontière pour arriver à Villa O'Higgins, point de départ de la Carretera Austral. Nous pouvons pas vous dire grand-chose du trajet entre El Calfate et El Chalten. Personnellement, j'ai dormi. Nous avons pris le bus, le dernier bateau de la saison allait bientôt partir.


Arrivés à El Chalten, nous prenons la route de terre de 37 kilomètres qui va jusqu'à l'embarcadère pour la traversée du Lago del Desierto, situé ICI.
Disons le tout net, ce point de passage de la frontière est 100% touristique, puisqu'il ne peut se faire qu'à pied ou à vélo. Il coute donc cher. Mais disons le tout net, il vaut franchement le coup de se faire saigner un peu. Vous prenez le bateau vers l'autre côté du lac, il y en a 2 par jour. Arrivés en face, vous faites tamponner votre passeport pour votre sortie d'Argentine. C'est là que ça se corse : il vous faut maintenant vous farcir 5 kilomètres de sentier type randonnée, assez creusé avec des traversées de petits cours d'eau et passage de troncs. Chargés et dans le sens que nous décrivons, vu que ça monte, préparez vous à être fatigués. Vu qu'un vélo couché est encore plus dur à pousser, nous avons, moyennant finance, fait "livrer" nos bagages à la fin de ce sentier par les gendarmes Argentins et leurs chevaux.

Au bout de ce sentier, il y a un panneau Bienvenue au Chili et une route de terre de mauvaise qualité. C'est Darty mon kiki et 15 kilomètres plus loin, vous arrivez au bord du lac O'Higgins, grand, bleu et froid. Il y a un pont effondré sur la route, un pont de fortune a donc été construit 400m en amont.


Ok, maintenant, nous sommes au Chili et nous attendons le bateau qui va jusqu'à Villa O'Higgins. Quelques petites choses à savoir. Le bateau est parfois pas mal en retard (genre plusieurs jours). Il y a une ferme au niveau de l'embarcadère (ICI) qui vend de la nourriture, dont de la bonne viande. Et la traversée peut être trèèès agitée, croyez nous (voir notre récit dans nos textes).




Arrivés à Villa O'Higgins, c'est la fin des complications : vous êtes sur la bonne et unique route vers le Nord.


Il y a un ferry gratuit à prendre à 100 km de Villa O'Higgins (ICI), puis un nouveau choix : irez vous visiter Tortel ? Ça fait faire un détour, mais la route est facile et ça vaut le coup d'œil, ce village est magnifique.

Puis nous arrivons à Cochrane. Si vous y êtes pendant les rodéos, ça vaut bien sûr le coup d'aller voir ça.



De Cochrane à Coihaique, ce n'est que du bonheur : les paysages sont parmi les plus beaux que nous ayons admirés de notre vie. Ça grimpe dur, bien sûr, mais comme partout dans cette région.

De là nous avons fait le choix de partir vers l'île de Chiloe pour des raisons météorologiques. Il est temps de faire un point climat. En Argentine, c'est plat et sec et il y a beaucoup de vent. Puis au Chili, c'est incroyablement vallonné, assez pluvieux et très vert. Villa O'Higgins jusqu'à Cochrane : assez pluvieux. Cochrane jusqu'à Coihaique : micro climat, il fait beaucoup plus beau. Au Nord de Coihaique, vous re-pénétrez dans une zone très humide.

D'où notre choix de partir vers Chiloe, qui jouit d'un temps très agréable, surtout que arrivions à ce moment là vers la fin avril.

Nous avons donc bifurqué vers Puerto Aisen (ICI) et pris le bateau vers Chiloe. Le tarif pour étranger avec ou sans cabine sont très proches, alors autant prendre une cabine. Durée du trajet, retard compris : 36 heures.



Chiloe, très belle île, à traverser sans modération. Arrivés à Castro, nous avons choisi de prendre la route de la côte plutôt que la Nationale sans charme. Ça vaut le coup. Quemchi est un très beau village (ICI). Les côtes, par contre sont sacrément velues. Tout se mérite !

Nous arrivons ici au bout de notre trajet. A Chacao, un bac rapide et pas cher vous emmène vers l'autre rive. Et c'est 60 kilomètres bien plats qui vous attendent jusqu'à Puerto Montt.


Budget
Le Chili est cher par rapport à l'Amerique du Sud, et la Patagonie chère par rapport au Chili. Mais tout ça reste raisonnable. Nuit en auberge de base, compter 5/6€ par personne. Le kilo de viande est autour de 3/4€ le kilo. Le plus cher reste les vols et les bateaux dont nous avons parlé un peu plus haut.

Difficulté
En Argentine, c'est très plat mais le vent peut vite corser les choses. Il vient en général de l'Ouest - Nord- Ouest et peut vous faire avancer à 8km/h sur du plat en poussant comme une mule. Côté Carretera, la difficulté vient plus de la route qui est du gravier, et des montagnes russes à longueur de journée. Nous faisions côté chilien facilement nos 700 à 1000m de dénivelé par jour.

Dangers ?
RAS. Pas de serpent, pas d'araignée, pas d'ours, pas de voleur, pas de violeur... Prévoir la bouffe comme partout et l'eau côté Argentin. Au Chili, on trouve de l'eau à chaque virage et celle-ci est délicieusement potable.

Munda Biddi Mountain Bike Trail

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Ca y est, nous avons fini la "Munda". Vu que nous avions eu beaucoup de mal a trouver des infos dessus sur Internet, voici un petit topo pour ceux que l'aventure tenterait.

Généralités :
La Munda Biddi est un projet commencé depuis un certain temps déjà par "the department of nature and conservation". Ce chemin pour VTT reliera à terme Mundaring (près de Perth) à Albany, soit près de 900km à travers la fabuleuse nature de l'Australie de l'Ouest.
Au jour d'aujourd'hui (fin 2008), la Munda va de Mundaring a Nannup. Cela doit faire dans les 400km.



Quel type de velo, quelle difficulté ?
Comme son nom l'indique, la MB est avant tout une piste pour VTT. C'est un chemin de terre tout du long. On nous avait dit que la faire en vélo couché n'était pas possible, c'est à moitié vrai. Les cartes vendues sont très bien faites et indiquent la difficulté du parcours. Il est donc possible de quitter la piste avant les parties impraticables pour un cyclotouriste chargé comme une mule et de la rejoindre un peu plus loin.
Sinon, cela reste tout de même une piste de terre parfois assez étroite et/ou accidentée. On y roule donc facilement 2 fois moins vite que sur route. Étant donné qu'on y voit 4 fois plus de choses, ça reste rentable.

Temps du parcours :
De Perth a Albany nous avons mis 3 semaines avec 1 ou 2 jours de repos.



Saison :
Nous l'avons fait fin novembre début décembre (début de l'été). Tout le monde nous a dit de faire attention à la chaleur. Il a plu quasi tous les jours ! Apparament la piste est praticable toute l'année. Septembre-Octobre permet de voir le bush en fleur ce qui, paraît-il est magnifique. Nous avons eu la fin de cette période de floraison et c'était encore très beau.

Organisation :
Pour faire la piste il vous faut impérativement acheter les cartes de la MB. Il y en a 4 qui coutent 11aud chacune. Bien faites, imperméables, résistantes, précises. Y figurent également le dénivellé et la difficulté du parcours (easy, médium, challenging).
Ravitaillement : Tous les 2/3 jours environ pour la nourriture. Et oui, vous pouvez pédaler 2 jours sans voir âme qui vive ! Pour l'eau, les campsites aménagés ont des réservoirs d'eau de pluie assez conséquents. Pour nous, il a beaucoup plu, ils étaient donc rempli a raz bord. A la fin de l'été, il faut peut être être prudent la dessus.
Et puis il vous faut tout le barda du campeur, tente, duvets chauds (les nuits sont fraiches), REPULSIF A MOUSTIQUES, réchaud, de quoi purifier l'eau...
Prevoyez aussi avoir une belle trousse de réparation : on croise peu de villes et toutes n'ont pas de magasin de velo. Et ne comptez pas sur les autres, en 10 jours sur la piste nous avons croisé un couple. Il faut donc avoir de quoi réparer soi même les cyclobobos.
Les campsites gratuits le long de la piste deviendront vite des objectifs que vous attendrez avec impatience. Réservoirs d'eau, dortoirs (ouverts), tables, le tout au milieu de nulle part. On s'y sent bien et en sécurité.



Ce que l'on voit :
Beaucoup de kangourous, de wallabis, de beaux oiseaux, des fleurs par milliers et des arbres par millions. La nature dans cette partie du pays est magnifique. Une fois arrivés dans la partie sud du parcours, c'est a dire quand vous rejoignez la cote vers Walpole, l'ambiance change un peu. Vous roulez sur la route et non plus seul sur votre piste mais en contre-partie vous êtes au bord de la mer, profitez des plages désertes, traversez la vallée des Geants... Très sympa aussi ! Quelques attractions touristiques du coin valent le détour, par exemple le Giant Tingle Tree ou le Tree Top Walk.



Les trucs pas cool
Pas grand chose. On est en Australie, il convient donc de faire attention aux serpents, parfois très venimeux. On n'en a pas vu un seul en 3 semaines.
Quelques "kangourou tiques" énormes, mais il sont tellement gros qu'on les voit arriver.
Les moustiques et les "horseflies", que nous appelons les "mouches y piquent". Nous sommes en train de déposer le Copyright sur cette blague.
Quand il fait chaud, les mouches deviennent vite envahissantes. Et Il peut faire très chaud, donc attention a ne pas se faire piéger par l'eau...

Si vous avez des questions...n'hesitez pas !