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Patagonie et Carretera Austral à vélo

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Vu de France, organiser un trajet à vélo en Patagonie est embrouillant. Il faut prendre des bateaux, passer des frontières, et les sources d'informations ne sont pas toujours d'accord entre elles. Voici notre vision de la réalité.

Quand y pédaler ?


Sur ce point les sources concordent : la Patagonie est très au Sud. Alors la meilleur saison est claire : janvier-février. Pour notre part, nous sommes arrivés fin février à Punta Arenas et sommes repartis fin avril de Puerto Montt. Il est donc possible d'y aller légèrement hors saison, mais ça veut dire plus de pluie et de froid. Même en plein été, il ne fait jamais très chaud. Nous avons eu des températures jusqu'à 20 degrés les beaux jours et des nuits bien en dessous de 0.

Notre itinéraire

Arrivant tard dans la région, nous avons décidé de partir du Sud et de remonter. Voici un petit descriptif de notre itinéraire :

Départ de Punta Arenas (chili), où il n'est pas difficile de trouver un hôtel pas cher. Direction Puerto Natales, situé 250 kilomètres au Nord sur la route 9. Il n'y en a qu'une, on peut pas se tromper. Un petit ravitaillement sur la route entre les 2, à Villa Tehuelches. Evitez le poisson en boite, vous seriez déçus. Position : ICI
Il faut donc quand même prévoir de la bouffe en conséquence.


Petite option possible : à cet endroit vous pouvez prendre la route de terre qui part sur la gauche et qui rejoint la route 9 à Villa Tehuelches justement. Ça rallonge et c'est une route de terre mais c'est beau et plein de Nandus.

Arrivés à Puerto Natales, amateurs de randonnée, une pause s'impose. Torres del Paine est un site exceptionnel. On ne ment pas, vous pouvez aller voir les photos de notre album "Patagonie". Sauf que c'est assez loin de Puerto Natales et qu'il n'y a rien sur place, a part de grosses côtes pentues comme on les aime.


Nous avons donc laissé nos vélos à l'hôtel Erratic Rock (que nous vous recommandons chaudement) et sommes partis en bus faire nos 5 jours de rando. Erratic Rock vous donne toutes les informations nécessaires si vous voulez marcher là-bas.

Ceci étant fait, il faut maintenant passer en Argentine, car il n'y a plus de route au Chili. Direction El Calafate et son fameux glacier.

Il y a plusieurs route pour passer en Argentine, nous avons choisi d'aller vers Rio Turbio pour rejoindre la mythique Ruta 40. Bonne nouvelle, les Argentins sont moins pointilleux que les Chiliens sur l'importation de produits frais. Chargés de 5 jours de nourriture, ça nous aurait fait de la peine de tout jeter. Après Rio Turbio, il n'y a plus grand chose jusqu'à El Calafate, prévoir donc en conséquence. Petit détail, sur Google, la route semble ne pas aller jusqu'à Rio Turbio et s'arrêter à la frontière. Dans le monde réel ce n'est pas le cas.


Ici encore un autre choix vous guette : à cet endroit la Ruta 40 se transforme en route de terre. Ou bien vous la prenez et c'est plus court, ou bien vous continuez sur la route goudronnée 7 et c'est plus long. Au point que je viens d'indiquer, vous pouvez demander de l'eau. Le prochain point de ravitaillement en eau est au poste de police situé 10km avant que la route de terre ne rejoigne la grande route à nouveau. De Rio Turbio à Calafate, on trouve de l'eau tout les 50 kilomètres environ. Et avec le vent de face, 50km c'est parfois beaucoup !


Arrivée à El Calafate. Cool, on avait envie de prendre une douche et de se faire un asado à volonté. Grande attraction, le glacier Perito Moreno. C'est de mémoire 80 km aller et 80 retour, sur la même route. Nous avons donc choisi d'y aller en voiture. Nous avons loué une petite voiture pour la journée et avons trouvé 2 françaises pour nous accompagner et partager les frais. Opération très rentable puisque l'entrée du parc coute très cher mais est gratuite tôt le matin et tard le soir. Nous sommes donc arrivés avec notre tente le soir vers 20h, avons discrètement dormi dans le parc et sommes arrivés pour le lever de soleil sur le glacier. Et là, franchement la mâchoire en tombe. Petit plus : nous sommes arrivés avant tout le flot de touristes. Coût de la location contre entrée du parc + bus : notre méthode revient bien moins cher. Le faire à vélo est tout à fait envisageable mais nous étions un peu pressés car un bateau nous attendait.

Puis direction El Chalten avec un objectif : repasser la frontière pour arriver à Villa O'Higgins, point de départ de la Carretera Austral. Nous pouvons pas vous dire grand-chose du trajet entre El Calfate et El Chalten. Personnellement, j'ai dormi. Nous avons pris le bus, le dernier bateau de la saison allait bientôt partir.


Arrivés à El Chalten, nous prenons la route de terre de 37 kilomètres qui va jusqu'à l'embarcadère pour la traversée du Lago del Desierto, situé ICI.
Disons le tout net, ce point de passage de la frontière est 100% touristique, puisqu'il ne peut se faire qu'à pied ou à vélo. Il coute donc cher. Mais disons le tout net, il vaut franchement le coup de se faire saigner un peu. Vous prenez le bateau vers l'autre côté du lac, il y en a 2 par jour. Arrivés en face, vous faites tamponner votre passeport pour votre sortie d'Argentine. C'est là que ça se corse : il vous faut maintenant vous farcir 5 kilomètres de sentier type randonnée, assez creusé avec des traversées de petits cours d'eau et passage de troncs. Chargés et dans le sens que nous décrivons, vu que ça monte, préparez vous à être fatigués. Vu qu'un vélo couché est encore plus dur à pousser, nous avons, moyennant finance, fait "livrer" nos bagages à la fin de ce sentier par les gendarmes Argentins et leurs chevaux.

Au bout de ce sentier, il y a un panneau Bienvenue au Chili et une route de terre de mauvaise qualité. C'est Darty mon kiki et 15 kilomètres plus loin, vous arrivez au bord du lac O'Higgins, grand, bleu et froid. Il y a un pont effondré sur la route, un pont de fortune a donc été construit 400m en amont.


Ok, maintenant, nous sommes au Chili et nous attendons le bateau qui va jusqu'à Villa O'Higgins. Quelques petites choses à savoir. Le bateau est parfois pas mal en retard (genre plusieurs jours). Il y a une ferme au niveau de l'embarcadère (ICI) qui vend de la nourriture, dont de la bonne viande. Et la traversée peut être trèèès agitée, croyez nous (voir notre récit dans nos textes).




Arrivés à Villa O'Higgins, c'est la fin des complications : vous êtes sur la bonne et unique route vers le Nord.


Il y a un ferry gratuit à prendre à 100 km de Villa O'Higgins (ICI), puis un nouveau choix : irez vous visiter Tortel ? Ça fait faire un détour, mais la route est facile et ça vaut le coup d'œil, ce village est magnifique.

Puis nous arrivons à Cochrane. Si vous y êtes pendant les rodéos, ça vaut bien sûr le coup d'aller voir ça.



De Cochrane à Coihaique, ce n'est que du bonheur : les paysages sont parmi les plus beaux que nous ayons admirés de notre vie. Ça grimpe dur, bien sûr, mais comme partout dans cette région.

De là nous avons fait le choix de partir vers l'île de Chiloe pour des raisons météorologiques. Il est temps de faire un point climat. En Argentine, c'est plat et sec et il y a beaucoup de vent. Puis au Chili, c'est incroyablement vallonné, assez pluvieux et très vert. Villa O'Higgins jusqu'à Cochrane : assez pluvieux. Cochrane jusqu'à Coihaique : micro climat, il fait beaucoup plus beau. Au Nord de Coihaique, vous re-pénétrez dans une zone très humide.

D'où notre choix de partir vers Chiloe, qui jouit d'un temps très agréable, surtout que arrivions à ce moment là vers la fin avril.

Nous avons donc bifurqué vers Puerto Aisen (ICI) et pris le bateau vers Chiloe. Le tarif pour étranger avec ou sans cabine sont très proches, alors autant prendre une cabine. Durée du trajet, retard compris : 36 heures.



Chiloe, très belle île, à traverser sans modération. Arrivés à Castro, nous avons choisi de prendre la route de la côte plutôt que la Nationale sans charme. Ça vaut le coup. Quemchi est un très beau village (ICI). Les côtes, par contre sont sacrément velues. Tout se mérite !

Nous arrivons ici au bout de notre trajet. A Chacao, un bac rapide et pas cher vous emmène vers l'autre rive. Et c'est 60 kilomètres bien plats qui vous attendent jusqu'à Puerto Montt.


Budget
Le Chili est cher par rapport à l'Amerique du Sud, et la Patagonie chère par rapport au Chili. Mais tout ça reste raisonnable. Nuit en auberge de base, compter 5/6€ par personne. Le kilo de viande est autour de 3/4€ le kilo. Le plus cher reste les vols et les bateaux dont nous avons parlé un peu plus haut.

Difficulté
En Argentine, c'est très plat mais le vent peut vite corser les choses. Il vient en général de l'Ouest - Nord- Ouest et peut vous faire avancer à 8km/h sur du plat en poussant comme une mule. Côté Carretera, la difficulté vient plus de la route qui est du gravier, et des montagnes russes à longueur de journée. Nous faisions côté chilien facilement nos 700 à 1000m de dénivelé par jour.

Dangers ?
RAS. Pas de serpent, pas d'araignée, pas d'ours, pas de voleur, pas de violeur... Prévoir la bouffe comme partout et l'eau côté Argentin. Au Chili, on trouve de l'eau à chaque virage et celle-ci est délicieusement potable.

Munda Biddi Mountain Bike Trail

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Ca y est, nous avons fini la "Munda". Vu que nous avions eu beaucoup de mal a trouver des infos dessus sur Internet, voici un petit topo pour ceux que l'aventure tenterait.

Généralités :
La Munda Biddi est un projet commencé depuis un certain temps déjà par "the department of nature and conservation". Ce chemin pour VTT reliera à terme Mundaring (près de Perth) à Albany, soit près de 900km à travers la fabuleuse nature de l'Australie de l'Ouest.
Au jour d'aujourd'hui (fin 2008), la Munda va de Mundaring a Nannup. Cela doit faire dans les 400km.



Quel type de velo, quelle difficulté ?
Comme son nom l'indique, la MB est avant tout une piste pour VTT. C'est un chemin de terre tout du long. On nous avait dit que la faire en vélo couché n'était pas possible, c'est à moitié vrai. Les cartes vendues sont très bien faites et indiquent la difficulté du parcours. Il est donc possible de quitter la piste avant les parties impraticables pour un cyclotouriste chargé comme une mule et de la rejoindre un peu plus loin.
Sinon, cela reste tout de même une piste de terre parfois assez étroite et/ou accidentée. On y roule donc facilement 2 fois moins vite que sur route. Étant donné qu'on y voit 4 fois plus de choses, ça reste rentable.

Temps du parcours :
De Perth a Albany nous avons mis 3 semaines avec 1 ou 2 jours de repos.



Saison :
Nous l'avons fait fin novembre début décembre (début de l'été). Tout le monde nous a dit de faire attention à la chaleur. Il a plu quasi tous les jours ! Apparament la piste est praticable toute l'année. Septembre-Octobre permet de voir le bush en fleur ce qui, paraît-il est magnifique. Nous avons eu la fin de cette période de floraison et c'était encore très beau.

Organisation :
Pour faire la piste il vous faut impérativement acheter les cartes de la MB. Il y en a 4 qui coutent 11aud chacune. Bien faites, imperméables, résistantes, précises. Y figurent également le dénivellé et la difficulté du parcours (easy, médium, challenging).
Ravitaillement : Tous les 2/3 jours environ pour la nourriture. Et oui, vous pouvez pédaler 2 jours sans voir âme qui vive ! Pour l'eau, les campsites aménagés ont des réservoirs d'eau de pluie assez conséquents. Pour nous, il a beaucoup plu, ils étaient donc rempli a raz bord. A la fin de l'été, il faut peut être être prudent la dessus.
Et puis il vous faut tout le barda du campeur, tente, duvets chauds (les nuits sont fraiches), REPULSIF A MOUSTIQUES, réchaud, de quoi purifier l'eau...
Prevoyez aussi avoir une belle trousse de réparation : on croise peu de villes et toutes n'ont pas de magasin de velo. Et ne comptez pas sur les autres, en 10 jours sur la piste nous avons croisé un couple. Il faut donc avoir de quoi réparer soi même les cyclobobos.
Les campsites gratuits le long de la piste deviendront vite des objectifs que vous attendrez avec impatience. Réservoirs d'eau, dortoirs (ouverts), tables, le tout au milieu de nulle part. On s'y sent bien et en sécurité.



Ce que l'on voit :
Beaucoup de kangourous, de wallabis, de beaux oiseaux, des fleurs par milliers et des arbres par millions. La nature dans cette partie du pays est magnifique. Une fois arrivés dans la partie sud du parcours, c'est a dire quand vous rejoignez la cote vers Walpole, l'ambiance change un peu. Vous roulez sur la route et non plus seul sur votre piste mais en contre-partie vous êtes au bord de la mer, profitez des plages désertes, traversez la vallée des Geants... Très sympa aussi ! Quelques attractions touristiques du coin valent le détour, par exemple le Giant Tingle Tree ou le Tree Top Walk.



Les trucs pas cool
Pas grand chose. On est en Australie, il convient donc de faire attention aux serpents, parfois très venimeux. On n'en a pas vu un seul en 3 semaines.
Quelques "kangourou tiques" énormes, mais il sont tellement gros qu'on les voit arriver.
Les moustiques et les "horseflies", que nous appelons les "mouches y piquent". Nous sommes en train de déposer le Copyright sur cette blague.
Quand il fait chaud, les mouches deviennent vite envahissantes. Et Il peut faire très chaud, donc attention a ne pas se faire piéger par l'eau...

Si vous avez des questions...n'hesitez pas !

Gravina in Puglia

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Il est tard, le soleil est en train de se coucher, nous venons de passer Gravina et prenons la route de Matera. La campagne dans les Pouilles et la Basilicate est assez déserte. Où allons nous dormir ? On entrevoit au loin une ferme et je propose à Francis d'y aller. Il n'est pas très convaincu mais ce soir, c'est moi le chef.

Nous prenons donc le chemin de terre qui sillonne au milieu des champs et arrivons devant une bâtisse grisâtre entourée de bâtiments de ferme. Les chiens nous accueillent en aboyant, les odeurs de chèvre et de fumier sont omniprésentes.Nous tombons nez a nez avec une petite dame au visage creusé par le temps et par le soleil. Un jeune de notre âge la suit de près.Comme le temps presse, nous passons directement au vif du sujet et demandons si nous pouvons installer notre tente dans un des champs à proximité de la maison.


La petite dame nous répond que non, pas vraiment, car elle va se faire déchirer car les chiens de sa ferme qui sont très voraces. Nous commençons alors à expliquer un peu qui nous sommes, quel est notre projet... Le jeune nous aide car il comprend un peu le français, Rachid nous explique en effet qu'il vient du Maroc et est arrivé en Italie depuis peu pour travailler. La petite dame finit par marmonner qu'on n'a qu'a se mettre là, en face de l'enclos des cochons et des poules.

Nous la remercions quand arrive son mari en tracteur. Il bougonne quelque chose avec sa femme. Nous nous imaginons bien sûr qu'il n'est pas content. Mais non, pas du tout, il veut que nous rentrions dormir dans leur maison.






Nous pénétrons dans une grande pièce très sobre, qui sert à la fois de cuisine, de salle à manger et de salon. La dame nous demande si nous avons mangé, et non. Elle me demande alors ce que je compte cuisiner. Nous avons des conchiglie, spécialité des Pouilles, et de la sauce tomate. Elle me demande comment je compte les préparer, je ne vois pas trop ce qu'elle veut dire, puisque nous n'avons pas 100 000 ingrédients. Alors je lui demande pour éluder la question comment elle les prépare. Elle me propose ainsi de me montrer comment elle fait, et nous cuisine nos pâtes de façon délicieuse en y ajouttant des épices et beaucoup d'amour.

Nous nous asseyons alors tous les 4 autour de la grande table en bois, usée comme le plan de travail d'un boucher. Le fermier allume la télé qu'il regarde d'un air concentré.
Nous discutons et apprenons qu'ils s'appellent Antonio et Nicoletta. Ils sont très fiers de nous parler de leurs 3 fils et de leur réussite : l'ainé est ingenieur agronome, marié et a 2 enfants, le second est docteur en pharmacie, exerce à l'hôpital de Foggia mais il est très amoureux de sa femme et vit donc a Rome où elle travaille. Quant au petit dernier, il a un diplôme d'économie et de commerce mais ne se decide pas à se marier. Au grand damne de Nicoletta manifestement.

Nous commençons a nous sentir plus à l'aise, et ces deux personnages diffusent beaucoup de gentillesse. Nous leur proposons du vin, mais ils refusent. Lui nous explique qu'il s'est fait opérer a Londres et greffer un nouveau foie. Elle se met a pleurer ; Antonio nous explique que sa femme est malade, et nous demande de faire une prière à la Madone pour elle. Je comprends que Nicoletta a très probablement un cancer, et j'ai beaucoup de peine pour elle. Cette femme semble avoir donné tellement d'énergie et d'amour pour sa famille, que sa souffrance paraît très injuste. Je ne sais pas trop quoi faire pour la réconforter, et lui fait une petite caresse sur l'épaule.

Antonio n'arrête pas de nous dire de manger, surtout a moi. Il me dit : "tu dois manger pour 2. Tu sais pourquoi ?" je ne vois pas trop. Et lui de répondre : "au cas où vous repartiez d'Italie a 3". Il part d'un bon rire et nous le suivons de bon coeur.

Il nous demande alors de rester le week-end, car le dimanche, c'est ricotta : il veut que nous assistions à sa fabrication. Nous déclinons l'invitation car nous devons filer à Bari pour déposer nos affaires et rejoindre la famille maternelle de Francis a Stromboli.

Nous nous couchons ce soir-là dans de vrais lits, dans la chambre de leurs fils, a 20h30, épuisés.
Le lendemain, nous nous levons a 7h30, quand Antonio revient des champs, et Nicoletta a déjà finit de traire ses 150 chèvres à la main, et ses 10 vaches à la machine. Ils se lèvent tous 2 a 4h du matin tous les jours, toute l'année ! Mais quand elle nous voit arriver, Nicoletta nous dit qu'il est tôt, que le ciel est brumeux, et que nous devrions retourner nous coucher. Elle nous parle comme une maman.
Nous répondons que nous allons petit-déjeuner et que nous partirons dès que la brume se sera levée. Elle nous apporte alors 2 grands bols de café au lait de vache tout frais. Un délice !

Antonio nous demande si nous avons bien dormi, nous répondons que oui. Il dit que ce n'est pas possible. "Pourquoi?" "parce que vous étiez dans 2 lits séparés." Ah cet Antonio !
Pendant ce temps, la brume ne se dissipait absolument pas. Nous qui voulions partir tôt et filer tels des éclairs, nous sommes chocolats !

Nous avons donc décidé d'accepter l'hospitalité de nos hôtes une nuit de plus.
Grand bien nous fit.

Plusieurs amis sont venus leur rendre visite pendant la matinée. Dont Giacomo. Celui-ci semble enchanté de nous rencontrer et nous emmene illico voir son azienda. Il possède plusieurs hectares qu'il cultive tout seul pour s'occuper car il est à la retraite. Il paraît que c'est son échappatoire, car sa femme n'est pas commode. Sous les oliviers poussent toutes sortes de légumes : salades, chicorée, choux, poivrons, tomates cerises... Des arbres fruitiers sont également disséminés (kaki, grenades, poires, cerises...) Les vignes produisent du raisin a manger et a vignifier. Et les champs produisent des céréales et du grain. C'est le petit coin de paradis de Giacomo.

Il est fier de nous dire qu'il possède 2 tracteurs et nous embarque en voiture jusqu'à Gravina pour nous montrer ses stations essence : une pour les agriculteurs, et une autre classique. Quand nous passons devant les stations concurrentes, il nous dit : "Regarde le prix ici", et quand nous arrivons a la sienne : "tu as vu, c'est la moins chère de la région !" Giacomo rêve de s'étendre : sur son terrain il veut faire construire un bar et une station de lavage pour voitures.

En tous cas, il semble que le commerce fatigue moins que l'agriculture, car Giacomo a 75 ans et parrait plus jeune que Nicoletta et Antonio qui en ont 62.
Nous déjeunons avec Nicoletta et Antonio ; elle a preparé de la ricotta maison panée et revenue a la poêle ainsi que des olives frites. Mmm.

Puis Giacomo nous rembarque et nous fait tout goûter et ramasser. Il remplit 2 cageots entiers pour nous. Nous cueuillons des olives (une variété qui se fait frire), et je l'aide un peu à enlever les mauvaises herbes pendant que Francis reste perché sur son échelle.

Quand nous rentrons à la ferme, nous rencontrons Michele, le plus jeune des trois fils. Il nous fait monter dans sa belle Lancia et nous conduit à Gravina, ville où il a grandit et dont il est très fier. L'église, les sassi, et le pont romain sur lequel il jouait enfant.



Puis nous repartons pour Matera. Les panneaux indiquent que la vitesse est limitée a 60km/h, mais Michele est plutôt au delà du double. Il nous explique que la nuit tombe, qu'il est en 2nde à 60km/h (à quoi lui serviraient les 3 vitesses supérieures?!), et que ces panneaux sont pour les vélos. Quand nous lui expliquons que Giacomo nous a dit que sa station essence est la moins chère du pays, il explose de rire en nous disant : "je vais vous montrer, moi, où l'essence est vraiment la moins chère."
Nous arrivons à Matera à la nuit tombante. Les sassi sont classés au patrimoine mondial de l'Unesco, mais Michele n'y est encore jamais passé. Nous decouvrons donc ensemble ces maisons troglodytiques où vivaient des familles entières avec leurs bestiaux.

A Gravina, les sassi sont squatés par des immigrés d'Europe de l'Est, tandis que ceux de Matera sont bien mieux entretenus et occupés par des commerçants et des notables. Mais aussi plus touristiques.
C'est Francis qui retrouve la voiture, ce qui épate Michele, un peu perdu dans ce dédale a flanc de gravine (falaise surplombant la rivière qui passe en contrebas).

Nous rentrons. Nicoletta a préparé de la viande, car je lui avais dit que Francis aime beaucoup les poissons qui courent dans les prés. Mais Michele veut nous emmener manger une pizza a Gravina. Gênés pour Nicoletta qui a cuisiné, nous mangeons la viande avant de partir boire un verre avec Michele et ses amis. Mais quand nous arrivons à Gravina, Michele explique à ses amis qu'ils ne peuvent pas aller dans le petit resto prévu. Il nous invite dans le meilleur restaurant de la ville, avec vue sur la gravine, les sassi et le pont eclairé. C'est superbe. Ils commandent toutes sortes d'antipasti de la région. Il y en a tellement que le serveur attend que nous finissions les plats pour pouvoir apporter la suite. Les plaisanteries vont bon train, et nous progressons à vue d'oeil en italien. Il faut dire que le bon vin délie la langue.

Après avoir diné pour la 2e fois, nous sommes tous invités par une tante de Michele (qui se trouve par hasard dans le même restaurant) à prendre le dessert pour fêter son anniversaire. Nous parlons alors avec la famille et 2 amis qui parlent un français extraordinaire.
Le ventre plus que plein, nous quittons les amis et la fiancée de Michele, les invitant à nous rendre visite a Paris a notre retour.
Nous nous mettons au lit bien tard.



Dimanche matin, nous nous sommes levés a 8h pour assister a la fabrication de la ricotta. C'est Georgio, 82 ans, qui nous fait la démonstration. Il nous explique qu'il faut d'abord monter le lait ( de brebis et de vache) à 30-35*C.



Il mélange à l'aide d'une grande cuillère en bois. La marmite pleine de suie est posée sur un brûleur à gaz mal réglé. Du coup, l'air n'est pas très respirable et nous sortons régulièrement respirer dehors pendant que Giorgio travaille.



Il nous explique que c'était Nicoletta qui faisait le fromage avant, mais qu'il lui donne un coup de main depuis qu'elle est très malade. Le frère de Giorgio est d'ailleurs en train d'aider Antonio.
Quand des morceaux commencent à s'agglomérer, Giorgio éteint le feu et rassemble les morceaux en plongeant les mains (pas tres propres) dans la marmite.



Il met ensuite le tout dans un bac en plastique percé de petits trous. Puis il remet à chauffer : il faut atteindre environ 100*C pour la ricotta. Il fait alors de même en agglomérant les morceaux. Il faut 5 litres de lait de vache ou 3 litres de lait de brebis pour faire 1 kg de fromage. Une fois qu'il a fini, le nettoyage est sommaire.



Nous voulons alors partir, mais Nicoletta veut que nous mangions quelque chose pour avoir la force de pédaler jusqu'à Bari. Nous partons donc vers 13h, après quelques photos et pleins d'énergie.
Les 72km qui nous séparent de Bari passent bien vite, et nous arrivons a l'auberge de jeunesse à la tombée de la nuit.



Nous remercions du fond du coeur Antonio et Nicoletta de nous avoir accueillis comme leurs enfants, et de nous avoir montré que le bonheur est souvent dans les choses les plus simples.
Grazie Antonio e Nicoletta, pensiamo sempre a vuoi.

Merci a Michele d'avoir été comme un ami et comme un frère. Tu seras toujours le bienvenu chez nous.
Grazie Michele per la tua generosita e amabilita. A Parigi...

Grazie a vuoi : Giacomo, Giorgio, Angela, ...




ITALIE, suite et fin !

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Nous y voilà, nous quittons l'Italie...juste au moment où l'on se mettait à savoir baragouiner à peu près n'importe quoi !
Arrivés a Bari, nous avons abandonné nos montures à l'auberge de jeunesse du coin. Ceci après d'âpres discution, les gérants nous demandant 10€ par jour pour laisser les "bici" au chaud dans l'immense hôtel. Du coup nous voulions les laisser dehors devant l'hôtel à l'emplacement prévu à cet effet. Ah non, là ça fait moche, c'est pas possible. Au final nous les laissons dans un petit enclos fermé à l'extérieur de l'hôtel, gratuit. Une petite prière à Saint-Antoine de Padou (grand voleur et grand filou) pour que nous retrouvions nos vélos en rentrant et nous prenons le train direction la Sicile. Ma mère (f6) y passe les vacances de la Toussaint en famille et c'est l'occasion de se revoir avant que nous ne soyions plus loin.
Bon autant le dire tout de suite, le Sud de l'italie n'a pas les meilleurs transports du monde. Vous vous y attendiez ? Nous aussi. Pour faire les 400km qui separent Bari du Stromboli, nous mettons 22h (4 trains, 2 bus, 2 bateaux). Faut dire qu'ils donnent dans l'exentrique, ils mettent le train dans un bateau pour rejoindre la Sicile. A ce point là, vous ne vous y attendiez pas ? Nous non plus... Nous arrivons finalement au Stromboli, et le déplacement valait la peine, nous avons la joie de revoir ma mère, une de mes soeurs et 5 de mes petits neveux et nièces.



Et sur le Stromboli, il y a pas 36 trucs à faire, on va voir le volcan en éruption !
Avant, la vie était plus simple. On arrivait sur le Stromboli, on prenait ses chaussures et on montait voir la lave. Jusqu'au jour où eu lieu la fameuse réunion des chefs de l'île.

- ils sont cools tout ces touristes, hein ? Ils ont plein de fric.
- Ouais
- Ce qui est con, c'est que pour monter sur le volcan, c'est gratuit.
- Ouais
- Et mais ce qu'on pourrait faire, c'est dire que maintenant faut prendre un guide et payer 25€ par personne ! Et les guides, et bah c'est nous.
- ouhaa trop fort
- Et en plus, on pourrait mettre une taxe de 3€ qu'on appelerait "taxe de 3€", comme ça on gagne encore plus !
- trop bien !

Et voilà.

Du coup, un soir nous sommes montés tous ensemble à l'observatoire situé à la limite de gratuité du volcan (400m d'altitude). Déjà on voit bien les explosions de lave, c'est assez impressionant. Et la nous croisons un couple qui redescend du sommet et qui nous explique que les Carabinieris dorment et qu'on peut monter sans se prendre une amande.

Nous sommes donc montés la haut à 5, et là on en prend plein les yeux ! La première eruption nous a tous fait sursauter tant le bruit etait fort. Inoubliable ! Petit regret, prendre des photos est délicat puisqu'il faut trouver le bon temps d'exposition et la bonne ouverture pour voir les trajectoires des projections de lave sans être sur ou sous exposé. Le tout dans le noir avec une éruption toutes les 20 minutes environ...

Crampe à l'index garantie ! Juste au moment ou je commençais a prendre le truc, il nous a fallu partir : il était 3h du mat, il nous restait 900m à descendre et mon petit neveu de 8 ans malgres toute sa vaillance s'était endormi dans les bras... d'Hélène (qui a dit "Morphée"?). Un lieu de plus ou il nous faudra revenir !

Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés à Vulcano entre 2 bateaux. 1h40 de battement. Un monsieur nous dit qu'avec un guide, monter au cratère et en faire le tour prend 5 heures (et sûrement aussi 20€ smile ). Nous jaissons du bateau comme des diables de leurs boîtes, trouvons un monsieur qui accepte de garder nos sacs et partons à l'assaut du cratère. Au bout de 100m nous nous faisons un pote : un jeune chien jaune qui décide de venir randonner avec nous. Bien pratique, il connaît la route et marche devant nous tout du long.

5 heures?? C'est sans compter sur nos jambes et nos coeurs de cyclistes ! En 45 minutes nous sommes haut, toujours avec le chien, puis nous avons le temps de faire le tour du cratère fumant et jaune de soufre avant d'entamer la descente toujours avec notre pote que nous avons baptisé "Vulcano". En si peu de temps, on ne peut pas non plus faire dans l'original. Les fumeroles suffocantes de soufre ne l'impressionnent pas. Quand l'air était trop irrespirable, il prenait tranquillement un autre chemin, nous laissant nous débattre pour trouver de l'air frais.
Nous arrivons au bateau avec une marge confortable de 2 minutes sur l'horaire. Le bateau est arrive avec un quart d'heures de retard, forcément.

Nous rentrons à Bari avec le plus grand mal : les horaires que nous avions étaient faux, le train au lieu d'arriver à 22h arrive a 8h du matin le lendemain alors que nous étions censé dormir à l'hôtel. C'est d'ailleurs pour ça qu'ils ont accepté de garder nos affaires et nos vélos. 2 trains, 3 bateaux et 350km de stop plus tard, nous arrivons à Bari. Et bien que nous ayons appelé pour le prévenir, l'hôtelier veut nous faire payer pour la garde des bagages ! 10€ par jour, rien que ça pour un tas de bagages dans un coin...sinon il ne nous rend pas les vélos. Il est bien gentil, mais nous on a un bateau a prendre, un récupère toutes nos affaires, on fait passer les vélos par dessus la clôture derrière laquelle ils sont "enfermés" et on charge. Bien sur il est pas content, il appelle un ami a lui, ils veulent m'empêcher de partir et menacent d'appeler la police. Je sors mon flingue, leur tire dans les jambes et m'enfuit dans un crissement de pneus. Ah non, ça c'était une autre fois. Je lui dit qu'il a mon nom et qu'il peut appeler la police s'il a envie et m'en vais comme un prince. Direction le port ( certainement déjà recherchés par toutes les polices du pays ) et embarquons vers la Grece. Fin de nos aventures italiennes.

ITALIE, la suite, le Sud

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Nous avions commence a nous faire une petite idée de l'italie et a prendre des habitudes, et voilà que tout change ! Adieu les jolies villes aux maisons de toutes les couleurs, adieu les prix exorbitants, bienvenue dans le sud de l'Italie !

Et la transition est plus que brutale, elle a eu lieu du jour au lendemain en l'espace de quelques dizaines de kilomètres à deux jours de Rome. Tiens une décharge sauvage, on en avait pas vu jusque la, tiens des prostituées tous les 500 mètres, tiens le bord de la route est devenue une poubelle...on a pas vu de paneau pour dire qu'on changeait de pays mais c'est tout comme. On a même vu un agriculteur dans son champ qui bossait avec une antique faux...

"ça y est j'ai planté le decors créé l'climat de ma chanson..." Sauf que voilà, c'est au milieu des frigos abandonnés que nous avons fait les rencontres les plus inattendues et les plus sympathiques.

Tout d'abord, il faut se mettre dans l'esprit du moment: il est 18h, la nuit va tomber dans 30 minutes, vous avez fait 75km dans la journée, vous en avez plein les pâtes (expression italienne), ça fait 2h que vous auriez aimé vous poser mais tous les campings sont fermés, mois d'octobre oblige.

Mais il y a un camping dans le coin ouvert toute l'année. Vous avez galèré pour le trouver, et en fait il est fermé. Le mec de la réception vous sort, "oh il y a d'autres cyclistes qui sont venus il y a 10 minutes, ils sont partis planter la tente quelque part dans le coin, vous pouvez les rejoindre". Super l'ami, on a toute les chances de les retrouver, ils sont sûrement déjà a 3 km...on repart la mort dans l'âme, on fait 20 mètres, je glisse un regard a travers les arbres sur la gauche, et je vois un velo.

Inespéré. Un velo... Couché ! Iréel. Nous fonçons droit sur eux, probablement dans le même etat d'esprit qu'un animal en voie de disparition qui rencontrerait un membre de son espèce. C'est ainsi que nous faisons la rencontre de Nono et Beru qui completent leur tour d'Europe en velo couché, accompagnés de l'improbable Johny qui les a rejoint sur un coup de tête en cours de route.

Memes vélos achetés au même endroit en France, discution pointue sur le thème "le voyage en Nazca Pioneer" a la clef et echange de trucs et astuces ("ahhh ça servait a ça ce truc, ça fait 7 mois qu'on se demandait..."). En bref une excellente soirée qui vous met la patate !




Le lendemain, deuxième rencontre, le phenomene Vincenzo. En velo, il vient rouler a notre hauteur, on commence a discuter. Il a fait de l'anglais et du français il y a 40 ans ("oui monsieur"',"merci beaucoup","rien ne va plus"), et nous on parle italien depuis 3 semaines... Et pourtant on arrive à se comprendre ! Il tombe amoureux de nos velos et nous invite a prendre un café. C'est gentil. On continue a rouler et il nous invite carrément a déjeuner chez lui à 25 km de là !


Du coup nous le suivons a allure soutenue et au bord de l'hypoglycemie. Faut dire que le bonhomme a un vélo de course tout léger et pedale la bagatelle de 125km tous les deux jours...résultat, à 13h30, nous arrivons chez lui avec 67km au compteur. Nous déjeunons (des pastas bien sûr), le pauvre Vincenzo est tout stressé que tout soit parfait, il essaye même sans succes de nous trouver une chaîne de télé en français. Nous repartons vers Naples, notre hôte est si fier de rouler avec nous qu'il insiste pour nous accompagner sur les 15km qui nous séparent du centre ville.


Il parle a tout le monde, fait des grande signes de main pour bien montrer qu'il nous guide et arrête les voitures au carrefour comme s'il escortait le président en personne. Notre arrivée dans naples fut triomphale ! Puis notre ange gardien nous a quitté, nous laissant seuls dans l'anarchie de la circulation napolitaine.. Au bout de 200 metres nous comprenons qu'il faut en fait changer de référentiel.
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A savoir :
- Le klaxonnement n'est pas signe d'aggressivité, ce n'est même pas un signe de quoi ce soit. C'est aussi naturel que la sauce tomate sur la pizza. On a vu une dame klaxonner dans sa voiture a l'arrêt et sans raison apparente.
- panneau stop = légère priorité de l'autre
- feu clignotant orange = ne sert a rien
- feu orange = ne sert a rien
- passage piéton = cf feu orange
- feu rouge (si vous êtes en scooter) = cédez le passage
- feu rouge (sinon) = panneau stop
- policier au feu rouge = feu rouge

Ayant intégré ces éléments nous sommes arrivés a bon port. Bilan de la journée 88km, notre record.

Serveurs en Italie

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Comme nous étions en chemin pour rejoindre la ville de Grossetto, nous sommes passés par le petit village de Camigliano. Nous prenions de l'eau à la fontaine sur la place quand plusieurs villageois nous ont abordés, intrigués par nos curieuses bicyclettes. Après quelques échanges en italien, nous apprenons que l'une d'entre eux (Lisa) est Canadienne, ce qui a beaucoup facilité la conversation. Elle nous explique que le village va recevoir pendant trois jours beaucoup de monde a l'occasion de la Sagra del Galletto. Il s'agit de la fête du coq. Apparemment, les adultes de ce village organisaient autrefois une fête et les jeunes (les petits coqs) ont décidé d'organiser la leur. D'où le nom de la fête. Ceci dit, on y mange aussi du coq. Et plein d'autres bonnes choses que les femmes du village préparaient depuis 3 jours dans la cuisine commune du village. A force de discuter, Lisa nous demande si nous ne souhaitons pas rester pour la fête. Ce n'était pas au programme, mais nous nous sommes laissés tenter. Apprenant que nous n'avons pas mangé, Laura nous apporte de l'eau, du vin, de la soupe chaude et delicieuse et de la sauce bolognaise en s'excusant qu'il n'y ait plus de pâtes ! Puis 2 petites du village (Sabrina et Allecia, 8ans) nous accompagnent et nous montrent oú installer la tente dans le jardin de l'école. Elle disparaissent et reviennent nous apporter un bouquet de fleurs des champs et une bouteille de vin en cadeau de bienvenue pendant que nous nous installons. Comme nous avions demandé à aider aux préparatifs, on nous dit que nous pouvons aider à tartiner les crostini et à faire le service le soir. La salle était basse et seules des femmes tartinaient donc le grand Francis est reparti, et je suis restée a appliquer les diverses preparations sur les toasts. Les femmes me posaient des questions et m'expliquaient leurs secrets de cuisine. C'était très convivial. Parfois un homme entrait en pretendant aider et se faisait chasser par les femmes, lui reprochant de manger plus qu'il ne tartinait. Ceci fait, nous avons mangé avec les autres serveurs un excellent repas. Puis nous avons mis nos badges et avons commencé le service. L'ambiance etait très festive et familiale (bien qu'il y ait environ 500 convives). Des clients nous ont même invité à manger et à dormir chez eux, d'autres (mamans) nous recommendaient d'être prudents dans le Sud de l'Italie. Nous sommes allés dormir sans aller à la disco, épuisés, alors que les petits se trémoussaient accrochés aux grilles, n'ayant pas le droit d'accès à la soirée en plein air. Une soirée inoubliable ou nous avons rencontre plein de gens adorables. Merci a tous.

Thank you so much Laura. And thanks to everybody : long live Camigliano.
Grazie per l'invito e mille grazie a vuoi : Laura, Lisa, Signore e Signora Presidente, David, Sabrina e Alecia, Sylvia, Maria, e tuti...