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De Puerto Youngay à Puerto Chacabuco

De Puerto Youngay à Puerto Chacabuco

De là, nous reprenons la route et nous souffrons. Il ne fait pas chaud, la piste est mauvaise, il pleut beaucoup, nous devons pousser les vélos, le moral tombe dans les chaussettes.


Nous arrivons de nuit et épuisés à Calleta Tortel, un magnifique petit village de la Carretera. La route n'y vient que depuis quelques années, avant l'accès n'était possible qu'en bateau par le fleuve. Du coup il n'y a pas de rues dans le village mais d'ingenieuses passerelles en bois qui relient les maisons les unes aux autres. Il paraît que le prince William himself est venu travailler sur ces passerelles, la famille royale considerant que Caleta était l'un des rares endroits au monde ou personne ne le reconnaitrait.

Ici le business, c'est le cyprès. Ces arbres mettent des centaines d'années à pousser dans des conditions climatiques difficiles. Leur bois est incroyablement dur et lourd. Il suffit de soupeser une bûche pour s'en convaincre. Comme c'est un peu dommage de couper un arbre pluri-centenaire pour le mettre dans un poêle, le gouvernement essaye de faire changer les habitudes. Apparement ce n'est pas facile au vu des piles de cyprès que tout le monde a devant sa maison.

Decouragés par une pluie diluvienne, nous décidons de tricher et de rejoindre Cochrane en stop. Nous mettons avec un peu d'anxiété les 4 vélos (les 2 notres + ceux d'Adeline et Ben) entassés les uns sur les autres dans un pick up et fonçons jusqu'à la ville, 100 km plus loin.


A Cochranne, coup de chance, nous arrivons pour la compétition de rodéo annuelle. Le rodéo chilien est un peu particulier, il se joue à 2 cavaliers qui doivent faire faire à un veau au bord de la crise cardiaque un trajet bien précis. C'est assez subtil : il faut y aller franco pour que le veau se sente en danger et fasse ce qu'on attend de lui, mais sans le blesser ni l'épuiser, sinon il se couche et là on perd des points.


Énormes éperons et tenues traditionnelles sont au rendez-vous, les papas participent avec leurs fistons, chaque action spectaculaire est accueillie par la foule avec joie... On a apprécié le spectacle. Sûrement plus que les veaux !

De Cochrane, nous réenfourchons nos vélos pour continuer la Carretera. Le ciel est bien bleu et nous découvrons que les montagnes tout autour de nous sont maintenant enneigées ! Cela nous motive d'autant plus pour rejoindre le Nord rapidement : il manquerait plus qu'on doive chaîner !


Les 3 jours qui suivent sont parfaits : il fait beau et les paysages que nous traversons sont magiques. Les lacs sont bleus, les montagnes sont blanches et nous trouvons quelques endroits de camping paradisiaques. Le soir, c'est feu obligatoire car la température chute très vite, Adeline et moi jouons un peu de guitare et nous mangeons gaiement nos 400g de pâtes-sauce tomate-parmesan. Les grands soirs, il y a même fabrication de pain maison avec cuisson sur pierre près du feu. Quelle classe !

Un matin nous nous reveillons et trouvons le temps un poil frais, malgré les duvets et tous les vêtements que nous avions gardés sur nous. Température à 8h : - 2 degrés !

Qui est volontaire pour une toilette matinale à l'eau froide ?? Bof bof. De toutes les façons quand il fait froid on ne sent pas mauvais hein ?



Puis le temps redevient pluvieux. Un soir, nous cherchons un endroit pour camper et repérons un champ rempli de bois sec. De quoi faire un super feu facilement. Mais il y a une maison juste en face. Je vais frapper pour demander l'autorisation de planter la tente.

Ouvre un petit bonhomme qui a l'air de sortir du lit (il est 18h...), qui a aussi l'air d'être rond comme un ballon et qui marmone des choses à peine comprehensibles.

Pfffff...me dis-je.
Je jette un petit coup d'oeil a Adeline qui est juste derrière moi.
Pfffff...se dit-elle.

Nous ne sommes pas emballés par cette rencontre, surtout que Antonio veut qu'on dorme à côté de sa maison et non pas dans le champ en face. Parce que...on n'a pas vraiment compris pourquoi.
Mais il ne se laisse pas démonter et chancelant nous montre un endroit où mettre nos tentes.

Puis il nous dit que nous pouvons faire un feu et part en zigzag aux quatre coins de son jardin nous chercher des bûches énormes. Il disparaît 5 minutes et revient avec 2 bidons en plastiques et un grand carré d'une sorte de moquette.

Nous le regardons faire avec de grands yeux, étonnés par tout ce que ce petit bonhomme fait pour nous. Il met le feu a la moquette, met les 2 bidons en plastiques dessus, une belle brassée de paille et 3 bûches. Rangez vos misérables brindilles et vos pages de Routard dechirées, voilà comment on allume feu à la Chilienne ! Ça fait une fumée a asphyxier une vache, mais en 2 minutes nous avons un feu de compétition.



Puis il nous invite à goûter et semble se délecter de notre présence : il nous dit aimer "faire la conversation". C'est l'interieur de sa maison que l'on peut voir sur la photo au-dessus. Quelle drôle de rencontre... Une fois de plus, nous offrons une précieuse tablette de chocolat à notre hôte. Arriverons nous un jour à en manger une ?



La route continue et le gravier se transforme en un doux bitume qui nous donne l'impression de voler. Nous gravissons un joli col à 1100m. Nous déjeunons en haut au soleil. Soudain le temps change et il se met à neiger ! La descente est gelée : si nous avions pu sentir nos mains, nous aurions sûrement eu froid.

C'est ainsi que nous arrivons à Coyhaique, "Capitale de la Patagonie" selon le panneau à l'entrée de la ville. Encore une declaration qui va sûrement plaire aux Argentins...

Au petit déjeuner, à l'auberge on nous passe à fond la VHS d'un concret de Los reales de Plata, les stars de la Cueca, la musique nationale.
Au bout de quelques chansons, nous avons eu notre dose et vu que nous sommes les seuls, je vais discrètement éteindre le son. Taratata ! La patronne arrive et le remet à fond "Sans le son on entend rien !".

On vous le fait pas dire...



On nous a prévenu, au Nord de Coyhaique, le micro climat s'arrête, il pleut 3 fois plus. Et vu qu'il pleut déjà beaucoup, nous décidons de partir pédaler "au soleil". L'île de Chiloe est réputée pour son climat doux. Et vu qu'elle n'est qu'à une trentaine d'heures de bateau et qu'on adore le bateau (ah ah !) ... Nous reprenons la route en direction de Puerto Chacabuco.

Fin de la Carretera Australe.

De Puerto Natales à Puerto Yungay

Nous repartons de Puerto Natales vers le Nord, heureux de retrouver nos confortables vélos après avoir porté de lourds sacs à dos pendant la rando.


Nous atteignons vite la frontière argentine, un peu tendus car nous voyons sur la route des panneaux indiquant qu'il est interdit d'importer des produits frais. Hors nous avons fait nos courses a Puerto Natales, pensant ne rien trouver avant plusieurs jours. Nous avons donc dans nos sacoches tout ce qu'il ne faut pas pour la douane, mais qu'il nous faut pour survivre d'ici à El Calafate : fruits et légumes, charcuterie et fromage. A la douane chilienne, ils nous mettent juste un tampon de sortie sur notre passeport mais contrôlent aux rayons X tous les bagages entrants. Nous avons donc un peu peur pour l'entrée en Argentine, mais les argentins n'ont pas de rayons X et le douanier nous laisse passer sans fouiller nos vélos. Ouf !

Nous rejoignons vite la fameuse "Ruta 40", poussés par un vent amical. Puis nous obliquons vers le nord-ouest, et là, c'est le drame ! Non, j'exagère, mais il y a juste un vent de face a décorner les lamas.


Nous pédalons et dormons au milieu de la pampa, où il n'y a rien à des dizaines de kilomètres a la ronde. On nous a prévenus de ne pas chercher à nous réfugier dans une estancia pour nous abriter du vent la nuit, car la piste qui y mène peut faire 50-60 km aller. Un jour, à midi, nous déjeunons a l'abri d'un hangar qui se trouve a côté d'un poste de police. La table est couverte de sang, de grandes plumes jonchent le sol. Dans la poubelle, nous finissons par découvrir le cou et la tête d'un nandu. Francis demande au monsieur si c'est bien un nandu et si c'est lui qui l'a tué. L'homme répond que oui, en faisant un signe qu'il l'a "shooté" au fusil. Nous qui pensions que c'était un animal protégé (car l'espèce avait quasiment été décimée) !

Le jour de l'arrivée sur Calafate est le plus dur. Nous allons plein ouest, et le vent va plein est : 68 km que nous ne sommes pas prêts d'oublier...



Le temps de boire un coca, et nous avons mis en place la suite des événements, grâce a Diego, un Argentin très efficace et sympathique (contrairement a la plupart des autres Argentins que nous avons rencontrés) : nous allons louer une voiture pour aller voir le célèbre glacier Perito Moreno, arriver de nuit (ce qui permet de ne pas payer les 60 pesos par personne d'entrée au parc), camper la-bas et nous réveiller a l'aube pour voir le lever de soleil. En plus, Diego nous trouve 2 françaises : Heloise et Loriane, ce qui nous permet de partager le coût de la location.


3 heures après notre arrivée a Calafate a vélo, nous voici donc repartis en voiture pour le célèbre glacier. On nous a prévenu qu'il faut éviter les lapins, car un accroc dans le pare-choc peut coûter cher a un touriste, donc Francis conduit très prudemment. L'arrivée est un peu complexe : d'abord le garde nous dit de nous garer sur un parking ou ils font des travaux bruillantissimes toute la nuit, puis nous faisons mine de repartir et plantons notre belle tente bien étanche dans un champ de calafates (arbuste épineux qui donne des petites baies violettes très appréciées dans ce pays et dont le goût se rapproche des myrtilles). Nous récoltons quelques trous dans notre belle tente toute neuve. La nuit ne porte pas toujours conseil !


Mais le matin, c'est magique. Nous entendons depuis notre tente tous les craquements et les chutes de glace, et la vue du glacier a l'aube est impressionnante. De part sa taille, sa beauté, et la lumière qui change a chaque minute et donne au glacier mille couleurs. Nous avons du mal a quitter ce spectacle, et rentrons a contrecoeur sur Calafate.


Puis nous repartons aussi vite que possible vers la frontière, pour tenter de prendre le bateau qui traverse le lac o'Higgins le 21 mars, le suivant et dernier de la saison étant le 28 mars. On nous a prévenu que El Chalten est une ville très chère et qu'il arrive de devoir attendre longtemps le bateau pour cause de mauvaises conditions climatiques, donc nos sacoches sont pleines de vivres. Le trajet de El Chalten au lago del Desierto est très joli : on passe d'un coup de la pampa au début de la cordillère des Andes, avec ses 1001 ruisseaux, ses vallées encaissées et ses pics enneigés.




La traversée de ce lac se passe sans incident : le bateau est presque a l'heure et on ne nous fait même pas payer pour les vélos. On apprendra tout de même par la suite que le prix que nous payons est en fait celui de l'aller retour, même si nous ne faisons que l'aller...





Arrivés de l'autre côté, et comme on le craignait, les chevaux que nous avions réservé sur Internet ne sont pas là. Le soucis, c'est que les 5 premiers kilomètres de la traversée sont un chemin de rando qui grimpe pas mal, qu'il faut porter les vélos au dessus de troncs, traverser des cours d'eau. Bref, la galère. Les gendarmes du poste frontière nous disent qu'il peuvent nous dépanner puisqu'ils ont des chevaux. A un certain coût bien entendu : 100 pesos argentins, soit environ 20/25€ par personne ! Et seulement sur les 5 kilomètres difficiles. Alors que le tarif du passeur "officiel", c'est 20€ pour 2 sur toute la traversée, soit plus de 20 kilomètres. Mes gènes paranoïaques se réveillent immédiatement et je dis à Helene que j'ai pas envie de me laisser carotter : je propose de leur tirer la langue et de porter nos vélos. Quel héroïsme ! Cette solution ne l'emballe pas...

C'est alors qu'un membre de notre petit groupe tente une négociation : "Ok, mais moitié prix". Le carabinero fait semblant de réfléchir et nous répond instantanément "Ok ". On aurait sûrement pu descendre bien plus bas... Le bon côté des choses : nous n'avons pas regretté le coup de pouce car un vélo couché, c'est peut être génial sur route, mais quand il s'agit de le pousser dans la boue, c'est une autre histoire.


Le lendemain, nous arrivons au poste frontière Chilien. Et oui, bizarrement il y a plus de 20 kilomètres entre les 2 postes frontières. Question d'antipathie réciproque peut être ? Il faut savoir que la zone est un peu sensible entre les 2 pays, le Chili ayant "perdu" le lago del Desierto il n'y a pas si longtemps que ça. Du coup, sur le lac O'Hoggins tout proche, le gouvernement Chilien paye des gens pour qu'ils habitent sur les rives, isolés, sans aucun moyen d'accès à la ville. Ça occupe le terrain, des fois que l'Argentine ait envie de s'étendre un peu plus.

Nous arrivons a Candelario Mancila sur les rives du lac où nous apprenons que le bateau ne viendra finalement que le lendemain : les conditions sur le lac sont trop fortes. Forcement, j'y vais de mon petit commentaire : "C'est quoi ces marins d'eau douce ? Depuis quand il y a des conditions fortes sur un lac ?".

En attendant, nous passons la soirée là bas. Par un étrange hasard, alors que nous n'avions pas rencontré plus de 3 Français en plusieurs semaines, nous nous retrouvons 10 francophones à attendre le bateau.


Intrigués par d'énormes bouts de viandes qui pendent au grand air, nous allons demander à l'estancia s'il est possible d'en acheter. C'est possible, à 2000 pesos le kilo, soit environ 2,5€. Pour ce prix la, nous lui prenons 5 kilos. Pour 10, ça devrait le faire. La dame, très gentille s'appelle Carmen et nous dit qu'elle a tué la vache il y a 3 jours et qu'elle sèche dehors depuis. D'ailleurs, la peau de la bête traîne encore par terre à quelques mètres de là. Je n'ai toujours pas compris par quel miracle la viande ne s'abîme pas ou ne grouille pas de vers (cf "Into the wild") mais ici tout le monde fait comme ça... Nous passons une bonne soirée avec nos 500g de viande chacun, cuite au feu de bois et préalablement bastonnée par Helene pour l'attendrir.

Le lendemain le bateau arrive a 11h. On nous explique qu'il va d'abord faire le tour du lac pour voir si les ermites qui habitent autour se portent bien. Retour prévu à 17h. La plupart des gens montent sur le bateau. Nous, on préfère rester sur la terre ferme, le bateau toute la journée, bof. Le bateau revient à 20h. Il fait nuit et nous embarquons à l'aide d'un zodiac. Puis c'est le tour des vélos, qui arrivent à 5, entassés les uns sur les autres. Tous les cyclistes sont un peu crispés à l'idée que leur vélo soit attrapé par un câble, où qu'il tombe et disparaisse dans les eaux glacées du lac O'Higgins.

Mais tout se passe bien et tout le monde se détend. Enfin presque, parce qu'Hélène et moi commençons directement à sentir les effets du tangage du bateau. À peine parti je dis à Helene : "Je pense pouvoir tenir 30 minutes max, après je suis malade". Elle me répond : "C'est justement le temps que mettent les pilules contre je mal de mer que nous venons de prendre pour agir".

J'avais été optimiste, 15 minutes plus tard, je me rend en zigzag à l'arrière du bateau, tout vert. Suivi de près par Helene. Et c'est parti pour 3 heures de cauchemar. On nous apporte gentillement des habits car nous crevons de froid et que nous sommes incapables d'aller les chercher tant nous sommes malades. Nous sommes régulièrement rejoints par des compagnons d'infortune. Un carabinero vient s'asseoir à côté d'Hélène. Pour prendre de nos nouvelles ? Euh, non, pour lâcher une quiche sur le pont à 50cm de nous, ce qui n'arrange rien. "Le temps n'a point de rive, l'homme n'a point de port, il coule et nous gerbons". Toutes mes excuses a Lamartine.

Finalement, notre calvaire prend fin. Nous sommes tellement mal en point que l'équipage oublie même de nous faire payer la traversée. Toujours 60€ d'économisé ! On nous dit que les vagues ont atteint 3,5m de haut. L'état de nos vélos en témoigne : dérailleur tordu, roue voilée, sièges abîmés. Et tout d'un coup je repense à mes réflexions sur les marins d'eau douce...

Après une petite journée de repos, nous sommes prêts à entamer la Carretera Australe. Nous partons en compagnie de Ben et Adeline, 2 Français sympathiques rencontrés en route. Petit détail rigolo, en discutant 5 minutes nous découvrons que nous avons une amie commune en France !


La route est une piste de qualité variable, qui comme prévu n'arrête pas de monter et descendre. Sans jamais monter très haut, nous faisons en général au moins 700 m de dénivelé par jour. Le soir, nous dormons bien. Les paysages sont souvent magnifiques, nous passons de lacs en cascades et de forêts en montagnes enneigées à longueur de journées. L'eau des rivières est directement potable et il y en a partout, ce qui fait que nous n'en portons presque pas.


Le deuxième soir, nous nous retrouvons à Puerto Yungay. Hélène et Adeline partent dans le village voir s'il y a une boulangerie. Elles reviennent en nous annonçant que les seuls habitants sont les 3 carabineros qui travaillent ici, et qu'ils nous invitent à dîner ! Génial.

Nous arrivons chez eux, ils nous invitent à nous asseoir et nous servent une plâtrée de pâtes à la sauce tomate, avec en boisson du Tang ananas (c'est un peu leur boisson sucrée nationale : de la poudre aromatisée et du sucre à diluer dans l'eau). L'un deux se met au garde à vous au bout de la table et nous regarde manger. En fait, il regarde les Simpsons qui passent à la télé, de l'autre côté de la pièce et rigole silencieusement. Un peu étonnés, nous essayons d'engager la conversation mais sans grand succès.

- " Vous invitez souvent des touristes à manger ?"
- " Non "

- " Et vous faites quoi ici ? "
- " Nous surveillons la route "

- " Et vous changez souvent d'affectation au Chili ? "
- " Non "

Nous avions amené une tablette de chocolat en se disant qu'on pourrait la partager avec eux. Nous lui en proposons un carré. Il regarde la tablette, la prend et va la ranger dans un placard..."Gracias".

Nous rentrons donc nous coucher sans avoir compris les raisons de notre invitation à dîner par ces drôles de carabineros.

Puerto Natales et Torres del Paine


Arrivés a Puerto Natales, nous recherchons RastaBill et son auberge, nommée Erratic Rock (terme qui se rapporte aux rochers transportés par les glaciers sur des kilomètres, et qui se retrouvent donc loin de leur origine). En effet la cousine de Francis, Caroline, et son mari, Todd, nous ont envoyé un mail 2 jours avant, nous disant qu'ils ont un ami à Torres del Paine : RastaBill.

Nous lui avons bien envoyé un mail le prévenant de notre arrivée, mais nous ne savons pas trop à quoi nous attendre. Ce "Rastabill" va-t-il nous donner quelques vagues infos ou va-t-il nous acceuillir à bras ouverts ? Mystère.

Nous découvrons un Bill adorable, un bon gringo qui n'a plus vraiment de rastas, mais une casquette et une grosse moustache. Il paraît qu'on n'obtient pas de carte d'identité sans au Chili. Il nous acceuille immédiatement dans sa nouvelle maison, qu'il est en train de rénover pour que son frère Paul ouvre un bar. Il n'y a donc encore ni 'électricité ni chauffage mais nous sommes à l'abris des intempéries patagoniennes.

Quand nous lui demandons conseil sur les randonnées à faire dans le parc de Torres del Paine, Bill (qui est aussi guide de moyenne montagne) nous dit qu'il va partir marcher le lendemain pour 5 jours avec son frère et que nous sommes les bienvenus. Et qu'il y a une soirée le soir même à laquelle nous sommes conviés !

En une petite après midi nous préparons nos sacs de rando et cherchons quelque chose à apporter à la soirée. Francis se charge des courses, tandis que je prépare une quiche et un gâteau au chocolat.

Le soir, nous dégustons un agneau entier qui cuit au feu de bois dans la cour et rencontrons un couple de Suisses qui voyagent avec leur fils de 5 ans depuis 2 ans et demi. En tout, ils ont déjà pédalé pendant 5 ans et avec les vélos et les bagages, ils portent entre 100 et 110 kg chacun. Avec nos 42 kg, nous sommes des plumes ! Ils souhaitent continuer autant que possible, avec comme prochaine étape la Nouvelle Zelande.


Le lendemain matin, nous prenons avec Paul et Bill le bus de 7h30. Une fois arrivés dans le parc de Torres del Paine, nous commencons le célèbre circuit "W". 5 jours de rando sous le soleil (ce qui est apparement rarissime), dont les points d'orgue sont le glacier Grey, la vallée du Francais et son magnifique cirque de Cuernos (montagnes bicolores, du fait de la roche sédimentaire noire qui a été soulevée par une poussée volcanique de granite blanc-beige), pour finir par les célèbres "Torres".


Au fil de la marche, nous apprenons par Bill plein de détails sur la montagne, la faune et la flore. Nous découvrons aussi qui sont nos camarades de randonnée.. Paul a un peu mal à l'épaule mais il dit que c'est normal. On lui demande pourquoi. "Oh, j'ai eu un accident de voiture il y a quelques années, mais je l'avais un peu cherché. Je conduisais vitr à jeun en buvant de la bière d'une main, en mangeant des frites de l'autre, et en tenant le volant avec les genous dans une route en lacets."
Il est parti dans le décors, a fait une chute de 15m, a atterri sur le toit. Il a fallu faire appel à un camion ouvre boîte pour sortir le pauvre Paul, car sa camionette était toute pliée et les ouvertures étaient hors d'usage. L'assurance l'a bien dédommagé, sauf pour la rééducation que du coup il n'a pas faite. Et pour l'arbre qu'il a fallu scier pour récupérer sa voiture (150$).


Bill lui a beaucoup voyagé, en faisant des petits boulots pour vite repartir ailleurs. Il vit a Puerto Natales depuis 7ans, et son auberge est le boulot qu'il a gardé le plus longtemps dans sa vie.
Il a les dents du haut cassées, et en tant que dentiste, intriguée je lui demande pourquoi. Il me dit qu'en voiture avec un ami, il se goinfrait de caramels. Arrêtés à une station service, son ami lui lance quelque chose. Pensant que c'est un caramel, il l'attrape avec les dents. Sauf qu'il s'agissait d'une pièce pour que Bill appelle sa mère au téléphone !

Du coup, il me pose des questions sur son hygiène dentaire :
-"Hélène, sans rire, je me brosse les dents à tout casser une fois par semaine, et je n'ai que 2 plombages, tu crois que je devrais le faire plus souvent ? Parce qu'il y a des gens qui disent que ça les use parfois quand on le fait trop."
A 40 ans, je donne a Bill ses premiers conseils d'hygiène dentaire.

Les 2 frères ont grandit dans l'Oregon dans une ferme de cow boys et d'ici quelques années, ils souhaitent revendre leur hôtel pour acheter une ferme un peu plus au Nord le long de la Carretera australe.

Le 3e jour, Bill boit dans sa rivière préférée, mais il trouve que l'eau a un goût un peu "organique". Nous passons une super soirée ensemble à papoter autour du feu : RastaBill nous parle du temps où il voyageait en Afrique avec Todd, le mari de la cousine de Francis.

"Todd, c'est un peu mon héros contemporain. Ce mec a confiance en lui et du coup il réussit tout ce qu'il touche. Et à 40 ans, il a encore un corps de Brad Pitt ! En Afrique, il faisait des pompes en attendant le bus, sous le regard ébahi des gens. Puis il faisait 10 tractions pour Dieu. Et puis 10 pompes pour Bouddah !" "Whatever's best for me, Bill !"


La nuit, Bill est tombé franchement malade. Nous repartons donc à 3 pour la fin de la rando, en laissant à Bill les médicaments nécessaires.
Nous l'avons retrouvé dans le bus du retour vers Puerto Natales, un peu moins blanc mais affamé. Pour le remercier et le rassasier, on l'a invité dans un resto afro-chilien (Afrigonia), dont Paul nous avait parlé en nous mettant l'eau à la bouche après notre 4e jour de pâtes-sauce tomate.
Tout ne peut pas toujours être rose, et j' oublie dans le bus le sac de pique-nique qui contenait accessoirement notre réchaud de rando, nos gamelles, un sous-pantalon et un joli couteau (un Nontron !) auquel Francis tenait. Nous essayons de téléphoner pour retrouver ledit sac, mais sans succès. Nous rachetons donc des gamelles, et vogue la galère...

La suite (enfin !)

Nous rencontrons deux Francais, Marion et Yahel, tous les 2 très sympathiques. Ça fait plusieurs années qu'ils voyagent un peu partout, tout en travaillant sur Internet quelques heures par jour. Encore un soir où l'on avait déclaré "ce soir on se couche tôt, et demain matin on part de bonne heure". Encore raté. Cette phrase a de toutes les façons perdu toute crédibilité depuis longtemps.

Nous parlons avec eux toute la soirée de voyages et de beaucoup d'autres choses. Ils nous font entre autres rêver en nous racontant leur rencontre avec des lions de mer sur la plage de Surrat Bay à la pointe sud de la Nouvelle-Zelande. Il faut dire que Yahel les mime très bien...Le lendemain matin, nous mettons les voiles vers midi (comme souvent) et prenons la route du Sud.


Nous y rencontrons Mireille et Gilles, deux Francais à vélo. Gilles est un gros pédaleur puisque ça fait 10 ans qu'il visite le monde sur 2 roues en ne travaillant que quelques mois par an. Son secret : il coupe des sapins en Norvège 2 mois par an pour Noël, ce qui est apparement très bien payé. En plus de cela, il va avec ses collègues 3 fois par semaine faire ses courses dans les poubelles des super marchés. Apparement là bas c'est interdit, du coup personne ne le fait et ils y trouvent des merveilles. Ah bon...
C'est sûrement à mettre en parallèle avec ce que nous avons lu dernièrement : en Europe, un quart (!) de la nourriture produite part à la poubelle. Gilles nous apprend également qu'en France, les supermarchés mettent des grilles à leurs poubelles ou bien passent tout les produits à l'eau de javel avant de les jeter pour les rendre inconsommables.


Arrivés à Queenstown, nous prenons pour traverser le lac un authentique bateau à charbon, en service depuis 1912. Consommation : 1 tonne de charbon par heure. Ça veut dire que le bonhomme en face de la chaudière n'arrête pas de jouer de la pelle pour garder le monstre bien nourri. La salle des machines est impressionante. Nous attendent de l'autre côté du lac 100 km de pédalage sympa sur une route de gravier très peu fréquentée. Nous dormons sur une plage de sable fin au bord du lac Mavora et arrivons 2 jours plus tard a Te Anau, parfois aidés, parfois martyrisés par un vent à décorner les boeufs.


Petit détail étonnant, c'est à ce moment que pendant toute une journée nous avons eu un soleil orange qui donnait aux paysages une teinte dorée, genre coucher de soleil au milieu de l'après-midi. Nous avons appris plus tard que ce phénomène était dû aux grands feux de forêts australiens, qui bien qu'à plusieurs milliers de kilomètres, envoyaient tellement de particules dans l'air qu'elles coloraient la lumière jusqu'ici.


De là, nous abandonnons nos vélos pour aller faire un tour à Milford Sound, LE RDV à touristes de l'île. Et comme la route se prête peu au cyclisme, nous faisons du stop. Sous la pluie. Beaucoup de pluie. Dans la région, il tombe 8 mètres de pluie par an, et ça se sent tout de suite. La route est magnifique (surtout à l'abris dans une voiture...) , les cascades qui tombent des montagnes abruptes sont énormes et inombrables. Nous rencontrons le perroquet alpin de Nouvelle Zelande, le Kea. Vu sa tête, il avait dû oublier son Kway.


A Milford Sound, il fait un temps affreux, au point qu'on n'apercoit même pas les montagnes qui nous entourent. C'est malheureusement ça qu'il y a à voir. Nous déjeunons sur le seul mètre carré public sec de la zone : une station service désaffectée où les bataillons de sandflies ne tardent pas à nous repérer. Heureusement, les nuages se lèvent (un peu) et nous apercevons enfin Milford Sound, ses cascades, ses pics... Bon, on n'est pas venu pour rien. Nous cherchons donc à rentrer à Te Anau, mais nous avons mal calculé notre coup : il n'y a plus grand monde et les gens qui restent comptent tous passer la nuit ici. Au moment ou notre moral tombait au dessous du niveau de la flotte dans nos chaussures (1 cm ?), un couple d'Anglais se dirige vers leur voiture. Nous ne leur laissons aucune chance en attrapant l'oiseau au moment où il est le plus vulnérable : lorsqu'il ouvre ses ailes.

- Bonjour Monsieur du Corbeau
Que vous êtes joli, allez-vous à Te Anau ?
Sans mentir, si notre mouillage se ramène dans votre garage, vous êtes le phénix des hôtes de cet endroit.
A ces mots, l'Anglais n'a plus le choix. Il ouvre une large porte, nous laisse entrer fous de joie.


Ces Anglais sont forts sympathiques. Ils se plaignent bien sûr de la chute de la Livre comme tous les Anglais que nous croisons.. Sauf qu'après bientôt 6 mois passés au grand air et sur le vélo, j'ai un peu perdu l'habitude des voitures et je suis malade. Quand tout vert je leur demande de ralentir un peu, ils semblent ne pas comprendre pourquoi. Quand je leur dis qu'ils ont 10 secondes pour arrêter leur voiture avant la catastrophe, le message passe mieux... du coup, c'est le mari qui s'est fait engueuler de conduire trop vite par sa femme et qui a dû rouler jusqu'à Te Anau à 50km/h. Heureusement qu'ils étaient vraiment gentils.

Après cette dure journée, nous rentrons trempés au camping où nous decidons de prendre une chambre pour pouvoir faire sécher les affaires. Nous suspendons tout là où nous trouvons de la place et partons dîner dans la cuisine.

20 minutes plus tard, quelqu'un vient et nous tient ce discours quelque peu alarmiste :

- vous êtes chambre 39 ?
- oui
- elle est en feu.

Nous fonçons donc vers notre chambre où nous sommes acueillis par une sale odeur de fumée et un employé pas très content. Mon sac de couchage en duvet avait pris feu au contact d'une ampoule et il est foutu. Et puis il sent plutôt bizarre. Nous terminons donc cette dure journée d'une humeur maussade dans notre chambre qui sent le canard brûlé.


Le lendemain nous partons vers le sud dans l'espoir de voir les fameux lions de mer mimés par Yahel. Et puis quitte à traverser toute l'île sud depuis Picton, autant le faire jusqu'au bout. Et très vite il se met à faire très froid. Nous nous achetons donc des bonnets en poil de possum, une spécialité locale. Ces petites bêtes importées d'Australie sont si nombreuses en Nouvelle-Zelande (environ 50 millions paraît-il) que les Neozelandais ne savent plus quoi en faire. En pratique, ils les empoisonnent, en font des tartes et des bonnets. Il faut dire qu'elles ont le poil très doux et, comme les ours polaires, creux. Donc très chaud.


Nous arrivons ainsi coiffés à Curio Bay oú la chance nous sourit : nous y observons des pinguins aux yeux jaunes. Nous voyons les parents rentrer du boulot et nourir les petiots qui passent la journée sur le rivage. Plutôt cool.

Puis nous partons à la rencontre des lions de mer. Encore une fois la chance nous sourit et nous tombons à Surrat Bay sur une famille entière en train de bronzer sur la plage. Les bestioles sont assez impressionantes, entre 350 et 500kg pour les mâles et entre 150 et 250kg pour les dames. Nous restons donc à quelques bons mètres, surtout que malgre leur poids et leur absence de jambes dignes de ce nom, ces lions sont étonnement vifs. Occupations principales : dormir, bronzer et jouer à se bastonner. Nous observons même le petit bébé trognon en train de téter sa maman ! Bon, ca valait bien le coup de pédale jusque ici.

Et c'est à peu près là que pedalistiquement parlant, notre voyage en Nouvelle-Zelande s'est arrêté. Nous sommes à Balclutha, tout au sud de l'île du sud et notre avion part d'Auckland, au nord de l'île du nord. Si ça c'est pas de l'Organisation ?

Nous remontons donc jusqu'à Christchurch oú nous ne perdons pas notre temps. Nous rachetons un sac de couchage et nous faisons réparer notre réchaud Primus dont le tuyau s'était percé. Chapeau à Primus : sans facture, on nous a changé la pièce défectueuse gratuitement. Second tirage de chapeau, cette fois à Mountain Hard Wear. Nous n'étions pas du tout contents de l'étanchéité de notre tente tunnel Spear 2 GT. On nous l'a echangée contre un autre modèle (Skyledge 3) gratuitement aussi, alors que nous l'avions déjà utilisée pendant 6 mois.


Puis nous sommes passés à Wellington chez nos amis rencontrés en rando : la famille Bloomfield. Nous avons passé 2 jours chez eux, principalement à faire des batailles d'eau et des avions en papier avec les enfants. Mais le temps presse, nous remontons donc en bus jusqu'à Wai O Tapu, la fameuse réserve thermale. C'est de là que viennent les jolies photos de notre album.

Et nous voilà à Auckland, à attendre notre vol. Nous rencontrons à notre arrivée 2 Français pédaleurs, Thibaut et Matthieu. Petit détail rigolo, ceux-ci sont partis de France quasiment en même temps que nous, mais vers l'Ouest. Et nous nous rencontrons 6 mois plus tard à l'autre bout du monde, chacun ayant fait une moitié du chemin. Moins drôle par contre, il leur arrive le cauchemar de tout cyclotouriste, et de tout voyageur en général : leurs sacoches ont disparu lors de leur dernier vol. Ils doivent donc la mort dans l'âme racheter la moitié de leur matériel...

Puis le grand jour arrive, celui du départ vers le Chili. Après 3 mois passés en Australie et Nouvelle-Zelande, l'excitation de l'inconnu nous reprend. On demonte les vélos comme nous savons à présent si bien le faire, on emballe le tout et ... PATAGONIE NOUS VOICI !!!

Santiago


Nous avons debarqué en Amérique du Sud à Santiago. Comme nous avions 24h d'attente, nous avons décidé de laisser tous nos bagages à la consigne de l'aéroport et de passer la journée en ville.
Très vite, nous avons été confrontés au problème de la langue. L'espagnol n'est pas vraiment notre fort. Pourquoi avons nous appris l'allemand, mais pourquoi ?!! Et à chaque fois que nous essayons de dire quelques mots, ils sortent en italien.

Il nous faut un guide français-espagnol, et vite !

Mais pour trouver ce fichu guide, nous avons du nous débrouiller avec le langage des signes. Nous avons d'abord été orientés vers la poste centrale, puis vers l'office du tourisme. Là, ils parlaient anglais (un peu) donc on a pu trouver toutes les infos dont nous avions besoin : où manger, quoi visiter et où trouver une librairie. Nous avons fini par prendre le guide anglais-espagnol du Lonely Planet (il avait l'air pas mal mais a posteriori, il manque les bases de conjugaison et pas mal d'autres choses).


Puis nous avons pris le chemin du marché central pour déjeuner. A la carte, il y avait des huitres pas chères, mais nous avons pensé que c'était sanitairement risqué dans ce petit resto pas très clean. Nous avons donc commandé ce qu'on pensait être une salade de fruits de mer cuits. En réalité, ils sont arrivés crus dans notre assiette. Un peu apeurés et un peu ecoeurés par ces bestioles étranges, nous avons tout mangé (avec beaucoup d'oignons et de citron quand même). Et c'était bon ! Et nous ne sommes même pas tombés malades.

Puis nous avons pris le chemin du musée d'art précolombien. Et avons croisé un magasin d'électronique. Francis, qui s'intéresse depuis peu à l'énergie solaire et aux batteries au plomb, se précipite à l'intérieur du magasin. En effet, notre toute nouvelle batterie nous a été confisquée à l'aéroport d'Auckland. Nous ressortons avec une nouvelle batterie au plomb (beaucoup moins chère qu'en Nouvelle Zélande) de 500g, et la ferme intention de la faire passer en douce dans l'avion pour Punta Arenas.

Pour finir, le musée d'art précolombien est magnifique. C'est une collection privée, et les pièces sont toutes plus belles les unes que les autres. Il en ressort quand même que ces gens aimaient les substances psychodysleptiques : ils allaient jusqu'à se faire vomir avant pour en augmenter les effets. L'exposition temporaire sur les pêcheurs montrait que ceux-ci étaient très habiles, s'attaquant aux baleines sur des petits rafiots à rames en peau de phoque gonflée d'air.


Revenons au 3e millénaire, et dirigeons nous vers notre prochain avion. En route pour la Patagonie !

Patagonie chilienne : de Punta Arenas à Puerto Natales

Nous sommes arrivés sans embages à l'aéroport de Punta Arenas. Sortis de l'avion, nous avons mis tout notre bardas dans un minibus (prononcer "minibous"), et avons pris la direction du centre ville.


Installés dans une petite auberge (Il Conventillo), nous avons préparé notre périple chilien. Francis a remonté les vélos dehors, c'est a dire dans un vent et un froid glacial : bienvenue en Patagonie.
Moi, je suis allée faire les courses. Ici, on ne trouve pas de Weetabix, pas de miel, pas de Corned beef. Le rayon pain est très différent de ceux auxquels nous nous étions habitués en Australie et en Nouvelle-Zélande : il n'y a que 2 sortes de pain industriel, plein de pain blanc aux formes variées, et des énormes gâteaux pleins de crème. Il faut s'adapter. Nous avons demandé où était le white spirit, le vendeur nous a d'abord montré le rayon des boissons énergisantes (Red Bull...) puis celui des spiritueux en en cherchant un blanc, pour finir par celui des colles. Nous voulions nettoyer notre réchaud, il est resté encrassé.

En ce qui concerne la gastronomie locale, nous nous sommes vite rendu compte que le plat national est le "pollo con arroz", ou riz au poulet. Ça, ça se trouve partout, et tout le monde comprend. C'est pas vraiment gastronomique, mais c'est pas cher et ça se mange bien.
Voila maintenant une bonne adresse à Punta Arenas : la Luna, où le poisson est excellent, dans un cadre et une ambiance très sympas. Après le diner, nous nous promettons une fois de plus de nous coucher tôt, et de partir tôt le lendemain matin.

Mais le soir venu, nous discutons avec un jeune dentiste chilien moustachu (qui a été expédié à Provenir en Terre de feu parce que personne ne veut y aller) et avec un joueur de squash. Ce dernier a la peau blanche et les cheveux et la moustache blonds comme les blés. Nous lui demandons d'où il vient. - "du Chili. Je sais, c'est bizarre : mes parents sont chiliens, je suis 100% Chilien. J'ai juste un grand père d'origine espagnole." Ceci n'expliquant pas vraiment cela, nous l'avons rebaptisé "le fils illégitime du surfeur australien".


Le lendemain matin, Francis est malade. Nous partons tout de même vers midi à l'assaut de la Patagonie. Nos montures fraîchement graissées filent malgré le vent de face. Sur une piste, nous découvrons la faune locale : des nandus a foison (sortes d'autruches), nombre de gros oiseaux volants non identifiés (OVNI), des guanacos (le guanaco est une sorte de lama local et contrairement à ce dernier, il est sauvage) et d'autres gazelles au long cou.


Le 2e soir, nous plantons notre nouvelle tente sur le bord de la route, et c'est notre baptême du vent : la toile de la tente claque et fait tellement de bruit qu'il est difficile de dormir. Nous découvrons également que les duvets soit-disant confort -1* sont tout juste assez chauds quand il fait 3* dans la tente. Nous nous adaptons à cette nouvelle donne climatique.

Le lendemain, le vent forcit encore. A l'heure du déjeuner, il se met en plus à pleuvoir et nous ne trouvons pas d'abris. Il faut dire que le paysage ressemble a une vaste plaine occupée uniquement par des oiseaux et des moutons. Nous devons donc monter la tente pour dejeuner à l'abris.

Le soir, comme la journée a été dure, nous voulons dormir à l'abris dans une auberge. Pensant que "estancia" signifie ferme auberge, nous entrons dans une estancia à la recherche d'un maître d'hôtel. Nous faisons le tour des bâtiments et personne ne répond. Finalement, un vieux monsieur sort de sa maison et nous demande ce qu'on veut. Quelle question ?! -"dormir." Il nous montre une maison avec une grande salle de style salle des fêtes, mais manifestement sans douche ou WC. Puis une maison dont il n'a pas les clés : il essaye d'ouvrir la porte d'abord avec un bout de bois puis avec un fil de fer. Comme il n'y arrive pas, on lui dit que la salle des fêtes fera l'affaire, et on lui demande combien ça coûte. Et lui de répondre : "mais rien. C'est pas pour les touristes ici". En fait "estancia" signifie "ferme" et non "auberge" comme nous le pensions ! Nous nous sentons un peu genés d'avoir debarqué chez lui comme ça, mais ça n'a pas eu l'air de l'étonner. Il nous invite pour le petit dejeuner à boire du café et manger du pain et du jambon. Nous nous laissons faire et sommes bien contents de manger autre chose que de l'avoine bouillie, comme nous le faisons depuis 3 jours. Le fermier qui nous acceuille, Haro (71 ans) nous explique qu'il est en train de tondre ses moutons avec son fils. Ca leur prend 4 mois par an, tous les ans !


Heureusement que nous avons pris des forces, car un vent de folie nous attend. Les rafales peuvent atteindre 130km/h, dixit Haro. Il paraît qu'avec des vélos couchés, c'est plus facile. C'est possible car nous arrivons à pédaler à 6km/h en poussant comme des forcenés quand le vent est plein face, tandis que les vélos droits se font parfois arrêter dans les rafales. Chaque kilomètre nous paraît une épreuve. Nous profitons des abribus aux toits bleus (apparement très connus dans le monde des cyclotouristes) pour faire des pauses régulières en buvant du thé de la thermos que j'ai achetée à Punta Arenas pour 2400 pesos (4,5€). Dans un de ces abribus, situé au sommet d'une petite colline, le vent a cassé les fenêtres du côté nord.

Après 32 km pédalés face à ce vent furieux, nous faisons une petite pause goûter dans le seul hôtel du coin : nous mangeons un "bife a la pobre" (le steak du pauvre), c'est à dire un
steak, avec des oeufs dessus, des oignons frits et des frites. Revigorés, nous repartons sous la pluie.





Le soir, nous trouvons un petit coin dans les arbres, après plus de 100 km de plaine et de broussailles. La tente est bien protegée du vent et nous dormons comme des petits loirs.





Aujourd'hui, miracle : pas de vent ! Francis rentre juste d'un petit aller-retour pour récupérer le dérive chaîne qu'il avait laissé sur le bord de la route après avoir re-reglé ses freins, et nous repartons. Nous arrivons à Puerto Natales sous le soleil après une belle descente : ça fait du bien d'avoir une belle journée facile !

La Nouvelle-Zelande


L'arrivée sur Wellington s'est faite sans problème. Nos vélos étant a peu près propres, les douaniers se sont cette fois penchés sur notre tente, et l'ont brossée à qui mieux mieux pour faire partir la terre australienne.

- Vous voyagez avec un oiseau ?
- Non, pourquoi ?
- Il y avait beaucoup de plumes dans votre tente.
- C'est nos sacs de couchage...
- ah... alors c'est bon.

Un petit somme sur les banquettes de l'aéroport, et le réveil est dur : les femmes de ménage arrivent à 4h. Nous remettons donc nos velos en état de rouler, et nous voilà repartis, sous la pluie.


Heureusement, coup de génie, Hélène avait recuperé à l'aéroport un bon "50% sur les petits-dejeuners" valable dans un hôtel du centre. Apparement, implicitement ca voulait dire "si vous prenez une chambre". Sauf que c'était pas marqué et que nous on est plus du genre explicite... Du coup nous avons eu le droit au buffet continental à volonté pour 10€ à 2. Rien de tel pour se remettre du vol !

Un petit coup d'oeil au beau musée de Wellington : Te Papa, puis nous partons prendre le bateau pour Picton. L'île du Sud nous acceuille, ainsi que ses côtes sauvages.


Le lendemain matin il fait beau et nous prenons la route de Nelson. On peut difficilement se tromper, il ne part de Picton que 2 routes. Sauf que ce jour là, c'est Hélène qui a le plan et qui dirige la troupe. Résultat, au bout de 30km nous nous rendons compte que nous sommes sur la mauvaise route. Mais ce n'est pas de sa faute, "c'est les panneaux qui sont trop mal foutus". Coup de chance, la route que nous avons prise est très plate, très calme, et très jolie. Le retour aux pedales se fait donc en douceur.



Quelques jours plus tard, nous arrivons à St-Arnaud, petite ville au bord d'un lac magnifique et entourée de montagnes. On nous conseille d'y faire une randonnée de 3 jours jusqu'au pic Angelus. Petit soucis, il est 15h et nous n'avons ni sac a dos ni endroit pour mettre les vélos. De plus la randonnée commence à 1h30 de marche du centre ville et on aurait bien voulu partir le jour même pour gagner du temps. C'est à ce moment qu'on lance le générique de mission impossible et qu'après une courte prière au dieu des gens pas prêts nous nous élancons vers le Visitor Center. Nous y rencontrons Gabriella qui nous dit d'aller voir son copain Kerry qui travaille à quelques kilomètres de là dans un centre d'activité pour jeunes. Il aura peut-être un sac à dos pour nous. On va le voir, on papotte, on sympathise et Kerry nous loue un sac à dos pour 2€ par jour, nous propose de garder nos vélos en notre abscence et de nous déposer en voiture au début de la rando...inespéré !

Nous voilà donc partis vers Angelus. Et nous ne le regrettons pas, le chemin est magnifique, les montagnes ont encore un peu de neige à leur sommet et les rivières sont limpides. Le paysage nous rappelle la Corse, en peut-être encore plus beau. J'espère qu'aucun Corse ne va lire ça.


Aidés par notre entraînement de cyclistes, nous arrivons dans les premiers au refuge d'Angelus au 2eme jour de marche. Peu après arrivent un Papa et ses 2 enfants de 8 et 12 ans. Ceux-ci ont très peur d'un petit Coréen ronfleur qui était dans leur refuge la nuit dernière. Ils décident donc de prendre les lits a côté des nôtres. Hélène les prévient que moi aussi je ronfle pas mal. Pour les rassurer, je leur donne l'autorisation de me lancer des objets dessus. Les enfants aiment l'idée. Nous sympathisons donc avec eux et jouons aux cartes toute la soirée.

- ahh, les Francais gagnent cette partie... déjà qu'on leur a toujours pas pardonné le Rainbow Warrior...
- C'est quoi le Rainbow Warrior, papa ? C'est quand ils nous ont battu au rugby ?
- C'est pas ça fiston, mais c'est aussi un sujet délicat ...

Dans le refuge se trouve un groupe organisé "Active New-Zeland" avec leurs guides. Ils nous font beaucoup de peine, les enfants avec qui nous jouons paraissent plus matures qu'eux. Sous pretexte qu'ils payent leur séjour cher, ils débranchant leur cerveaux.

- mon thé est froid, je peux avoir de l'eau chaude ?
- on doit mettre quoi comme vêtements demain ?
- il faut mettre de la crème solaire ?
- Et on doit remplir les gourdes aussi ?
- Comment s'appelle le refuge oú nous sommes ?
bomb


La famille est tellement cool qu'ils nous invitent à venir dormir chez eux le lendemain.
Le matin, nous partons de bonne heure car nous voulons faire un petit détour vers le pic Angelus. Un allemand nous avait dit 1h aller 1h retour, mais il faut toujours se méfier des allemands. La ballade est magnifique. Nous y perdons une montre Decathlon et y trouvons une paire de Ray Ban, le bilan est donc neutre. Mais elle nous prend 3h30 facile. Du coup nous sommes un peu en retard car Kerry nous a dit qu'il restait au boulot jusqu'à 17h ... et il nous reste 6 heures de marche à faire. Nous marchons aussi vite que possible et arrivons super justes à la fin de la rando : il est 17h. Or il nous faut encore faire du stop jusqu'à la ville, c'est la crise. Nous arrivons au parking et tombons sur ... Kerry et Gabriella qui nous attendent en souriant. Nous tombons des nues... Comment savaient-ils que nous arrivions par ce chemin (il y en a 3 différents) et à cette heure là ?


Petit haussement d'épaule : "oh, bah en fait j'avais rien à faire aujourd'hui et j'ai vu ce que vous aviez marqué sur vos vélos, "Google us : F6-LN" alors j'ai trouvé votre blog sur Internet. Je parle pas Francais mais j'ai trouvé votre histoire de Spot et puis j'ai trouvé le lien qui donnait votre position. Du coup j'ai vu que vous arriviez par cette route là et on est venu vous attendre..."

La conclusion etait claire : nous avions un ange gardien !

Puis nous parlons longuement de voyages, de rando, de sport. Kerry ne paye pas de mine mais c'est en fait un extra-terrestre. Il fait des courses par équipe et c'est du genre : "on commence par 78km de VTT, puis on court 47km jusqu'au mont machin d'oú on part pour 40km de canoë. La on refait 100km de vélo, puis on recourt 30km, et blablabla ... En tout on fait 650km quasi non-stop en faisant des micros sommes de 20 minutes." Et puisqu'on y est, il nous vend un sac à dos pour nos prochaines rando à 25€ et nous indique toutes les meilleurs rando de Nouvelle-Zelande.


Le soir nous nous rendons chez nos amis du refuge. Le lendemain matin, c'est concours d'avion en papier avec les enfants. Encore une fois le papa ne manque pas d'humour sur les "frogs" : "nez pointu, construction française et ça se crashe, ça doit être un concorde !".

Et puis finie la rigolade, nous remettons les voiles vers la côte ouest. La fameuse côte ouest oú il pleut, il vente, mais qui est si belle...et nous ne sommes pas déçus. Nous sommes acueillis par des pluies torrentielles... Et des sandflies par milliers.


Alors une sandfly, c'est un petit moucheron, plus petit qu'un moustique, qui s'écrase assez facilement. Sauf qu'ils arrivent par paquets de 50 et que les répulsifs ne marchent qu'à moitié. En gros, c'est chiant et ca gratte vachement. Selon les Maoris, elles auraient été créées par une divinité pour empêcher les hommes de se laisser étourdir par la beauté du paysage. C'est une version plus philosophe.


Notre descente de la côte s'est très bien passée. Il a finalement fait beau et nous avons pédalé plusieurs jours à plusieurs, avec Murray l'Australien et Shaha l'Israelien. C'est d'ailleurs assez rigolo, phénomène de mode, la Nouvelle-Zelande est immensément populaire chez les Israeliens et on en croise en permanence.


Nous avons vu des glaciers, de la rain forest à gogo avec ses lianes et ses fougères luxuriantes, des cascades par milliers, des rivières aux eaux étonnement bleues turquoises, des arcs en ciels, des sommets enneigés, des grottes... Génial.


Petite mention spéciale au Backpacker de Hari Hari, le "Wildeside". L'eau de la douche y est chauffée au feu de bois, on y écoute de la musique avec des vieux vinyles tout gondolés, et les proprio valent le détour. Ces jeunes parents sont des écolos de première, produisent leur nourriture eux-mêmes, ont des bêtes, des arbres, un potager et des ruches. Ils construisent tout à partir de matériaux recyclés. Le résultat est unique et vraiment sympa. Nous les avons beaucoup aimé.


Nous avons quitté la côte à Haast en passant par la Haast pass. Ce col, nous ne sommes pas prêts de l'oublier tellement il nous a fait souffrir ! Sous une pluie diluvienne, les quelques kilomètres ultra pentus nous ont paru une épreuve insurmontable... Il faut dire que nous étions déjà mouillés de la veille et qu'avec un déjeuner passé à combattre les sandflies dans le froid, nous n'étions pas au top du moral pour aborder ce col qui ne monte pourtant qu'à ... 562 mètres !

De l'autre côté, nous arrivons à Makarora et retombons une fois de plus sur notre bon Murray. C'est la dernière fois qu'on l'a vu. C'est qu'à force de se dire adieu tous les jours et de se retrouver au même camping le lendemain, on finit par croire que ça va durer pour toujours... Eh en fait non.


De là, nous repartons pour une rando de 3 jours en montagne, cette fois-ci un peu plus costaud. Pour mettre en jambe, elle commence par une traversée de rivière. De l'autre côté on y trouve une radio pour appeler un bateau si l'eau monte trop pour pouvoir revenir à la civilisation (genre Into the wild). Et nous voilà partis pour 3 grosses journées, toutes magnifiques. On a pris beaucoup de photos, elles sont dans notre album Nouvelle-Zelande. Il y a dans ce pays des randonnées "star" que tout le monde veut faire. Du coup elles coutent cher et il faut réserver des mois à l'avance.

Et puis il y en a des dizaines inconnues au bataillon et tout aussi belles : nous en avons eu plein les yeux et en 3 jours de marche nous n'avons croisé qu'un seul couple ! Par contre l'organisation fait sourire : après avoir re-traversé la rivière, le retour à la route se fait en traversant des champs entourés de clôtures électriques ! Ça rajoutte du piment au saute-clôture...

De retour sur nos montures, nous atteignons Wanaka oú nous degottons 2 merveilles :
- primo, un compteur de vélo qui fait altimètre, thermomètre et cardiofréquencemêtre. Ça ne vous fait pas rêver ? C'est normal ! Mais faites quelques heures de vélo par jour pendant 6 mois et vous verrez que vous ne rêverez plus des mêmes choses... Hélène me l'offre pour mon anniversaire et je suis tout fou avec mon nouveau gadget. Mon nouveau jeu, voir quelle est ma fréquence cardiaque minimale. Pour l'instant, j'arrive pas à passer sous les 54... Mais je suppose que ça ne vous fait pas rêver non plus ?
- deuzio, le meilleur Cinema du monde. Petit cinema, une seule salle, un concept : comme à la maison. En guise de siège, des gros canapés confortables où l'on s'avachit avec délice, et à l'entracte, vente de cookies maison qui sortent juste du four ! Oui, il y a un entracte car ils n'ont qu'un seul projecteur et doivent changer de bobine en cours de route. Ça ne fait que rajoutter au charme !


Nous reprenons la route et vient le temps des rencontres amusantes. D'abord Mireille et Gilles, deux Francais à vélo. Gilles est un gros pédaleur puisque ça fait 10 ans qu'il visite le monde sur 2 roues en ne travaillant que quelques mois par an. Son secret : il coupe des sapins en Norvège 2 mois par an pour Noël, ce qui est apparement très bien payé. En plus de cela, il va avec ses collègues 3 fois par semaine faire ses courses dans les poubelles des super marchés. Apparement là bas c'est interdit, du coup personne ne le fait et ils y trouvent des merveilles. Ah bon...
C'est sûrement à mettre en parallèle avec ce que nous avons lu dernièrement : en Europe, un quart (!) de la nourriture produite part à la poubelle. Gilles nous apprend également qu'en France, les supermarchés mettent des grilles à leurs poubelles ou bien passent tout les produits à l'eau de javel avant de les jeter pour les rendre inconsommables.

A suivre ...

La Nouvelle-Zelande

L'arrivée sur Wellington s'est faite sans problème. Nos vélos étant a peu près propres, les douaniers se sont cette fois penchés sur notre tente, et l'ont brossée à qui mieux mieux pour faire partir la terre australienne.

- Vous voyagez avec un oiseau ?
- Non, pourquoi ?
- Il y avait beaucoup de plumes dans votre tente.
- C'est nos sacs de couchage...
- ah... alors c'est bon.

Un petit somme sur les banquettes de l'aéroport, et le réveil est dur : les femmes de ménage arrivent à 4h. Nous remettons donc nos velos en état de rouler, et nous voilà repartis, sous la pluie.

Heureusement, coup de génie, Hélène avait recuperé à l'aéroport un bon "50% sur les petits-dejeuners" valable dans un hôtel du centre. Apparement, implicitement ca voulait dire "si vous prenez une chambre". Sauf que c'était pas marqué et que nous on est plus du genre explicite... Du coup nous avons eu le droit au buffet continental à volonté pour 10€ à 2. Rien de tel pour se remettre du vol !

Un petit coup d'oeil au beau musée de Wellington : Te Papa, puis nous partons prendre le bateau pour Picton. L'île du Sud nous acceuille, ainsi que ses côtes sauvages.

Le lendemain matin il fait beau et nous prenons la route de Nelson. On peut difficilement se tromper, il ne part de Picton que 2 routes. Sauf que ce jour là, c'est Hélène qui a le plan et qui dirige la troupe. Résultat, au bout de 30km nous nous rendons compte que nous sommes sur la mauvaise route. Mais ce n'est pas de sa faute, "c'est les panneaux qui sont trop mal foutus". Coup de chance, la route que nous avons prise est très plate, très calme, et très jolie. Le retour aux pedales se fait donc en douceur.

Quelques jours plus tard, nous arrivons à St-Arnaud, petite ville au bord d'un lac magnifique et entourée de montagnes. On nous conseille s'y faire une randonnée de 3 jours jusqu'au pic Angelus. Petit soucis, il est 15h et nous n'avons ni sac a dos ni endroit pour mettre les vélos. De plus la randonnée commence à 1h30 de marche du centre ville et on aurait bien voulu partir le jour même pour gagner du temps. C'est à ce moment qu'on lance le générique de mission impossible et qu'après une courte prière au dieu des gens pas prêts nous nous élancons vers le Visitor Center. Nous y rencontrons Gabriella qui nous dit d'aller voir son copain Kerry qui travaille à quelques kilomètres de là dans un centre d'activité pour jeunes. Il aura peut-être sac à dos pour nous. On va le voir, on papotte, on sympathise et Kerry nous loue un sac à dos pour 2€ par jour, nous propose de garder nos vélos en notre abscence et de nous déposer en voiture au début de la rando...inespéré ! Nous voilà donc partis vers Angelus. Et nous ne le regrettons pas, le chemin est magnifique, les montagnes ont encore un peu de neige à leur sommet et les rivières sont limpides. Le paysage nous rappelle la Corse, en peut-être encore plus beau. J'espère qu'aucun Corse ne va lire ça.

Aidés par notre entraînement de cyclistes, nous arrivons dans les premiers au refuge d'Angelus au 2eme jour de marche. Peu après arrivent un Papa et ses 2 enfants de 8 et 12 ans. Ceux-ci ont très peur d'un petit Coréen ronfleur qui était dans leur refuge la nuit dernière. Ils décident donc de prendre les lits a côté des nôtres. Hélène les prévient que moi aussi je ronfle pas mal. Pour les rassurer, je leur donne l'autorisation de me lancer des objets dessus. Les enfants aiment l'idée. Nous sympathisons donc avec eux et jouons aux cartes toute la soirée.

- ahh, les Francais gagnent cette partie... déjà qu'on leur a toujours pas pardonné le Rainbow Warrior...
- C'est quoi le Rainbow Warrior, papa ? C'est quand ils nous ont battu au rugby ?
- C'est pas ça fiston, mais c'est aussi un sujet délicat ...

Dans le refuge se trouve un groupe organisé "Active New-Zeland" avec leurs guides. Ils nous font beaucoup de peine, les enfants avec qui nous jouons paraissent plus matures qu'eux. Sous pretexte qu'ils payent leur séjour cher, ils débranchant leur cerveaux.

- mon thé est froid, je peux avoir de l'eau chaude ?
- on doit mettre quoi comme vêtements demain ?
- il faut mettre de la crème solaire ?
- Et on doit remplir les gourdes aussi ?
- Comment s'appelle le refuge oú nous sommes ?

bomb

La famille est tellement cool qu'ils nous invitent à venir dormir chez eux le lendemain.
Le matin, nous partons de bonne heure car nous voulons faire un petit détour vers le pic Angelus. Un allemand nous avait dit 1h aller 1h retour, mais il faut toujours se méfier des allemands. La ballade est magnifique. Nous y perdons une montre Decathlon et y trouvons une paire de Ray Ban, le bilan est donc neutre. Mais elle nous prend 3h30 facile. Du coup nous sommes un peu en retard car Kerry nous a dit qu'il restait au boulot jusqu'à 17h ... et il nous reste 6 heures de marche à faire. Nous marchons aussi vite que possible et arrivons super justes à la fin de la rando : il est 17h. Or il nous faut encore faire du stop jusqu'à la ville, c'est la crise. Nous arrivons au parking et tombons sur ... Kerry et Gabriella qui nous attendent en souriant. Nous tombons des nues... Comment savaient-ils que nous arrivions par ce chemin (il y en a 3 différents) et à cette heure là ?

Petit haussement d'épaule : "oh, bah en fait j'avais rien à faire aujourd'hui et j'ai vu ce que vous aviez marqué sur vos vélos, "Google us : F6-LN" alors j'ai trouvé votre blog sur Internet. Je parle pas Francais mais j'ai trouvé votre histoire de Spot et puis j'ai trouvé le lien qui donnait votre position. Du coup j'ai vu que vous arriviez par cette route là et on est venu vous attendre..."

La conclusion etait claire : nous avions un ange gardien !

Puis nous parlons longuement de voyages, de rando, de sport. Kerry ne paye pas de mine mais c'est en fait un extra-terrestre. Il fait des courses par équipe et c'est du genre : "on commence par 78km de VTT, puis on court 47km jusqu'au mont machin d'oú on part pour 40km de canoë. La on refait 100km de vélo, puis on recourt 30km, et blablabla ... En tout on fait 650km quasi non-stop en faisant des micros sommes de 20 minutes." Et puisqu'on y est, il nous vend un sac à dos pour nos prochaines rando à 25€ et nous indique toutes les meilleurs rando de Nouvelle-Zelande.

Le soir nous nous rendons chez nos amis du refuge. Le lendemain matin, c'est concours d'avion en papier avec les enfants. Encore une fois le papa ne manque pas d'humour sur les "frogs" : "nez pointu, construction française et ça se crashe, ça doit être un concorde !".

Et puis finie la rigolade, nous remettons les voiles vers la côte ouest. La fameuse côte ouest oú il pleut, il vente, mais qui est si belle...et nous ne sommes pas déçus. Nous sommes acueillis par des pluies torrentielles... Et des sandflies par milliers.

Alors une sandfly, c'est un petit moucheron, plus petit qu'un moustique, qui s'écrase assez facilement. Sauf qu'ils arrivent par paquets de 50 et que les répulsifs ne marchent qu'à moitié. En gros, c'est chiant et ca gratte vachement. Selon les Maoris, elles auraient été créées par une divinité pour empêcher les hommes de se laisser étourdir par la beauté du paysage. C'est une version plus philosophe.

Notre descente de la côte s'est très bien passée. Il a finalement fait beau et nous avons pédalé plusieurs jours à plusieurs, avec Murray l'Australien et Saha l'Israelien. C'est d'ailleurs assez rigolo, phénomène de mode, la Nouvelle-Zelande est immensément populaire chez les Israeliens et on en croise en permanence.

Nous avons vu des glaciers, de la rain forest à gogo avec ses lianes et ses fougères luxuriantes, des cascades par milliers, des rivières aux eaux étonnement bleues turquoises, des arcs en ciels, des sommets enneigés, des grottes... Génial.

Petite mention spéciale au Backpacker de Hari Hari, le "Wildeside". L'eau de la douche y est chauffée au feu de bois, on y écoute de la musique avec des vieux vinyles tout gondolés, et les proprio valent le détour. Ces jeunes parents sont des écolos de première, produisent leur nourriture eux-mêmes, ont des bêtes, des arbres, un potager et des ruches. Ils construisent tout à partir de matériaux recyclés. Le résultat est unique et vraiment sympa. Nous les avons beaucoup aimé.

Nous avons quitté la côte à Haast en passant par la Haast pass. Ce col, nous ne sommes pas prêts de l'oublier tellement il nous a fait souffrir ! Sous une pluie diluvienne, les quelques kilomètres ultra pentus nous ont paru une épreuve insurmontable... Il faut dire que nous étions déjà mouillés de la veille et qu'avec un déjeuner passé à combattre les sandflies dans le froid, nous n'étions pas au top du moral pour aborder ce col qui ne monte pourtant qu'à ... 562 mètres !

De l'autre côté, nous arrivons à Makarora et retombons une fois de plus sur notre bon Murray. C'est la dernière fois qu'on l'a vu. C'est qu'à force de se dire adieu tous les jours et de se retrouver au même camping le lendemain, on finit par croire que ça va durer pour toujours... Eh en fait non.

De là, nous repartons pour une rando de 3 jours en montagne, cette fois-ci un peu plus costaud. Pour mettre en jambe, elle commence par une traversée de rivière. De l'autre côté on y trouve une radio pour appeler un bateau si l'eau monte trop pour pouvoir revenir à la civilisation (genre Into the wild). Et nous voilà partis pour 3 grosses journées, toutes magnifiques. On a pris beaucoup de photos, elles sont dans notre album Nouvelle-Zelande. Il y a dans ce pays des randonnées "star" que tout le monde veut faire. Du coup elles coutent très chères et il faut réserver des mois à l'avance. Et puis il y en a des dizaines inconnues au bataillon et tout aussi belles : nous en avons eu plein les yeux et en 3 jours de marche nous n'avons croisé qu'un seul couple ! Par contre l'organisation fait sourire : après avoir re-traversé la rivière, le retour à la route se fait en traversant des champs entourés de clôtures électriques ! Ça rajoutte du piment au saute-clôture...

De retour sur nos montures, nous atteignons Wanaka oú nous degottons 2 merveilles :
- primo, un compteur de vélo qui fait altimètre, thermomètre et cardiofréquencemêtre. Ça ne vous fait pas rêver ? C'est normal ! Mais faites quelques heures de vélo par jour pendant 6 mois et vous verrez que vous ne rêverez plus des mêmes choses... Hélène me l'offre pour mon anniversaire et je suis tout fou avec mon nouveau gadget. Mon nouveau jeu, voir quelle est ma fréquence cardiaque minimale. Pour l'instant, j'arrive pas à passer sous les 54... Mais je suppose que ça ne vous fait pas rêver non plus ?
- deuzio, le meilleur Cinema du monde. Petit cinema, une seule salle, un concept : comme à la maison. En guise de siège, des gros canapés confortables où l'on s'avachit avec délice, et à l'entracte, vente de cookies maison qui sortent juste du four ! Oui, il y a un entracte car ils n'ont qu'un seul projecteur et doivent changer de bobine en cours de route. Ça ne fait que rajoutter au charme !

Nous reprenons la route et vient le temps des rencontres amusantes. D'abord Mireille et Gilles, deux Francais à vélo. Gilles est un gros pédaleur puisque ça fait 10 ans qu'il visite le monde sur 2 roues en ne travaillant que quelques mois par an. Son secret : il coupe des sapins en Norvège 2 mois par an pour Noël, ce qui est apparement très bien payé. En plus de cela, il va avec ses collègues 3 fois par semaine faire ses courses dans les poubelles des super marchés. Apparement là bas c'est interdit, du coup personne ne le fait et ils y trouvent des merveilles. Ah bon...
C'est sûrement à mettre en parallèle avec ce que nous avons lu dernièrement : en Europe, un quart (!) de la nourriture produite part à la poubelle. Gilles nous apprend également qu'en France, les supermarchés mettent des grilles à leurs poubelles ou bien passent tout les produits à l'eau de javel avant de les jeter pour les rendre inconsommables.

A suivre ...

De Melbourne a Sydney a velo

Nous avons fait le choix de prendre le train de Melbourne a Bairnsdale pour nous écarter au plus vite de la circulation. Il eétait facile de mettre nos vélos dans le train. C'est une bonne option.

Puis il existe une piste cyclable, la East Gippsland Rail Trail, qui va de Bairnsdale à Lakes Entrance en passant par Nowa Nowa. Nous avons fait le segment qui va de Bairnsdale à Bruthen.

De Bruthen à Tathra
Puis nous sommes partis à l'assaut de la Barry Way, qui passe par Buchan pour rejoindre Jindabyne. Ensuite, nous avons obliqué vers l'Est pour rejoindre la côte, en passant par Dalgety et Nimitabel.
De Buchan à Nimitabel, la plupart de la route n'est pas bitumée, donc mieux vaut un VTT ou un VTC (ou un vélo couché avec des pneus Schwalbe Marathon et des amortisseurs).
De Nimitabel, la highway rejoint Bega. Elle est assez frequentée.
Ensuite, la route qui va jusqu'à Tathra n'est pas trop frequentée.
C'est le segment que nous avons préféré dans l'Est de l'Australie, et nous vous le conseillons vivement : montagnes, jolies rivières, peu de circulation.

Informations pratiques de Bairnsdale à Tathra

XXX km

En ce qui concerne le ravitaillement, il y a des supermarchés a Bairnsdale, Jindabyne et Bega. A Bruthen, il y a un general store (=petite boutique qui vend les produits alimentaires de base mais un peu cher) et une boulangerie. A Buchan, le general store est assez cher. Après, il n'y a pas grand chose jusqu'à Jindabybe, sauf à Gelantipy et à Seldom Seen. A Gelantipy, il s'agit d'un centre de voyages scolaires, et la patronne vend des produits (fruits, gâteaux secs, pâtes...) pour pas trop cher. A Seldom Seen, ne vous arrêtez pas si vous êtes pressés car le patron David est très accaparant et vend ses produits cher, sauf peut-être les oeufs de ses poules.
En ce qui concerne l'eau, il est pratique d'avoir un filtre ou des pastilles pour ne pas en porter trop. Dans ce cas, vous trouverez de l'eau régulièrement entre Buchan et Jakobs Creek. Entre Jakobs Creek et Jindabyne, il n'y a pas vraiment de point d'eau, donc attention !
Pour ceux qui cuisinent à l'essence, pas de problème, il y a beaucoup de pompes : Buchan, Gelantipy, Seldom Seen, Jindabyne, Dalgety, Nimitabel, et plusieurs avant Bega.
Nous avons fait du camping sauvage sans problème, sauf à Jindabyne où le camping est agréable, avec les emplacements pour tentes juste au dessus du lac et le wifi gratuit.
Je ne sais pas s'il serait possible de faire ce segment sans tente. Il est possible de trouver un hébergement à Buchan, Gelantipy, Jindabyne, Dalgety, Nimitabel.
Mais le segment Gelantipy-Jindabyne me semble un peu difficile à effectuer en une seule journée. Il y a peut-être un Bed & Breakfast sur ce segment, mais il faudrait vérifier.

De Tathra a Sydney

La côte est belle, mais nous vous deconseillons de la découvrir a vélo. Car la plupart du temps, il n'y a que la Princes Highway comme route. Celle-ci est très fréquentée, surtout quand on se rapproche de Sydney. Parfois, il est possible de rejoindre une route de bord de mer, mais celles-ci sont aussi assez fréquentées. De plus la Highway ne longe pas directement la cote. On ne voit ri d'intéressant et les voitures vous frôlent a plus de 100km/h. Aucun intérêt.
Cette côte est donc a découvrir en voiture, en tout cas tant qu'il n'y a aucune piste cyclable.

Sydney

A priori, il ne semblait pas agréable d'y circuler a vélo.
Perth était bien mieux adaptée, et Melbourne assez adaptée à la bicyclette.

l'Australie, les + les -

L'Australie est vraiment un pays différent. Les gens et les habitudes d'ici nous ont surpris, souvent en bien mais pas toujours. Après quelques semaines passées ici, voilà notre opinion du pays des kangourous.

Nous avons aimé :
- La nature, belle et si différente de chez nous.

- les kangourous.

- Le peu de monde. Plus de 20 fois la superficie de la France et le tiers d'habitants, ici il y a de la place. Peu de monde sur les routes, sur les plages, dans les rivières...

- La culture de l'extérieur, du camping et du gratuit. Chose étonnante pour un Européen on trouve en Australie des tables de pique-nique absolument partout, des barbecues à gaz publics et gratuits, des camping en bord de plage gratuits. Les refuges de la Munda Biddi sont en bon état et gratuits... Parfait pour nous ! Des Visitor Center sont présents dans toutes les villes et les gens y sont très serviables.

- la gentillesse et la décontraction de beaucoup d'Australiens. Par exemple lorsque nous avions crevé, tout le monde s'arrêtait et nous demandait si nous avions besoin d'aide, d'eau ou d'outils. Nous avons également été invité spontanément par des gens a dîner ou à dormir chez eux, ce qui ne nous était quasiment jamais arrivé en Europe.

- la culture du volontariat. Les sauveteurs en mer, les personnes des points informations... le nombre de volontaires est impressionant. Comment font-ils ???

- Achetez Australien ! Sur les paquets de nourriture ou dans la rue, on vous pousse à acheter local. Il n'est pas rare de lire des "made by Aussies, loved by Aussies", "100% Australian owned" ou "give your kids a job, buy Australian". On devrait peut être faire un peu ça chez nous aussi.


Nous n'avons pas aimé :
- les voitures. Il y a peu de cyclistes en Australie, ce qui fait que les conducteurs n'ont pas l'habitude de les voir sur la route. Nous avons été rasé beaucoup trop de fois, voir insultés... Pas cool. Autre chose énervante, surtout en Western Australia, les gens viennent en voiture à la plage et se garent...dessus ! Comme ça ils n'ont pas besoin de marcher jusqu'à l'eau...

- la nourriture très "à l'américaine". Moins de produits frais, beaucoup de conserves, de sodas, de chips, de snacks. Tout est marqué "fat free" (même les fruits secs, il faut le faire !) sauf au final les gens eux-mêmes...20 millions d'habitants et 7 millions de personnes en surpoids. Le pain (carré) n'est pas très bon et quasiment tout contient des arômes artificiels. Un jus de pomme "pure juice" contient par exemple du sucre ajouté, des acidifiants et de l'arôme pomme !

- Et il est triste de voir tous les effets néfastes de "l'homme blanc" sur ce continent. L'Australie est un pays très fragile, et la nature comme la culture aborigène ont mal vécu l'arrivée des colons, il y a de cela à peine 200 ans. La nature tout d'abord. L'australie est le continent le plus sec du monde. Isolée de toute autre terre pendant plus de xxx millions d'années, la plupart des espèces sont endémiques et sont adaptées au climat difficile et à la pauvreté du sol australien. Les milliers d'espèces animales et végétales introduites par les colons ont causé des dommages énormes à l'écosystème local. Les anglais ont même entrepris de remplacer des espèces locales dites inférieures par des espèces européennes dites supérieures. D'où l'arrivée du lapin et du renard, qui sont aujourd'hui les ennemis publiques numéro 1. Sans parler des barrages qui assèchent les rivières, de l'élevage intensif qui fait des prouts, des cultures qui appauvrissent les sols, de la déforestation, des centrales électriques 100% charbon, de la salinisation des nappes phréatiques et on en passe. En bref, l'Australie est aujourd'hui dans une belle crise écologique. La bonne nouvelle : tout le monde ici en est conscient. Espérons qu'ils s'en sortent !
Deuxième grands perdants, les aborigènes. C'est à dire les gens qui vivaient là depuis 40000 ans et dont la culture a quasiment disparu en 200 ans. Sujet un peu délicat ici. Faut dire que les Anglais n'y ont pas été par 4 chemins avec eux. Version officielle à l'époque, l'Australie n'était pas habitée, les aborigènes n'étant pas des hommes. Mousquet, malaria, alcool, empoisonnement des points d'eau, arnaques, tous les moyens étaient bons pour se debarasser de ces géneurs qui prétendaient être chez eux. On nous a dit que jusqu'au début du XXe siècle, il était toléré d'abattre les aborigènes fauteurs de trouble dans certaines parties du pays. Aujourd'hui, on essaye de se rattraper mais le mal est fait. Coupés de leur racines et privés de leur terres, beaucoup d'aborigènes sont dans un sal état, avec des problèmes de drogue, d'alcool et d'obésité. Triste spectacle ! Surtout que ces gens faisaient jusqu'à pas si longtemps ce que nous n'arrivont pas à faire, vivre sans abîmer leur terre.

La section "nous n'avons pas aimé" prend beaucoup de place. Ne vous méprenez pas : nous avons adore ce pays. C'est juste qu'on prend plus de pincettes pour dire ce qui ne nous a pas plu, du coup ça prend de la place...